Le Centre en quelques points

Présentation

Le Centre franco-chinois (CFC) est une unité mixte de recherche en sciences sociales (UMIFRE 18). Créé en juillet 2011, et rattaché depuis mars 2014 au Centre d’études français sur la Chine contemporaine (CEFC) de Hong Kong, il fait suite aux Ateliers doctoraux de Pékin dirigés par Jean-Louis Rocca qui prolongeaient l’Antenne expérimentale en sciences humaines et sociales à Pékin créée par Jean-Luc Domenach en 2002.

Placé directement sous l’égide du CEFC dirigé par Éric Florence, le CFC a comme co-directeur Shi Zhiqin (史志钦) et est intégré dans la Faculté des sciences sociales de l’Université de Tsinghua, à Pékin. Il est placé sous la co-tutelle du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) d’un côté et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Depuis novembre 2018, le CFC est animé par sa directrice, Florence PADOVANI (傅蘭思), détachée de l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne. Elle est épaulée depuis février 2019 par une chargée de mission, Sandrine FONTAINE (方珊琳).

Objectifs

Le CFC a pour mission de :

  • faire connaître les travaux des chercheurs français en sciences sociales telles que sciences politique, sociologie et histoire au public académique chinois, et réciproquement.
  • accompagner les étudiants français en sciences sociales menant des recherches en Chine à créer du lien entre eux et à les mettre en relation avec des chercheurs plus expérimentés.
  • favoriser l’émergence de projets de recherche collectifs entre chercheurs chinois et français.
  • accueillir et faciliter la venue et la prise de contact des chercheurs français avec leurs homologues chinois.

Activités

Ses principales activités sont :

– L’organisation de conférences et colloques animés par des chercheurs et universitaires français spécialement invités ou de passage. Ces présentations (généralement en français avec traduction chinoise) sont discutées avec un ou plusieurs chercheurs chinois et suivies de discussions avec le public.

Organisées par cycles de conférences sur des thèmes précis par le passé, tels que « Histoire et mémoire » et « Philosophie des Lumières » en 2013, « Mobilisations et participation » en 2017 ou encore « Participation publique et gouvernance de l’environnement » de 2015 à 2018, les conférences et colloques du CFC s’articulent désormais autour de thématiques individuelles, qui continuent à aborder des sujets divers et variés dans le domaine des sciences sociales.

– L’organisation de journées d’études où les chercheurs et étudiants-chercheurs chinois et français se rencontrent pour échanger sur des sujets d’intérêt commun.

– L’organisation d’ateliers et séminaires de jeunes chercheurs français permettant aux doctorants et étudiants en master présents sur Pékin de présenter leurs travaux et d’être conseillés et guidés dans leurs recherches en milieu chinois.

En outre, le CFC participe à des activités en collaboration avec d’autres institutions pékinoises. C’est ainsi que des présentations ont eu lieu au Schwarzman College et au Carnegie Institute, sur le campus de Tsinghua. Le CFC organise aussi des séminaires en collaboration avec Renmin University (人民大学) et Beijing University (北京大学). Cette année le Centre inaugurera une nouvelle collaboration avec Beijing Normal University (北京师范大学) à l’occasion de la Semaine de la sociologie française en Chine.

Par ailleurs, en partenariat avec le CEFC de Hong Kong et la Délégation européenne en Chine, le CFC organise tous les deux ans la conférence « New European Research on Contemporary China ». L’objectif de cette conférence, qui s’adresse à des doctorants, post-doctorants et jeunes chercheurs européens ou affiliés à des institutions de recherches européennes, est de donner une vue d’ensemble des problématiques émergentes dans les études portant sur la Chine contemporaine. La prochaine conférence aura lieu à Hong Kong en juillet 2019.

Florence Padovani, la directrice du CFC, est membre du jury du Prix Fulei, qui chaque année récompense les meilleures traductions du français vers le mandarin publiées en Chine dans plusieurs catégories d’ouvrages (essais, traités, romans etc.) Ce prix est l’occasion de mettre en avant un certain nombre de penseurs et chercheurs français en sciences sociales. Le but est de promouvoir l’importance de la traduction littéraire – ou non – et de diffuser les meilleures œuvres en langue française auprès du public chinois.

Le CFC, étant rattaché au CEFC, est partie prenante dans la constitution des numéros de Perspectives Chinoises / China Perspectives. Le CFC a proposé plusieurs numéros spéciaux et participe activement au Comité de lecture.

Mingzhai Building, où se trouve le Centre – 我们的中心在明斋楼

Conférence « Images et communication politique au Moyen Âge », par Patrick Boucheron


Le Centre franco-chinois de l’université Tsinghua,
en partenariat avec l’Ambassade de France en Chine,
vous convie à la conférence
du professeur Patrick Boucheron intitulée

Images et communication politique au Moyen Âge

La conférence aura lieu le mercredi 12 décembre de 15:30 à 17:30, dans la salle de conférence n°3 de l’hôtel Jiasuo de l’université Tsinghua. Elle sera tenue en langue française (avec traduction consécutive en chinois).

En raison du nombre limité de places, il est fortement conseillé de s’inscrire au préalable, par mail :
contact@beijing-cfc.org .

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Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous l’avez déjà vue. On l’appelle « fresque du Bon gouvernement ». Ambrogio Lorenzetti l’a peinte dans le palais communal de Sienne en 1338, dix ans avant que la Peste noire ne le précipite dans la mort. Elle captive aujourd’hui encore par le foisonnement de ses détails et la force de ses allégories. Mais comment rendre compte de son mouvement d’ensemble ? En rendant l’œuvre au climat d’urgence qui l’a suscitée et qui lui donne sens, Patrick Boucheron lui restitue sa fraîcheur et sa puissance, son sens politique et son actualité. Dans cette conférence, Patrick Boucheron démontrera la dialectique existant entre les images du pouvoir et le pouvoir des images. 

Patrick Boucheron est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe – XVIe siècles) ». Il est également président du conseil scientifique de l’Ecole française de Rome, directeur de la collection « L’univers historique » aux éditions du Seuil et membre du comité de rédaction de la revue L’Histoire. Il s’intéresse à l’écriture et à l’épistémologie de la discipline historique. Il a consacré de nombreux travaux à l’histoire politique et urbaine de l’Italie de la Renaissance, depuis sa thèse Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan, XIVe-XVe siècles (École française de Rome, 1998). Il a notamment publié Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Faire profession d’historien (Publications de la Sorbonne, 2010), L’Entretemps. Conversations sur l’histoire (Verdier, 2012), Conjurer la peur. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013). Il a dirigé Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009) et plus récemment Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017) qui sera publié en mandarin chez Wipub à la fin de l’année 2018.

Inscription par mail : contact@beijing-cfc.org

Patrick Boucheron donnera d’autres conférences dans le cadre du cycle de conférences « Ecrire l’histoire » de l’Ambassade de France.
Plus d’informations sur le site Faguo Wenhua.

Conférence Patrick Boucheron 12 décembre @ Tsinghua

Publication de l’ouvrage « Participation publique et gouvernance sociale »

L’équipe du Centre Franco-Chinois de l’université Tsinghua est fière d’annoncer la publication en mandarin de l’ouvrage Participation publique et gouvernance sociale ( 公众参与和社会治理 – Public participation and Social governance ) aux Éditions encyclopédiques de Chine (中国大百科全书出版社 – Encyclopedia of China Publishing House).

Livre CFCPrésentation:
A travers le prisme de grandes questions sociales auxquelles la France – au même titre que la Chine- est aujourd’hui confrontée comme l’accès à l’éducation des enfants migrants, la place des prostitués dans la société, la marginalisation des populations pauvres ou encore la prise en compte de la crise environnementale, cet ouvrage offre un regard nouveau sur l’expérience démocratique en France, les épreuves qu’elle traverse et sur la manière dont elle cherche à se renouveler. En s’intéressant aux formes institutionnalisées et non institutionnalisées de participation, comme les mobilisations ou la participation du public dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques, ce livre privilégie une approche dynamique et par le bas de la démocratie, centrée sur les initiatives et la capacité d’agir des acteurs. Les contributions réunies dans ce livre, issues de séminaires organisés par le CFC à Tsinghua entre 2014 et 2017, éclairent la manière de faire des sciences en France, mettant en particulier en avant l’importance de la dimension empirique et de l’esprit critique, source d’innovations scientifiques et du changement social.

Référence de l’ouvrage:
Ke Lei (Chloé Froissart) (Dir.), Gongzhong canyu he shehui zhili, Pékin, Zhongguo dabaike quanshu chubanshe, 2018, 238 p.

Flyer de présentation de l’ouvrage

Compte-rendu de la journée d’études sur la gouvernance environnementale en Chine, 2 avril 2018

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua et le Brookings-Tsinghua Center for Public Policy ont eu le plaisir de coorganiser la journée d’études sur les acteurs, les stratégies et modes d’action de la gouvernance environnementale en Chine, le lundi 2 avril 2018 (Programme). Huit intervenants se sont exprimés au cours de ce séminaire codirigé par Chloé Froissart, directrice du CFC, et QI Ye, directeur du Brookings-Tsinghua Center for Public Policy.

Les remarques introductives du professeur QI Ye ont souligné l’ampleur des efforts entrepris par la Chine pour lutter contre la pollution, de l’air notamment, et dans une moindre mesure des sols et de l’eau. Le récent réaménagement des ministères dédié à la protection environnementale à la suite des sessions annuelles de l’Assemblée nationale populaire et la Conférence consultative politique du peuple chinois marquent l’importance accordée à ce sujet par les autorités. En dépit de l’ambition et de la latitude conférée à ces nouveaux ministères, ayant désormais la main haute sur les questions environnementales, certains volets demeurent délaissés, comme celui de la lutte contre le réchauffement climatique. L’un des défis des prochaines négociations internationales sera d’ailleurs une inclusion plus importante des acteurs économiques extraétatiques — non seulement les entreprises, mais aussi les organisations internationales de régulation (FMI, OMC, Banques centrales…), défi sur lequel la Chine est attendue.

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Dr. Coraline Goron, Oxford University China Center, Strategies of Environmental Information Disclosure and their Limits. A preliminary assessment.

Coraline Goron s’est penché sur les stratégies déployées par les ONG de la province du Shandong pour mettre en lumière les pollutions environnementales et les combattre. Après avoir rappelé l’évolution du cadre légal au cours des quinze dernières années et l’articulation entre les activités online et les pratiques offline, elle a montré comment les ONG environnementales mettent à la disposition du public et des autorités de données fiables de surveillance des pollutions. Elle a ensuite détaillé les procédés d’information environnementale à disposition de ces acteurs et leurs moyens d’action : intégration au sein des entreprises jugées polluantes pour lutter de l’intérieur contre leurs externalités négatives, ou encore diffusion de l’information en ligne. Les tentatives de corruption et les menaces qui pèsent sur les activités de ces ONG et leurs membres les obligent à la prudence : celles-ci optent ainsi le plus souvent pour des moyens non conflictuels de résolution des contentieux pour maintenir un dialogue avec les autorités et atteindre graduellement leurs objectifs.

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Dr. Zhao Xiaofan, Tsinghua School of Public Policy and Management, Pervasive Threat and Regulatory Compliance: Evidence from Energy-Saving Regulations in China.

ZHAO Xiaofan a montré au cours de cette communication les moyens employés par les autorités provinciales chinoises pour que les entreprises atteignent les objectifs fixés en matière d’économies d’énergie. Son étude, basée sur des données nombreuses et une enquête approfondie, a ainsi établi que la menace que fait planer le pouvoir discrétionnaire des autorités administratives en termes d’allocation des ressources et de répression des pratiques illégales constitue le principal facteur de mise en conformité des entreprises avec la loi. L’incertitude et les craintes créées par l’imprévisibilité, la non-spécificité et l’ambiguïté des injonctions administratives expliquent ainsi la mise en conformité de nombres d’entreprises, au prix parfois de leur profitabilité. Toutes les entreprises ne sont pas égales face à cette régulation, les petites et moyennes entreprises ayant des marges de manœuvre plus restreintes que les entreprises publiques.

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Dr. Lu Jian, Tsinghua School of Public Policy and Management, Interest-based, Rightful or Value-Driven Resistance? An Analysis of the Nature and Characteristics of Environmental Protests in Urban China.

LU Jian a identifié les caractéristiques récurrentes des protestations environnementales à travers l’étude de ces mouvements urbains depuis le début de la décennie 2000. Les facteurs identifiés à plusieurs échelles (micro, méso et macrosociologique) permettant d’en tirer une grille d’analyse des manifestations environnementales : Les craintes que font peser sur la santé publique les projets sont le principal motif de manifestation ; ces mobilisations sont quasi exclusivement locales, s’appuyant sur des classes moyennes urbaines, et portent en leurs seins des conflits d’intérêts entre les parties mobilisées. Les mobilisations environnementales sont ainsi des actions collectives orientées par des intérêts pouvant diverger, se basant sur le droit et s’appuyant sur les valeurs des acteurs. Il s’agit d’une réponse aux conséquences et dommages causés par l’expansion du marché dans une Chine socialiste à économie de marché._DSF4389

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Dr. A Rong, London School of Economics, Public participation: civic activities and political engagements – ENGO’s community activities.

A Rong s’est attaché à démontrer les stratégies mises en œuvre par les ONG environnementales dans leurs activités à destination de communautés spécifiques (étudiants, familles, enfants…), afin de faire prendre conscience, d’engager et d’augmenter la participation du public. Ces stratégies suscitent des tensions, car la recherche d’engagement se fait souvent au prix de compromission. Elle a ainsi montré la nécessité pour ces ONG de faire des « sauts conceptuels », en passant par exemple de la notion générale et polysémique d’environnement à celle plus subjective de nature imaginée pour capter et retenir l’attention. Elles mettent également l’accent sur une vision positive, plus à même de créer l’adhésion, plutôt qu’une vision négative s’appuyant sur les faits et les données précis, mais conduisant à la résignation. Enfin, les exigences sont abaissées : les associations ne cherchent plus à s’adresser à des citoyens verts (Green citizen), mais à de joyeux consommateurs (Happy consumers). Ainsi, dans leurs activités à destination du public, les ONG cherchent davantage à changer la vision que portent les individus sur leurs comportements et les conséquences environnementales induites qu’à agir directement en faveur de la protection de l’environnement.

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Dr. Lin Hong, Chinese Academy of Social Sciences, From Oneself to Others: The Practice of Ethics and Volunteer Service for Environmental Protection in China.

Au terme d’une enquête qualitative et quantitative rassemblant une large base de données sur les membres bénévoles et professionnels de l’ONG environnementale Friends of Nature en Chine au cours des 15 dernières années, LIN Hong a pu dresser un portrait sociologique exhaustif des membres de l’organisation. En explorant la dimension individuelle à travers une série d’entretiens, elle a pu mettre en avant les motivations et la force de l’engagement de chacun, mais aussi les écarts entre les attentes, valeurs et représentations des volontaires et des professionnels impliqués au sein de Friends of Nature.

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Dr. Chloé Froissart, Director of the Tsinghua University Sino-French Center in Social Sciences, Toward a new environmental governance model in China ? Assessing the role of ENGOs in the law-making process. 

Chloé Froissart a évalué le rôle tenu par les ONG environnementales dans le processus législatif en Chine.  Depuis leur mobilisation pour l’amendement de la Loi sur la protection de l’environnement (2014), elles prennent une part de plus en plus importante dans le processus législatif. Consultées dans le cadre de multiple canaux de participation publique qui se développent, ces organisations ne se contentent plus seulement de peser sur l’agenda, mais fournissent également une expertise recherchée par les gouvernants. Ce processus accompagne et renforce la professionnalisation de ces ONG. Ainsi, la crédibilité et la légitimité de ces organisations capables de produire de la connaissance, que ce soit en termes d’évaluations ou de préconisations, connaissent une véritable montée en puissance. Plus précise et répondant aux attentes du terrain, les lois façonnées avec la participation des ONG sont plus susceptibles d’être mises en œuvre et respectées.

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Dr. Peter Ho, Qianren Professor, Tsinghua University, School of Social Sciences and London School of Economics, The credibility of nature management: A new theory of environmental governance.

Rappelant les différentes réponses théoriques à la tragédie des communs et leurs limites, Peter Ho a proposé une nouvelle théorie pour évaluer la performance des institutions dans le cadre de la gouvernance environnementale. Selon lui, cette performance ne réside pas dans la forme des institutions, mais dans les fonctions qu’elles occupent et qui lui sont reconnues dans l’espace et dans la durée. De la fonctionnalité de l’institution découle sa crédibilité, qui peut être considérée comme son acceptation sociale dans un espace et durant une période déterminée, se manifestant par sa longévité. Concrètement, cette crédibilité s’exprime et se mesure à l’aune de l’enregistrement des titres de propriété foncière auprès de ces institutions ainsi que par la conflictualité générée par ces institutions. Le régime des tenures foncières dans les campagnes chinoises est géré par les comités villageois et assure la fonction d’amortisseur social.

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Concluant cette journée d’étude, Chloé Froissart a pu souligner la grande qualité et l’intérêt des présentations et des débats qui s’ensuivirent, non seulement entre les intervenants mais aussi avec le public présent.