Conférence « Images et communication politique au Moyen Âge », par Patrick Boucheron


Le Centre franco-chinois de l’université Tsinghua,
en partenariat avec l’Ambassade de France en Chine,
vous convie à la conférence
du professeur Patrick Boucheron intitulée

Images et communication politique au Moyen Âge

La conférence aura lieu le mercredi 12 décembre de 15:30 à 17:30, dans la salle de conférence n°3 de l’hôtel Jiasuo de l’université Tsinghua. Elle sera tenue en langue française (avec traduction consécutive en chinois).

En raison du nombre limité de places, il est fortement conseillé de s’inscrire au préalable, par mail :
contact@beijing-cfc.org .

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Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous l’avez déjà vue. On l’appelle « fresque du Bon gouvernement ». Ambrogio Lorenzetti l’a peinte dans le palais communal de Sienne en 1338, dix ans avant que la Peste noire ne le précipite dans la mort. Elle captive aujourd’hui encore par le foisonnement de ses détails et la force de ses allégories. Mais comment rendre compte de son mouvement d’ensemble ? En rendant l’œuvre au climat d’urgence qui l’a suscitée et qui lui donne sens, Patrick Boucheron lui restitue sa fraîcheur et sa puissance, son sens politique et son actualité. Dans cette conférence, Patrick Boucheron démontrera la dialectique existant entre les images du pouvoir et le pouvoir des images. 

Patrick Boucheron est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe – XVIe siècles) ». Il est également président du conseil scientifique de l’Ecole française de Rome, directeur de la collection « L’univers historique » aux éditions du Seuil et membre du comité de rédaction de la revue L’Histoire. Il s’intéresse à l’écriture et à l’épistémologie de la discipline historique. Il a consacré de nombreux travaux à l’histoire politique et urbaine de l’Italie de la Renaissance, depuis sa thèse Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan, XIVe-XVe siècles (École française de Rome, 1998). Il a notamment publié Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Faire profession d’historien (Publications de la Sorbonne, 2010), L’Entretemps. Conversations sur l’histoire (Verdier, 2012), Conjurer la peur. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013). Il a dirigé Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009) et plus récemment Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017) qui sera publié en mandarin chez Wipub à la fin de l’année 2018.

Inscription par mail : contact@beijing-cfc.org

Patrick Boucheron donnera d’autres conférences dans le cadre du cycle de conférences « Ecrire l’histoire » de l’Ambassade de France.
Plus d’informations sur le site Faguo Wenhua.

Conférence Patrick Boucheron 12 décembre @ Tsinghua

Colloque international : Les travailleurs Chinois pendant la Grande Guerre

Colloque international :
Les travailleurs Chinois pendant la Grande Guerre
Auditorium de l’Institut français de Pékin
10 novembre 2014

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Ce colloque international a pour objectif de réunir les meilleurs spécialistes chinois et français pour commémorer l’un des aspects souvent négligés de la Première Guerre mondiale : la contribution de quelque 140 000 travailleurs chinois à l’effort de guerre en Europe. Acheminés dans des conditions parfois périlleuses, affectés à des tâches difficiles, peu rémunérées et souvent dégradantes, ces travailleurs ont fourni à la France et à l’Angleterre une aide aussi précieuse que peu (re)connue, alors même que cette migration a eu par la suite des conséquences très importantes tant dans les relations de la Chine avec l’Occident que sur le plan de la politique intérieure chinoise.

Les contributions réunies ici dressent un panorama assez complet des multiples dimensions et différents enjeux de cette migration. Li Ma – Maître de conférences à l’Université du Littoral Côte d’Opale – dresse un tableau général rappelant l’itinéraire des travailleurs chinois en France, leur devenir et l’influence de ce mouvement sur la révolution communiste chinoise. Zhang Jianguo, ancien directeur des archives de la ville de Weihai dans le Shandong d’où sont partis un grand nombre de travailleurs chinois, s’appuie sur ce fonds pour documenter le processus de recrutement de ces travailleurs par l’Angleterre. Céline Regnard, Maître de conférences à l’Université Aix-Marseille, s’intéresse aux violences intercommunautaires et à la résistance des travailleurs chinois au sein des camps. Zhang Yan, doctorant au département d’histoire de l’Université Chinoise de Hong Kong, analyse quant à lui l’expérience des travailleurs rentrés au pays et l’impact de cette migration sur les lieux d’émigration. L’intervention de Xu Guoqi, professeur à l’Université de Hong Kong, réévalue le statut de ces travailleurs pendant la Grande Guerre et analyse l’influence qu’ils ont eu dans le développement des relations entre la Chine et l’Occident. Enfin, Laurent Dornel –Maître de conférences à l’Université de Pau- s’interroge sur les raisons du trou de mémoire qui entoure cette migration en France. 

9h30-10h00 : Discours d’ouverture

Jacques PELLET, Ministre conseiller de l’Ambassade de France en Chine

CHEN Haosu, ancien Président de l’Association d’amitié avec l’étranger 

10h00-10h30 :

« La Chine et les travailleurs chinois dans la Grande Guerre en France »

Li MA

Maître de conférences, Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO)

Pendant la Première Guerre mondiale, la France et l’Angleterre ont manqué cruellement de main-d’œuvre en raison de la mobilisation et des victimes de la guerre. Au cours de la bataille de la Somme en 1916, les Alliés ont subi de très lourdes pertes. Ainsi, la bataille du 1er juillet 1916 a causé en un jour environ 60 000 victimes anglaises, morts et blessés. Les gouvernements français et anglais ont donc par la suite recruté 140 000 volontaires chinois pour suppléer au manque de main-d’œuvre. Ces volontaires travaillaient dans les usines ou dans les ports, ou encore à proximité du front pour toute tâche de manutention, par exemple en creusant des tranchées, en nettoyant la zone du front etc.

La participation de la Chine à la Première Guerre mondiale s’est ainsi faite en grande partie à travers les travailleurs chinois envoyés en Europe. Le gouvernement français a recruté des Chinois pour servir en tant que personnel non militaire et un premier navire de transport est arrivé à Marseille en juillet 1916. On estime à environ 40 000 le nombre de travailleurs chinois ayant travaillé pour les Français. Du côté britannique, le premier contingent de travailleurs enrôlés au sein des Chinese Labour Corps (CLC), a quitté Weihaiwei (près de Qingdao, au Nord de La Chine) le 18 janvier 1917. Le nombre total de travailleurs chinois au sein du CLC est estimé à environ 95 000. La plupart des travailleurs chinois se trouvaient massés à proximité du front, pour des tâches de manutention dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme, mais aussi après-guerre pour participer à la reconstruction. Certains de ces travailleurs sont morts en France : bombardements allemands, morts dus aux travaux pénibles, accidents, morts dus aux maladies. La majorité des travailleurs ont été renvoyés en Chine après la guerre. Les camps chinois de l’époque, et les cimetières chinois actuels sont nombreux sur la Côte d’Opale et dans les environs. Les quatre sites de l’ULCO Dunkerque, Boulogne, Calais, Saint-Omer — ont été le site de certains camps de travailleurs chinois. Les célèbres cimetières chinois tels que ceux de Saint-Etienne au Mont, les Baraques, Ruminghem, Noyelles-sur-mer sont à proximité.

Nous allons retracer ici l’itinéraire historique des travailleurs chinois en France, en particulier dans le nord de la France : leur venue, leur séjour et leur contribution à l’effort de la guerre, ainsi que leur devenir ; la Grande Guerre à l’origine des premiers quartiers chinois en France ; et l’influence de ce mouvement sur la révolution communiste chinoise etc.

10h30-10h45 : discussion

10h45-11h15 :

« Administration et fonctionnement du système de recrutement par la Grande Bretagne des travailleurs chinois pendant la Première Guerre Mondiale »

Zhang Jianguo, ancien responsable des archives de la ville de Weihai dans le Shandong

Pendant la Première Guerre Mondiale, en vue d’atténuer le manque de main d’œuvre causé par de lourdes pertes humaines, la Grande Bretagne a recruté quelque 100 000 travailleurs chinois pour les acheminer en Europe afin qu’ils participent à l’effort de guerre. D’une manière générale, ce recrutement s’est déroulé sans encombre, non seulement en raison de la bonne concertation entre le commandement militaire et les hauts responsables des affaires étrangères, mais plus particulièrement grâce à l’excellence du système mis en place pour le recrutement et l’administration de la main d’oeuvre. Ce système était constitué d’un service de recrutement créé conjointement par le commandement militaire et le ministère des affaires étrangères, d’une base de recrutement à Weihai, ainsi que d’un vaste réseau tissé par les églises et des camps militarisés des travailleurs chinois. Le bon fonctionnement de ce système a permis non seulement d’assurer l’offre de main d’œuvre mais aussi de tranquilliser les travailleurs chinois pour maintenir la stabilité sociale.

11h15-11h30 : discussion

11h30-12h00 :

« Violences, résistances, fuites : une autre histoire des travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale »

Céline Regnard, Université Aix-Marseille

L’histoire des travailleurs chinois de France est aujourd’hui mieux connue. En effet, les sources administratives, judiciaires, la presse, les productions littéraires, ont été récemment reprises afin d’apporter une compréhension globale à cette migration longtemps restée dans l’oubli. Il s’agira dans cette communication d’engager la réflexion sur un aspect souvent considéré comme mineur dans la narration de cet épisode, c’est à dire les violences qui l’accompagnent. Si les violences de nature diverse subies par les travailleurs chinois ont attiré l’attention des historiens, en revanche, leur violence propre, celle dont ils sont acteurs, ont été moins bien travaillées. L’hypothèse qui sera développée ici est que ces violences, diverses dans leur forme, sont autant de moyens d’expression d’une liberté que l’administration et le commandement militaire redoutent et cherchent à limiter strictement. Ainsi, les violences intracommunautaires peuvent être lues comme le rétablissement de hiérarchies sociales, les grèves comme des résistances à l’injonction au travail, les fuites comme des volontés d’échapper au strict contrôle des déplacements, etc. En nous appuyant sur des sources administratives (série F et fonds Albert Thomas, Archives nationales/ série M Archives départementales), judiciaires (série U Archives départementales) mais aussi des articles de presse, nous essaierons de montrer que la violence peut être un moyen d’expression de soi, mais aussi une forme d’action collective pour des travailleurs chinois dont la docilité, supposée au départ par les autorités françaises, ne s’avère finalement pas être la principale caractéristique.

12h00 -12h15 : discussion

12h15-13h30 : pause

13h30-14h00 :

« Remettre les « Huagong » au centre : une tentative pour une nouvelle orientation des études sur les travailleurs chinois »

Zhang Yan, Doctorant au département d’histoire de la Chinese University of Hong Kong 

Les études sur les travailleurs chinois sont souvent menées du point de vue de la Grande Bretagne, de la France ou la Chine, autrement dit, les faits sont souvent (mais pas toujours) abordés du point de vue d’une nation ou de la guerre. Dans cette logique, les travailleurs chinois, ravalés au statut de l’autre, sont dissouts dans des narrations épiques autour de la politique, la diplomatie et de la guerre et leur expérience personnelle s’en trouve négligée. Tirant les leçons de ce constat, l’auteur cherche à explorer une méthode qui consiste à mettre les travailleurs chinois sur le devant de la scène, et brosse un nouveau tableau sur l’histoire des travailleurs chinois à partir d’une étude de leur vécu (motivations, expérience de la mort), de l’expérience de ceux qui sont rentrés au pays et de l’influence qu’ils ont pu avoir.

14h00-14h15 : discussion

14h15-14h45 :

« Réévaluation du statut des travailleurs chinois du Front de l’Ouest pendant la Première Guerre Mondiale et leur statut et de leur influence sur le développement d’une civilisation Est-Ouest »

Xu Guoqi, Hong Kong University

Cette intervention met l’accent sur la réévaluation du statut des travailleurs chinois pendant la Première Guerre Mondiale en analysant leur rôle sur le front de l’Ouest et dans le processus historique de construction de la nation chinoise. A travers l’histoire de ces travailleurs, l’auteur cherche à montrer l’influence qu’a eu la Première Guerre Mondiale dans la quête de la Chine d’une nouvelle internationalisation et d’une identité nationale. 

14h45-15h00 : discussion

15h00-15h30 : 

« Les travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale : un non lieu de mémoire ? »

Laurent Dornel, Université de Pau et des Pays de l’Adour

Pendant la Première Guerre mondiale, plus de 130 000 travailleurs chinois ont séjourné en France, 37 000 d’entre eux ayant été recrutés par le gouvernement français, les autres par le gouvernement anglais. Troisième groupe par leur nombre derrière les Algériens et les Indochinois et de fait gérés globalement comme des travailleurs coloniaux, les ouvriers chinois sous autorité française furent répartis par petits groupes sur l’ensemble du territoire français.

Si les travailleurs algériens, marocains, indochinois ont été étudiés par les historiens français de façon plus ou moins approfondie, en revanche les travailleurs chinois ont été à peu près totalement ignorés. Au silence des historiens français correspond, jusqu’à une époque toute récente, un creux mémoriel non moins important au sein de la population française comme aussi chez les Chinois vivant et travaillant aujourd’hui en France, mais aussi, semble-t-il, chez les populations et les historiens chinois mêmes.

Ce silence des historiens et l’absence d’une mémoire de cette migration spécifique sont problématiques à plus d’un titre. En effet, à l’inverse de leurs homologues français, les historiens de langue anglaise ont investi ce champ de recherche depuis bien des années déjà, contribuant à faire connaître le Chinese Labour Corps. Le manque d’études françaises sur le sujet est d’autant plus surprenant qu’à l’époque de la guerre de nombreux débats eurent lieu sur l’opportunité d’un recours à des travailleurs mal connus et à la réputation souvent peu flatteuse, puis sur le traitement administratif à leur appliquer ou encore sur la nature des tâches à leur assigner dans l’appareil de production. Dans les mois qui suivirent la fin des opérations militaires, leur démobilisation posa d’énormes problèmes en raison notamment des très nombreux incidents qui les opposèrent aux populations françaises : du printemps à l’automne 1919, une véritable psychose anti-chinoise parcourt les départements du nord de la France et  crée même des tensions entre les commandements militaires et les responsables politiques français et britanniques. Enfin, le silence des historiens français étonne aussi en raison de la profusion des archives concernant ces travailleurs chinois. Essayer de comprendre ce silence, telle sera notre première intention.

Depuis quelques années toutefois, on peut observer un retournement. Chez les historiens d’abord, comme en témoigne notamment la tenue du premier colloque international spécifiquement consacré à ces travailleurs (Boulogne-sur-Mer & Ypres, 26-30 mai 2010) qui a rassemblé une quarantaine de participants. Ensuite, chez les descendants de ces travailleurs, dont certains en effet demeurèrent en France : une lente mémoire des parcours migratoires et des destins de ces travailleurs semble ainsi en voie de construction, soutenue d’ailleurs par des initiatives en nombre croissant (restauration de tombes de travailleurs chinois morts en France pendant la guerre, reportages télévisés sur les descendants…). Enfin, les historiens chinois s’intéressent désormais à cet épisode qu’ils paraissent relire à la lumière de l’affirmation géopolitique de la Chine. Ces processus récents et concomitants fournissent l’occasion d’analyser les rapports entre histoire et mémoire, les liens complexes entre des stratégies mémorielles hétérogènes et la construction par les historiens d’un champ de recherche autonome.

15h30-15h45 : Discussion

15h45-16h00 : Conclusion et discours de clôture

Chloé FROISSART, directrice du Centre Franco-Chinois de Pékin

LIU Beicheng, professeur au département d’histoire de Tsinghua 

Journée d’étude sur les femmes du 11 mai 2013 – Résumé de l’évènement.

Dans la suite du dossier consacré aux femmes dans le n°4-2012 de la revue Perspectives Chinoises, le CFC et le CEFC ont organisé le 11 mai 2013 à l’université Tsinghua, une journée d’étude dédiée aux inégalités de genre.

Retour sur une journée riche en débats.

Récit des interventions

La session du matin a été consacrée à la question des inégalités de patrimoine entre hommes et femmes. Il s’agissait de comprendre pourquoi dans la société chinoise contemporaine où l’Etat-Parti prône l’égalité des sexes, les femmes continuent à détenir moins de biens que leurs homologues masculins.

La journée a ainsi débuté par une présentation de Mme Tang Can, chercheuse au centre d’étude sur le genre et la famille de l’Académie des Sciences Sociales de Chine. Mme Tang a expliqué comment traditionnellement l’inégale répartition de l’héritage (les fils se partageant la totalité de l’héritage foncier) est la contrepartie d’une division genrée de la solidarité inter-générationnelle (obligation pour les fils exclusivement de fournir des denrées alimentaires issues de l’exploitation agricole à leurs parents âgés). Si depuis les réformes, de nouveaux besoins et de nouvelles pratiques en matière de solidarité intergénérationnelle sont apparus dans certaines campagnes, les filles s’occupant désormais de leurs propres parents par l’ apport ponctuel de cadeaux et d’argent, ces devoirs récents des femmes à l’égard de leurs parents n’ont pas en contrepartie modifié les règles de l’héritage, renforçant ainsi les inégalités de genre.

La seconde présentation a été l’oeuvre de Sally Sargeson, chercheuse à l’université nationale d’Australie. Reprenant son article « Pourquoi les femmes possèdent moins ? Le cas des campagnes en voie d’urbanisation », Sally Sargeson nous a montré comment les femmes sont les grandes perdantes des indemnisations versées par les gouvernements locaux à l’occasion des expropriations dans les zones rurales.

La dernière présentation de Leta Hong-Fincher (doctorante au département de sociologie de Tsinghua) concernait les femmes « laissées de côté » (shengnü 剩女), c’est-à-dire les difficultés des femmes bien dotées en capital culturel et économique à trouver un partenaire sur le marché matrimonial. Cette intervention visait à souligner que loin d’avoir des exigences très strictes envers leurs prétendants, les citadines économiquement et culturellement privilégiées se résignent parfois à des sacrifices sentimentaux et économiques afin de trouver un mari et combler leurs parents.

La session de l’après-midi, animée par Jean-Philippe Béjà (CEFC) a pris un détour plus socio-historique. En prenant du recul vis-à-vis de la période des réformes, il s’agissait de comprendre l’histoire du mouvement féministe en Chine et la mémoire de la collectivisation chez les femmes des zones rurales.

Feng Yuan, elle-même très engagée dans le mouvement associatif, a ainsi tracé les contours du mouvement féministe chinois, de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, soulignant le renouveau actuel du mouvement féministe en Chine, en particulier les actions visant à lutter contre les violences conjugales.

La sociologue Guo Yuhua, du département de sociologie de Tsinghua nous a ensuite dépeint une mémoire féminine spécifique de la collectivisation teintée par la pénibilité du travail au champ, les maladies et les périodes de disette, mais aussi par la grammaire du pouvoir communiste faisant de la souffrance partagée, un sentiment synonyme d’émancipation collective.

Un moment privilégié de discussion et de convivialité

Cette journée ne fut pas seulement marquée par des présentations brillantes. Chacune des interventions a également donné lieu à vingt minutes d’échanges avec la salle.

Les quatre-vingts participant(e)s ont ainsi pu, sans discriminations de genre, poser leurs questions et faire part de leurs remarques.

Cette organisation propice aux échanges a également été agrémentée par un repas en commun et une dégustation de pâtisseries françaises en fin de journée. Les participant(e)s, pour certain(e)s venu(e)s de spécialement de Shanghai, Kunming ou Hong-Kong, ont ainsi pu profiter d’une convivialité made in France.

Programme du colloque: « Destin d’une génération, destin d’un pays : histoire et mémoire du mouvement d’envoi des jeunes instruits à la campagne » 6-7 décembre 2012

一代人的命運一個國家的命運:中國知青上山下鄉運動的歷史與回憶」

國際研討會

International Conference

“Fate of a Generation, Fate of a Country:

History and Memory of China’s Down to the Countryside Movement”

了解上山下鄉運動成因及其發展歷程與長期影響是洞悉今日中國發展的關鍵?

Can one understand today’s China without knowing the causes, course and impacts of the Down to the Countryside Movement?

上山下鄉運動期間持續組織成千上萬的城市青年下鄉是毛時代的一大歷史事件,它的後果及影響在今日的中國依舊顯現。起初,目的是讓這些青年接受農民的“再教育”,準備成為一輩子的新農民。具有如此激進目標的政治運動很容易引起有普遍價值的問題,特別是有關政治強權能力的有限性以及個人或群組的適應與抵制能力。

在西方,中國的“知識青年”或“知青”遠遠沒有“紅衛兵”那麼廣為人知。從長遠來講,知青的經歷卻有著更深刻的影響。這一代中國知青(十幾年間前後出生的,今天已60歲左右的人)仍在繼續表現出他們的特異性。他們組織眾多的聯合紀念活動,就像西方國家的曾參加世界大戰的老戰士們一樣。可是就算對他們自己的經歷,他們都很難取得共識,部分原因是缺乏對那個被官方標籤為敏感時期的客觀歷史認識。

現在是時候來總結一下這場運動、它的前因後果,尤其是對那特殊的一代人所施加的影響,因為他們在當代中國留下了深刻的烙印,還將繼續影響它的命運。這次會議的目的不僅僅是做一份歷史總結,同時也是告訴大家這一歷史事件在今天的中國仍然繼續通過文學電影繪畫各種方式進行,不可不提的還有無數的老知青聯誼會組織的文化慈善活動,甚至商業活動,這種種都構成了今日城市社會生命力的卓越典範。

The Down to the Countryside Movement is a significant historical episode during the Mao era in which urban youths were sent en masse to rural areas, a movement whose consequences and impact can still be felt in today’s China. At the beginning, the objective was to allow urban youths to receive “re-education” from peasants in order to groom them as a new generation of peasants. Political movements with such radical objectives raise questions concerning universal values, in particular with regard to the limits of political power as well as the ability of individuals and social groups to adapt and resist.

China’s rusticated youths, or zhiqing, are less widely known and understood in the West than the Red Guards. Nonetheless, the experiences of zhiqing have had a profound impact in the long term. The exceptionality of this generation of zhiqing (those around 60 years old today) continues to play out. For instance, like war veterans in the West, they organize memorial activities. However, they have found it difficult to achieve a common narrative for their personal experiences as they lack objective historical knowledge of a period which the state has to this day labeled as sensitive.

The present time appears to be a felicitous moment to evaluate the Movement, its causes and its influences particularly on the zhiqing generation, as these will continue to determine China’s fate as they had in the past. The objective of this Conference is not only to provide a historical assessment, but also to show that this historical episode is indeed still playing out, taking the multifarious forms of literature, films and the arts, cultural and charitable activities organized by old zhiqing, as well as commercial activities.

主辦機構 / Organizers:

討會議程表

Conference schedule

 

日期:2012年12月6–7日 / Date: 6–7 December 2012

時間:上午9時至下午6時30分 / Time: 9:00am – 6:30pm

語言:普通話及英語

Languages: Putonghua and English (full translation into English may not be available for papers but help will be provided for questions).

地點:香港中文大學馮景禧樓二樓220室學院會議室
Venue: Faculty Board Room, Room 220, 2/F, Fung King Hey Building, The Chinese University of Hong Kong

 

主辦機構 / Organizers:

Leung Po-chuen Research Centre for Hong Kong History and Humanities, CUHK 香港中文大學梁保全香港歷史及人文研究中心

French Centre for Research on Contemporary China (CEFC) 法國現代中國研究中心

Sino-French Academic Centre of Tsinghua University (CFC) 清華大學中法中心

University Service Centre for China Studies, CUHK 香港中文大學中國研究服務中心

Lee Woo Sing Hong Kong History Resource Centre, Shaw College 李和聲香港歷史資源中心

Hong Kong Association of Educated Youths 香港知青協會

 

2012126/ 6 December 2012

 

8:30 / Registration

9:00:組織者發歡迎詞 / Welcoming remarks by the organizers

9:20:潘鳴嘯介紹本次研討會的緣由和目的以及兩天會議的議程 / Introduction by M. Bonnin

9:30 – 10:45

專題1 推動及放棄上山下鄉運動的因由

Topic 1: Reasons for launching and ending the Down to the Countryside Movement

主持:魏簡 / Chair: Sebastian Veg (CEFC)

9:30-9:50 譚世通 Tan Shitong: 上山下鄉運動之原因探討

9:50-10:10 徐友漁 Xu Youyu (CASS): 文革中上山下鄉運動原因討論

10:10-10:30 潘鳴嘯 Michel Bonnin (EHESS, CFC-Tsinghua ): 推動及放棄上山下鄉運動——依據統計數字

11:00 – 12:30

專題2 長期被學界忽略的文革前知青運動

Topic 2: The long neglected pre-Cultural Revolution educated youth movement

主持:潘鳴嘯 / Chair: Michel Bonnin (EHESS, CFC-Tsinghua)

11:00-11:20 陳意新 Chen Yixin (UNC Wilmington):“老知青”和安徽祁門縣的農村文革

11:20-11:40 鄧鵬 Deng Peng (High Point University): 被放逐的朝聖者——“文革”前老知青的精神煉獄

11:40-12:00 劉小萌 Liu Xiaomeng (CASS): 文革前的“階級路線”問題

14:30 – 16:00

專題3A:知青的經歷及其對這代人命運的影響 失去教育機會的問題

Topic 3A: Experiences of educated youths and their impacts on this generation – Problems of lost educational opportunities

主持:葉漢明 / Chair: Yip Hon-Ming (CUHK)

14:30-14:50 林升寶 Lin Shengbao (Fudan University):“文革”時期上海知青業餘函授教育述論

14:50-15:10 印紅標 Yin Hongbiao (Peking University): 知青的讀書學習活動與文革後的命運

15:10-15:30 林淺寒 Lin Qianhan (NU Singapore): The Impacts of an Early Biographical Experience on Later Life Attainments: the Case of China’s Cultural Revolution Cohort

16:20 – 18:00

專題3B:知青的經歷及其對這代人命運的影響 對思想與精神面貌的影響

Topic 3B: Experiences of educated youths and their impacts on this generation – Intellectual and Psychological Impact

主持白夏 / Chair: Jean-Philippe Béja (CNRS-CEFC, CASS)

16:20-16:40 秦暉 Qin Hui (Tsinghua University): 知青運動中的理想主義和現實主義

16:40-17:00 金雁 Jin Yan (CASS): 在隴西的日子

17:00-17:20 丁東 Ding Dong (Shanxi University): 知青一代的底層體驗

17:20-17:40 孫佳雯 Sun Jiawen (EHESS, Paris): 訴說“苦痛”——前大興安嶺林場知青口述史的社會學研究

18:00 – 18:30

辯論:知青研究的過去和未來

由金大陸教授引進:“中國知青研究的學科定位及其理論建設的若干問題

Discussion : Past and Future of the Study of Educated Youth

introduced by Prof. Jin Dalu: “Situating the field of Zhiqing studies in China and some questions on its theoretical construction”.

 

2012127 / 7 December 2012

 

9:00 – 10:30

專題4 香港在上山下鄉運動中的特殊角色:知青自願流放及梳理回憶的地方,也是學者觀察、 學習運動的地方

Topic 4: Role of Hong Kong in the Movement: a place for voluntary exile, learning, observing the Movement’s development, and accumulating memories

主持:何佩然 / Chair: Ho Pui-yin (CUHK)

9:00-9:20 金虹 Jin Hong (HK Educated Youth Association) /黃東漢 Huang Donghan (HK Educated Youth Association): 上山下鄉運動中知青偷渡香港的調查

9:20-9:40 李旦明 Li Danming (HK Educated Youth Association): “老三屆”人生軌跡的頓挫——廣州鐵中1968年東莞三公社下鄉知青調查

9:40-10:00 譚加洛 Tan Jialuo: 從培英中學老三屆調查看——驚心動魄的南中國海知青偷渡潮

10:00-10:10 : 潘鳴嘯 Michel Bonnin (EHESS, CFC-Tsinghua): 從香港的位置上觀察學習知青的經歷

10:45 – 12:00

專題5A 上山下鄉運動的豐富回憶 – A: 不同種類的社團組織及其活動

Topic 5A: Rich memories of the Movement – Different associations and their activities

主持:潘鳴嘯 / Chair: Michel Bonnin (EHESS, CFC-Tsinghua)

10:45-11:05 馬雅諾 Olivier Marichalar (ENS-EHESS, Paris): Federating the memory of the movement: the emergence of the Shanghai field of former educated youth

11:05-11:25 駱少偉 Luo Shaowei (HK Educated Youth Association): 香港知青的由來和現狀

13:30 – 15:00

專題5B 上山下鄉運動的豐富回憶 – B:思想衝突,不同記憶的博弈

Topic 5B: Rich memories of the Movement – Ideological conflicts, contests between different memories

主持白夏 / Chair: Jean-Philippe Béja (CNRS-CEFC, CASS)

13:30-13:50 潘以紅 Pan Yihong (Miami University): 知青認同觀念及群體意識的歷史衍變和凝結力量

13:50-14:10 蘇娜 Nora Sausmikat (Duisburg University): Twisted memories: Coping strategies of a politicized generation.

14:10-14:30 劉亞秋 Liu Yaqiu (CASS): 知青主流記憶及其反記憶——以《知青》電視劇的網絡民族志為例

14:30-14:45 金光耀 Jin Guangyao (Fudan University):應將知青與上山下鄉運動區分開來分析評價

15:1517:30

專題6 上山下鄉運動的文藝體現

Topic 6: Movement as reflected in literature and art

主持:周建渝 / Chair: Zhou Jianyu (CUHK)

15:15-15:35 梁麗芳 Leung Laifong: 知青小說敘事中的紅衛兵經歷:記憶和遺忘與一代人的文學

15:35-15:55 黎服兵 Li Fubing: 知青與文學——一個老知青和編輯的觀點

15:55-16:15 王力堅 Wang Lijian (臺灣中央大學): 眾眼看知青——上山下鄉運動的多向度觀照

16:15-16:35 吳迪 Wu Di (中國電影藝術研究中心): 銀幕中的上山下鄉運動——淺談知青電影中的理想主義

16:35-16:55 楊健 Yang Jian (Central Academy of Drama): 21世紀初10年的知青文學和文化思潮17:3018:00

辯論:上山下鄉運動在中國當代史的重要意義

由潘鳴嘯教授主持

Discussion: Significance of the Movement in Contemporary Chinese History

Chair: Michel Bonnin

18:30 End of the conference

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