Regard sur l’histoire: « 1952 : Mort et vie des universités chinoises»

Le titre « 1952 : Mort et vie des universités chinoises » est un brin provocateur. Il donne pourtant un bon aperçu du contenu des enquêtes historiques du magazine et de ce qui se joue dans les universités chinoises au début de la République populaire.

Dans ce numéro, il est précisément question des choix successifs opérés par les dirigeants communistes et experts soviétiques depuis le 8 juin 1950, date à laquelle se réunissent pour la première fois, les membres de « l’assemblée sur l’éducation supérieure».

En tant qu’institutions au service de l’édification du socialisme, les universités chinoises se transforment dès le début des années cinquante, en lieu de formation d’experts destinés à soutenir l’industrialisation du pays et plus particulièrement le développement de l’industrie lourde. Les journalistes de « Kan Lishi » retracent ainsi la transformation d’universités éclectiques, en universités dominés par les sciences et technologies de la nature et du vivant. A travers la divulgation d’éléments quantitatifs sur la proportion des différentes filières universitaires entre 1952 et 1957, mais aussi à l’aide d’étude de cas (professeurs travaillant au développement de la chimie dans le cadre d’une difficile collaboration avec les experts soviétiques, études conçues pour la formation des juristes, etc.), les journalistes de « Kan Lishi », nous font visiter les catacombes d’un espace universitaire sous haute tension.

Sans feuille de vigne, ils abordent les campagnes anti-droitières et leurs effets désastreux sur le gaspillage du capital intellectuel de la Chine populaire. A travers les biographies des professeurs et des institutions les plus célèbres de Chine, ils soulignent également le rôle déterminant des intellectuels et des fonds étrangers dans la structuration de l’espace universitaire chinois dans la période républicaine.

Comme à son habitude bien illustré et rédigé pour le grand public, ce numéro est également complété par un article sur le marché de l’amour pour les personnes âgées à Taiwan. Comme le numéro du mois d’avril 2012, consacré aux destins des descendants des hauts dirigeants du Kuomintang, cet article se pose comme une manière habile d’interpeller le lecteur sur les transformations de la société chinoise contemporaine.