Publication de l’ouvrage Participation publique et gouvernance sociale

L’équipe du Centre Franco-Chinois de l’université Tsinghua est fière d’annoncer la publication en mandarin de l’ouvrage Participation publique et gouvernance sociale ( 公众参与和社会治理 – Public participation and Social governance ) aux Éditions encyclopédiques de Chine (中国大百科全书出版社 – Encyclopedia of China Publishing House).

Livre CFCPrésentation:
A travers le prisme de grandes questions sociales auxquelles la France – au même titre que la Chine- est aujourd’hui confrontée comme l’accès à l’éducation des enfants migrants, la place des prostitués dans la société, la marginalisation des populations pauvres ou encore la prise en compte de la crise environnementale, cet ouvrage offre un regard nouveau sur l’expérience démocratique en France, les épreuves qu’elle traverse et sur la manière dont elle cherche à se renouveler. En s’intéressant aux formes institutionnalisées et non institutionnalisées de participation, comme les mobilisations ou la participation du public dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques, ce livre privilégie une approche dynamique et par le bas de la démocratie, centrée sur les initiatives et la capacité d’agir des acteurs. Les contributions réunies dans ce livre, issues de séminaires organisés par le CFC à Tsinghua entre 2014 et 2017, éclairent la manière de faire des sciences en France, mettant en particulier en avant l’importance de la dimension empirique et de l’esprit critique, source d’innovations scientifiques et du changement social.

Référence de l’ouvrage:
Ke Lei (Chloé Froissart) (Dir.), Gongzhong canyu he shehui zhili, Pékin, Zhongguo dabaike quanshu chubanshe, 2018, 238 p.

Flyer de présentation de l’ouvrage

Interview de Chloé Froissart pour iD4D, blog animé par l’Agence Française de Développement

La Chine et ses migrants : des progrès fragiles

Interview de Chloé Froissart, parue le 26 juillet 2018 sur le blog iD4D, blog animé par l’Agence Française de Développement – Copyright ID4D.

La Chine et ses migrants CFC FR

La Chine compte près de 300 millions de travailleurs migrants aux conditions de vie très précaires. Chloé Froissart, directrice du Centre franco-chinois en sciences sociales à l’université Tsinghua (Pékin), analyse la situation juridique et sociale de cette population.

Les flux migratoires intérieurs en Chine restent massifs et s’étendent sur tout le pays, depuis le centre et l’ouest vers la côte est. À combien estime-t-on aujourd’hui le nombre de travailleurs migrants ?

Selon le rapport du Bureau national des statistiques publié en avril 2018, il y avait 286,52 millions de travailleurs migrants en Chine en 2017. Leur nombre continue à augmenter. On en compte 4,81 millions en plus par rapport à 2016, soit une progression de 1,7 %. Par ailleurs, les statistiques ne représentent qu’une partie de la population de ces migrants. Beaucoup ne sont pas enregistrés et ils ne sont donc pas recensés. Prenons l’exemple d’une ville comme Shanghai : la population totale est officiellement de 24 millions, mais elle peut parfois atteindre 30 millions, avec une moyenne de 28 millions.

Longtemps, ces travailleurs migrants se sont massés dans les grands centres manufacturiers du sud de la Chine. Est-ce encore le cas ?

 De plus en plus de migrants chinois choisissent désormais de rester près de chez eux. L’écart de développement entre les zones de l’intérieure rurales – d’où les migrants sont traditionnellement originaires – et les zones côtières riches et industrialisées qui ont été leur destination se réduit progressivement. En 2017, les migrants dans les régions côtières gagnaient 13 % de plus que ceux des régions du centre ou de l’ouest. Mais la croissance des salaires dans ces régions les plus prospères a ralenti. Elle était de 6,4 % en 2017 contre 21 % en 2011, alors que l’augmentation des salaires dans la Chine de l’intérieur a atteint un pic à 7,5 %.

De nombreux migrants choisissent également de déménager dans des villes proches de leur domicile pour des raisons personnelles. Beaucoup sont en effet des enfants uniques et désirent avoir un accès facile à leur famille, comme le décrit un récent article du magazine Caixin. Tous ces changements se reflètent dans la proportion de migrants qui ont quitté leur province de résidence pour travailler, comparativement à ceux qui migrent au sein de leur province d’origine. En 2008, 53,3 % des migrants travaillaient dans une autre région que la leur. Ce chiffre est tombé à 44,7 % en 2017.

Le « hukou », ce passeport intérieur chinois mis en place à l’époque de Mao, est l’équivalent d’un permis de résidence qui divise la population chinoise entre ménages ruraux et ménages non ruraux. Quel est l’impact de ce système sur les migrations internes en Chine ?

Ce système n’empêche plus vraiment les migrations internes mais il les décourage dans les grandes villes par des politiques discriminatoires. Le « hukou » reste en effet un instrument de planification. Le premier plan national d’urbanisation, publié par le Conseil d’État en 2014, doit accorder à 100 millions de personnes un « hukou » urbain d’ici 2020. Cela permet d’assouplir un peu plus les restrictions du « hukou » dans les villes et les petites villes tout en contrôlant davantage les migrations dans les métropoles chinoises.

Dans celles-ci, ce passeport intérieur permet aux autorités de mettre en place des politiques d’immigration choisie. Le but est d’attirer les personnes riches et hautement qualifiées qui contribueront au développement économique des villes. Ce ne sont pas des travailleurs venus de la campagne mais souvent des migrants urbains ou de retour de l’étranger. Cette politique n’empêche pourtant pas les migrants de continuer à se diriger vers les centres économiques les plus dynamiques. Ainsi, le « hukou » reste un facteur de discrimination puissant dans les grandes villes chinoises.

Comment la situation juridique et sociale des migrants chinois a-t-elle évolué, notamment en matière d’accès aux soins ?

Malgré la volonté des autorités centrales d’universaliser l’accès aux droits sociaux, cette politique bute sur le fait que ce sont les municipalités qui doivent prendre en charge l’ensemble des coûts liés à cette intégration dans un système sans péréquation. Les municipalités sont donc encouragées à sélectionner les candidats à l’intégration. Par ailleurs, la sécurité sociale en Chine est un système d’assurance sociale financé par les cotisations des employeurs et des employés.

Ce système ne s’adresse qu’aux migrants qui sont déjà bien intégrés en ville et ont un emploi stable. Il laisse de côté tous ceux qui sont trop pauvres ou trop mobiles, qui changent souvent d’employeurs ou qui sont travailleurs indépendants. Or, cotiser à la sécurité sociale est souvent une condition d’accès à d’autres droits en ville, comme l’éducation. Autrement cotiser est considéré comme un devoir plus que comme un droit. Dans un contexte où la réalité de l’accès à la protection sociale est très mauvaise en ville, les migrants chinois retournent souvent se faire soigner à la campagne. Lorsqu’ils rentrent chez eux, ils ne peuvent récupérer que leurs propres cotisations et perdent celles des employeurs qui restent dans le système de protection sociale en ville.

Comment se sont améliorées les conditions de travail de cette main d’œuvre « bon marché » ?

À partir de 2008, une série de lois – à commencer par la loi sur le travail – ont considérablement renforcé la codification des droits pour tous les travailleurs, y compris les migrants. La protection des droits a progressé dans l’ensemble. Mais elle ne se fait pas via les canaux institutionnalisés de résolution des conflits (arbitrage, médiation, jugement), lesquels ne répondent que très imparfaitement aux attentes des travailleurs. Elle a lieu sous la pression des mobilisations, les grèves n’ayant cessé d’augmenter. On a vu ainsi émerger différentes formes de négociations collectives, portant essentiellement sur les salaires. Des négociations collectives autonomes menées par les ouvriers avec l’aide d’ONG se sont développées entre 2011-2015 dans le Guangdong (Sud de la Chine). Elles ont permis le règlement d’une variété de conflits, notamment liés aux délocalisations. Mais par peur d’une trop forte autonomisation du mouvement ouvrier, un coup d’arrêt a été porté au mouvement en décembre 2015 par une série d’arrestations d’activistes et la fermeture de plusieurs ONG. Pour prévenir les grèves, les syndicats officiels tentent également de mettre en place leur propre modèle de négociations collectives notamment sur les salaires.

L’éducation des enfants de ces migrants chinois est-elle assurée ?

D’après le New Citizen Annual Report (2017), environ 60 % des enfants des migrants chinois ne peuvent pas suivre leurs parents en ville par manque d’accès à l’éducation en zone urbaine. Ils sont donc scolarisés à la campagne, où les conditions d’éducation sont moins bonnes. Parmi ceux qui peuvent suivre leurs parents en ville, seuls 32 % sont scolarisés dans des écoles publiques et jouissent des mêmes conditions d’éducation que les enfants des non migrants. Mais les parents doivent pour cela produire toute une série de documents attestant notamment qu’ils ont un emploi et un domicile fixes en ville, et qu’ils cotisent à la sécurité sociale. L’éducation publique reste donc inaccessible aux enfants dont les parents sont pauvres ou travaillent dans l’économie informelle.Enfin, environ 8 % de ces enfants de migrants chinois sont scolarisés dans des établissements privés aux frais de scolarité sont importants alors que l’éducation est gratuite dans les écoles publiques. 

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

Retrouvez cette publication sur le blog iD4D, blog animé par l’Agence Française de Développement.

 

Conference, « China’s Belt and Road Initiative: A Catalyst for Economic, Financial, and Good Governance Reforms? » , 24 avril 2018

The Tsinghua University Sino-French Research Centre and the Carnegie–Tsinghua Center for Global Policy are pleased to invite you to a conference with Jean-François Huchet, Shi Zhiqin and Wang Xinsong :

« China’s Belt and Road Initiative:
A Catalyst for Economic, Financial, and Good Governance Reforms? »

April 24, 2018 – 2:30 PM – 4:30 PM

Carnegie-Tsinghua Center
Sohu Internet Plaza 1
Zhongguancun East Road, Building 9, Suite 402

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JeanFrançoisHuchet site CFCJean-François Huchet

Jean-François Huchet is vice-chancellor for research, director of the Centre for Asian Studies, and professor of economics at the National Institute for Oriental Languages and Civilizations in Paris.


Shi_Zhiqin_color2Shi Zhiqin

Shi Zhiqin is a resident scholar at the Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy, where he runs the China-EU Relations program and the China-NATO dialogue series.


ShiZhiqin site CFCWang Xinsong

Wang Xinsong is an associate professor at the Beijing Normal University School of Social Development and Public Policy. His recent research focuses on the political risks of China’s overseas investments and their impact on the governance of developing countries.


Since its unveiling in 2013, the Belt and Road Initiative (BRI) has developed into a sweeping global project with profound implications for the international financial system, China’s own growth model, and governance in China and in countries along the Belt. The cornerstone of President Xi Jinping’s effort to reposition China as a global economic leader, the BRI has the potential to deepen international integration and alter financial standards and good governance practices.

Despite China’s promises of communal contributions and shared benefits, many in the West remain uncertain whether the BRI will reform or merely maintain preexisting norms and values. To what extent will the new China-backed financial institutions, the Asian Infrastructure Investment Bank and New Development Bank, compete with the traditional Bretton-Woods organizations? And how will the internationalization of China’s economy shape the nation’s domestic financial systems? Finally, how can China promote transparency and accountability within and beyond its borders as the BRI develops?

Sans titre