Workshop « Faire des sciences sociales en Chine : expériences et pratiques de terrain » – 3 juin 2017

Comment faisons-nous du terrain en Chine et quelles sont les spécificités du terrain chinois auxquelles tout à chacun pourrait se préparer avant de l’aborder ?

Le Centre Franco-Chinois de l’Université Tsinghua invite huit jeunes chercheurs français – ou chercheurs plus confirmés pour lesquels le terrain chinois est une nouveauté- actuellement présents en Chine à venir partager leur expérience du terrain et réfléchir ensemble à ses spécificités.

Dans la lignée du livre, devenu classique de Maria Heimer et Stig Thogersen (Doing Fieldwork in China, Copenhagen : NIAS Press, 2006), cette journée d’études se propose de réfléchir sur les méthodes pour aborder le terrain chinois. Ainsi que le soulignent les auteurs, qui invitent à un débat sur les difficultés du terrain en Chine trop souvent passées sous silence, les manuels de méthodologie ne sont souvent pas d’un grand secours lorsqu’on aborde le terrain chinois, tant il est vrai que « des compromis doivent toujours être faits entre les règles méthodologiques et la réalité du terrain » (p.3). Le danger est cependant que le manque de prise en compte des spécificités et des difficultés du terrain chinois – ainsi que le manque de débat ouvert sur ces dernières – ne viennent affecter la qualité scientifique du savoir que nous élaborons. Il s’agit donc de mettre en perspective les connaissances que nous produisons par rapport au contexte dans lesquelles elles sont produites, en commençant par s’interroger sur la manière de construire en Chine un terrain scientifiquement valable. Pour ce faire, chaque participant est invité à un exercice de réflexivité et d’auto-analyse permettant, à partir d’exemples concrets et de mises en situation, de dégager des enseignements généraux sur l’accès au terrain ou aux archives, la construction d’un terrain scientifiquement valable en dépit des difficultés, et son exploitation. Les participants sont encouragés non seulement à rendre compte des problèmes et difficultés rencontrés, mais aussi des stratégies mises en œuvre –ou envisagées comme telles- pour les dépasser. Aussi s’agit-il de nourrir une position constructive vis-à vis de ces difficultés : comment les contourner voire les transformer en atouts ? Comment les contraintes peuvent-elles susciter la créativité voire, éventuellement, la redéfinition du projet de recherche ? Que peut-on faire et ne pas faire, et quels conseils pratiques pourrions-nous donner à nos pairs ?

Plus de dix ans après la publication de Doing Fieldwork in China se fait sentir la nécessité d’une mise à jour. De nouveaux champs d’investigation se sont ouverts (par exemple ceux articulant la recherche online et offline), de nouveaux terrains liés à de nouvelles questions ont émergés la comme prise en compte publique du Sida et des questions LGBT en Chine), de nouvelles ouvertures mais aussi de nouvelles contraintes dans l’accès au terrain sont apparues, ainsi que de nouveaux statuts permettant par exemple aux chercheurs et aux étudiants de passer plus de temps sur le terrain, parfois au prix de nouvelles contraintes. Surtout, nous voudrions donner l’occasion aux jeunes chercheurs, dont le point de vue est oblitéré dans le livre de Heimer et Thogersen, de rendre compte de leur expérience et de la partager avec leurs pairs.Bien entendu certaines questions fondamentales développées dans ce livre de référence restent les mêmes et peuvent être discutées à partir d’autres terrains, d’autres expériences, d’autres statuts (celui de jeune chercheur ou de chercheur confirmé non spécialiste de la Chine, éventuellement inséré dans une université chinoise, ou au contraire livré à lui-même).


Programme du workshop

(Chaque présentation, d’une durée de 20 minutes, sera suivie de 10 minutes de commentaires et questions)

MATIN:

10h-10h15 : Introduction par Chloé Froissart, directrice du Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua

10h15-10h45 : Judith Audin (CHERPA, Sciences Po Aix, membre du projet européen MEDIUM), « Conduire une recherche en ethnographie visuelle et urbaine sur une reconversion inachevée : une enquête de terrain à Datong (Shanxi) »

10h45 – 11h15 : Virginie Arantes (Université Libre de Belgique), « Étude ethnographique à Shanghai: Comment allier méthodes quantitatives et qualitatives? »

11h15-11h45 : Julien Dreyfuss (EHESS, Centre de recherche Naidao), « Retour d’expérience d’un travail de terrain en sociologie politique : Projet de recherche réalisé pour le gouvernement de Changping, concernant le développement du système gérontologique local »

11h45-12h15 : Cinzia Losavio (UMR CNRS 8504 Géographie-cités, membre du projet MEDIUM) , « Enquêter en Chine dans le cadre d’un projet bilatéral : démarche ethnographique et nouveaux outils »

APRES-MIDI :

14h00-14h30 : Aurélien Boucher (Chinese University of Hong Kong, campus de Shenzhen), « Les archives de la République populaire de Chine : Sources et méthodes d’investigation »

14h30-15h00: Olivier Ruelle (Hong Kong Polytechnic University), « Online research: between hybridity and reciprocity »

15h00-15h30 : Marc Julienne (INALCO, chercheur invité à la Shanghai Academy of Social Sciences), « Composer avec un objet d’étude sensible: la recherche sur le contre terrorisme en Chine »

15h30-16h00 : Thomas Amadieu (Institut Franco-Chinois de Suzhou, Université Renmin de Chine), « Enquêter sur les jeux d’argent en Chine : les obstacles normatifs »

16h00- 16h30 : Conclusions

Samedi 3 juin 2017, de 10h00 à 16h30
Université Tsinghua, Mingzhai Building, salle 337

Le workshop sera animé par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua.

Il se tiendra en français.

Pour assister au workshop, merci de confirmer votre participation à  l’adresse suivante : camille.liffran@beijing-cfc.org