Seconde conférence de Loïc Blondiaux, « La démocratie participative en France : un bilan contrasté », 6 septembre 2017

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à une seconde conférence de Loïc Blondiaux le mercredi 6 septembre 2017.


Loïc Blondiaux 罗伊克•布隆迪欧

Loïc Blondiaux est politiste, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP EHESS/PARIS 1/CNRS). Ses travaux portent sur la participation citoyenne, les innovations démocratiques et l’opinion publique. Il dirige la revue Participations, le master « Ingénierie de la concertation » (Paris I) et a présidé le conseil scientifique du GIS « Démocratie et participation » de 2010 à 2016.Il est membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot et du think tank Décider ensemble, de la Commission parisienne du débat public ainsi que du conseil d’administration de l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne. Il a publié notamment La fabrique de l’opinion (Seuil, 1998) et Le Nouvel esprit de la démocratie (Seuil, 2008).


La démocratie participative en France : un bilan contrasté

Depuis le début des années 2000, la législation française reconnaît aux citoyens le droit de participer à l’élaboration des décisions, en particulier dans le domaine environnemental. De nombreux dispositifs (conseils de quartier, Commission nationale du débat public, conseils citoyens, budget participatif, plate-forme de consultation numériques…) ont été mis en place à l’échelle locale ou nationale, qui cherchent à associer les citoyens, de manière plus ou moins directe, aux décisions qui les concernent. Mais le bilan de ces expériences reste cependant très mitigé. La diffusion de la démocratie participative en France se heurte en effet à de multiples obstacles institutionnels, sociaux et surtout culturels qu’il s’agit de comprendre et de décrire. Il s’agira également de réfléchir aux conditions (matérielles et politiques) qui peuvent assurer la réussite de ces démarches.

Discutant: Liu Yu
Professeure associée au département de sciences politiques de l’université Tsinghua

Mardi 5 septembre 2017, de 14h00 à 17h00
Université Tsinghua, Mingzhai Building, salle 315

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua.

La conférence se tiendra en français et en chinois (interprétariat consécutif).

Conférence de Thomas Kirszbaum – « La participation citoyenne dans les quartiers populaires en France » – 30 septembre 2016

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua, le département de sociologie de l’université Tsinghua et le Centre de recherche en stratégies nationales de l’université Tsinghua ont eu le plaisir d’accueillir Thomas Kirszbaum le 30 septembre 2016 à l’université Tsinghua.


YMBThomas Kirszbaum

Thomas Kirszbaum est sociologue, chercheur associé à l’Institut des sciences sociales du politique (École normale supérieure de Cachan/CNRS) et enseignant à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense. Ses travaux portent sur les politiques de la ville, de lutte contre les discriminations et d’intégration. Il a notamment publié : En finir avec les banlieues ? Le désenchantement de la politique de la ville, Éditions de l’Aube, 2015 ; Rénovation urbaine. Les leçons américaines, Presses universitaires de France, 2009 ; Mixité sociale dans l’habitat. Revue de la littérature dans une perspective comparative, Etudes & recherches de la Halde, La Documentation française, 2008.


La participation citoyenne dans les quartiers populaires en France

Voir la vidéo de la conférence

Il s’agit d’analyser le paradoxe d’une politique de la ville conçue, à l’origine, comme un laboratoire de la démocratie urbaine et qui, au fil du temps s’est technocratisée et a exclu la société civile des processus de décision. La question de la participation est revenue au premier plan de cette politique publique à la suite des révoltes de l’automne 2005, souvent analysées comme le symptôme de déficit d’intégration démocratique des habitants de ces quartiers. Mais les nouveaux mots d’ordre de « pouvoir d’agir » des habitants (traduction française de l’empowerment) ou de « co-construction » des politiques publiques peinent à se concrétiser sur le terrain compte tenu des contraintes structurelles qui pèsent sur la participation citoyenne dans les quartiers populaires français. La récente réforme de la politique de la ville innove néanmoins avec l’introduction d’un nouvel outil: les conseils citoyens.

Discutant: Shou Huisheng
Chercheur au centre de recherche en stratégies nationales
de l’Université Tsinghua

Vendredi 30 septembre 2016, de 14h00 à 16h00
Université Tsinghua, Xiong Zhixing Building, salle 211

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua

Arnaud Viviant, Cui Zhiyuan, « La pensée maoïste et les intellectuels, regards croisés entre la France et la Chine », 31 mars 2016

Le Centre Franco-Chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à une conférence-débat en présence d’Arnaud Viviant et de Cui Zhiyuan.


YMBArnaud Viviant

Journaliste, écrivain et critique littéraire français, spécialiste de la politique française et des milieux intellectuels en France.


YMBCui Zhiyuan

Professeur en administration et politique publique à l’université Tsinghua, représentant éminent de la Nouvelle gauche chinoise et ancien conseiller de Huang Qifan (maire de Chongqing)


La pensée maoïste et les intellectuels,
regards croisés entre la France et la Chine

A l’occasion de la venue à Pékin d’Arnaud Viviant, le Centre Franco-chinois en sciences sociales de l’Université Tsinghua (CFC) organise un débat questionnant l’influence du maoïsme sur les intellectuels français des années 1960 et 1970 et les intellectuels chinois des années 2000. Comment la pensée maoïste a-t-elle été ou est toujours mobilisée par les intellectuels dans la construction de leur pensée et dans l’élaboration d’approches alternatives tant dans les domaines littéraires et artistiques que dans le champ socio-économique ? Tandis qu’Arnaud Viviant reviendra sur le parcours des maoïstes français pour qui le maoïsme prit d’abord la forme d’un « anticommunisme de gauche » en rupture avec l’Union soviétique, puis une source d’inspiration littéraire et artistique ; Cui Zhiyuan expliquera comment la pensée de Mao l’a inspiré dans la conception de réformes socio-économiques inédites pour la Chine contemporaine.

Jeudi 31 mars 2016, de 13h30 à 16h30
Université Tsinghua, Xin Zhai Building, salle 353

Le débat sera animé par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua

Conférence de Lilian Mathieu : « Socialisation et participation sociale : le cas de la mobilisation pour l’accès à l’éducation des enfants d’immigrés en France », 17 juin 2015

Voir la vidéo de la conférence de Lilian Mathieu

Le 17 juin 2015, le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’Université Tsinghua a accueilli Lilian Mathieu, sociologue à l’École Normale Supérieure Lyon, pour une conférence sur la socialisation dans les mouvements sociaux. Lilian Mathieu a enquêté au sein de l’association RESF (Réseau Éducation Sans Frontières), analysant le parcours biographique et militants des personnes engagées dans ce mouvement. Dans cette conférence, il nous invite à comprendre l’articulation entre l’analyse des mouvements sociaux et les processus de socialisation politique, qui façonnent les individus en fonction du contexte social dans lequel ils évoluent.

SAMSUNG CSC

RESF a été fondé en 2004 en réaction aux expulsions d’enfants de sans-papiers scolarisés dans des établissements français. Les réseaux RESF s’organisent généralement au sein d’établissements scolaires, le plus souvent lorsqu’un élève se voit menacé d’expulsion par la police, ce qui permet d’expliquer qu’une bonne partie des militants de RESF soit des enseignants ou des parents d’élèves. Les militants de RESF que Lilian Mathieu a interviewés sont le plus souvent de gauche et d’extrême-gauche, ce qui s’explique notamment par le fait que RESF s’oppose alors à des lois édictées par un gouvernement de droite. Cependant, la majorité des militants n’est pas engagée dans un parti politique, voire s’en méfie.

La socialisation politique des militants de RESF est avant tout façonnée par le contexte familial. C’est en effet la famille qui est la première instance de socialisation, lorsque les enfants entendent les parents débattre de questions politiques lors de repas familiaux par exemple. De nombreux militants de RESF ont ainsi construit leur engagement politique en référence à celui de leurs parents, voire contre ceux-ci. Ainsi cette femme engagée à l’extrême gauche qui considère son parcours comme l’antithèse de celle de sa famille, vichyste pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est également l’expérience d’événements historiques qui suscite des engagements politiques profonds, telle la Seconde Guerre mondiale pour un vieil homme juif, caché lorsqu’il était enfant, qui reproduit aujourd’hui les mêmes gestes en cachant des enfants sans-papiers menacés d’expulsion. Mai 68 représente également l’un des grands moments de socialisation pour les militants de RESF, mais aussi la participation à certaines organisations de jeunesse, notamment catholiques. De nombreux militants se définissent comme catholiques, ou affirment avoir reçu une éducation catholique. Les valeurs de solidarité et de don de soi sont invoquées par les militants, qui pour beaucoup sont en rupture avec l’institution ecclésiastique. Ces militants mettent en pratique des valeurs qui leur ont été inculquées dès le plus jeune âge, contre l’Église, qui selon eux ne les applique pas.

Comment expliquer l’engagement de ces militants dans une association où ils ne retirent aucun bénéfice, puisqu’au contraire des sans-papiers, ils n’attendent aucune régularisation, alors qu’ils donnent du temps à cette association ? Pour Lilian Mathieu, les bénéfices que les bénévoles de RESF peuvent retirer de leur engagement ne peuvent être appréhendés en termes purement utilitaristes, mais plutôt à travers le concept de « carrières déviantes » forgé par Howard Becker à propos des fumeurs de marijuana. À l’instar des fumeurs de marijuana qui doivent apprendre à apprécier les effets de la drogue, les militants de RESF doivent trouver du plaisir à donner de leur temps dans des réunions où s’affrontent des points de vue divergents ou à distribuer des tracts devant les écoles. Les gratifications peuvent être d’ordre symbolique : cela peut passer par des stratégies de reconnaissance, ou encore l’élargissement de son cercle social.

Le débat qui a suivi la conférence a permis au discutant chinois, Jin Jun, du département de sociologie de l’Université Tsinghua, de tenter des parallèles avec les mouvements sociaux chinois. En effet, les stratégies de mobilisation en Chine ont évolué ces dernières années. Pour Jin Jun, on voit une nette différence chez les ouvriers migrants nés avant et après 1980. Jin Jun repère également dans les mobilisations sociales chinoises un changement dans les motivations, de demandes spécifiquement matérielles à des mobilisations plus symboliques. En ce sens, les analyses de Lilian Mathieu pourraient permettre aux sociologues chinois de penser les mobilisations sociales en prenant en compte les rétributions et gratifications symboliques.

Lilian Mathieu, « Répertoire et mémoire : Postérités de l’occupation de l’église Saint-Nizier par les prostituées de Lyon », 18 juin 2015

Le Centre Franco-chinois en sciences sociales de l’Université Tsinghua a organisé une conférence de :

Lilian Mathieu
Professeur à l’ENS-Lyon et chercheur au CNRS

« Répertoire et mémoire : Postérités de l’occupation de l’église Saint-Nizier par les prostituées de Lyon « 

18 juin 2015