Vidéo de la conférence de Michel Dobry – « La « structure » du système international. Quelques problèmes de recherche »

M. Michel Dobry

Professeur émérite de sciences politiques à la Sorbonne

L’objet de la conférence est de revenir sur la façon dont les approches contemporaines des relations internationales conçoivent la « structure » du système international. La question est difficile et de nombreux auteurs tentent d’ailleurs, pour cette raison, de l’ignorer, sans jamais être capables, pour autant, de montrer qu’il serait possible de rendre compte des comportements ou des politiques étrangères des divers acteurs du système international (dont en particulier les Etats) en observant exclusivement les caractéristiques «internes» à chacun d’entre eux. La conférence partira d’une discussion critique des principales conceptualisations de la « structure » du système international autour desquelles s’organisent aujourd’hui les débats et les clivages académiques, notamment les systématisations théoriques issues du « réalisme structural » et celles des approches qui s’y opposent le plus vigoureusement, les démarches qui se veulent « constructivistes ».


Vidéo de la conférence de Michel Dobry – « Penser les crises politiques »

M. Michel Dobry

Professeur émérite de sciences politiques à la Sorbonne

Rendre intelligibles des événements critiques tels que, par exemple, les « crises politiques » de 1958 et de 1968 en France, ou celle de 1923 dans l’Allemagne de Weimar, les « révolutions » de 1917 en Russie et de 1979 en Iran, suppose de changer le regard que les sciences sociales portent sur eux. Plus précisément cela requiert de s’attacher à ce qui se passe dans les processus constitutifs de ces événements, c’est-à-dire en particulier à ce que font leurs acteurs, et pas seulement, ni d’abord, à leurs prétendues « causes », à leur étiologie, ou à leurs résultats ou à leurs conséquences plus ou moins lointaines. C’est à cette condition qu’il devient possible d’identifier les propriétés de la dynamique propre à ces processus, dynamique qui tend à s’arracher aux facteurs historiques singuliers qui leur ont donné naissance. Ces événements critiques – ou, mieux, ces conjonctures fluides – apparaissent dès lors sous un jour nouveau, à la fois comme des états particuliers des « structures » des systèmes sociaux complexes dans lesquels ces événements prennent place et comme des logiques de situation originales qui contraignent puissamment les perceptions, calculs et actions de l’ensemble de leurs protagonistes.

 

Vidéos – Conférence : « Le syndrome de Mai 68 : l’évolution intellectuelle et politique de la France au prisme des batailles de mémoire » – Boris Gobille

Boris Gobille est l’auteur de Mai 68 aux Editions La Découverte ainsi que de plusieurs articles sur ce sujet.

Avant que les sciences sociales ne s’emparent de Mai 68 vers la fin des années 1990, les événements de Mai ont plus été un enjeu de mémoire qu’un enjeu scientifique. Il s’en est suivi un ensemble de concurrences et de distorsions interprétatives qui renseignent moins sur la nature de l’événement 68 que sur les intérêts des commentateurs à imposer leur lecture de l’histoire. La conférence reviendra sur ces enjeux mémoriels. Elle tentera de montrer qu’ils forment un prisme à travers lequel une part des évolutions du champ intellectuel et du champ politique français depuis les années 1970 peut se lire : le rapport que d’anciens « leaders » d’extrême gauche ont fini par entretenir avec leur passé militant ; l’invention de nouvelles positions intellectuelles ; la délégitimation de toute ambition révolutionnaire et, au-delà, de toute critique radicale de l’ordre existant ; l’ébauche d’une restauration idéologique. Les entreprises mémorielles dont Mai 68 est l’objet représentent aussi un observatoire intéressant de la question des rapports entre mémoire et histoire.

Vidéos – Conférence : « L’historicité de Mai 68 : la dynamique d’un événement critique » – Boris Gobille

Boris Gobille est l’auteur de Mai 68 aux Editions La Découverte ainsi que de plusieurs articles sur ce sujet.

En mai-juin 1968 en France, une révolte étudiante se transforme au fil des jours en une grève générale qui affecte l’ensemble des secteurs professionnels et paralyse le pays. La situation dégénère en une crise politique menaçant le régime du général De Gaulle, avant que la convocation d’élections législatives anticipées pour la fin du mois de juin ne dénoue la crise et consolide la majorité au pouvoir. Le propos de la conférence est de revenir à l’énigme de l’événement : comment expliquer l’extension de la contestation de son site étudiant initial à l’ensemble de la société ; comment expliquer la généralisation « par le bas » d’un mouvement critique sans chef d’orchestre ? Plutôt que de ramener le processus critique à ses causes antérieures éventuelles, on défendra l’idée que c’est la dynamique protestataire elle-même qu’il faut placer au coeur de l’analyse.