Compte-rendu du séminaire jeunes chercheurs – 13 juin 2019

A l’occasion du dernier séminaire de jeunes chercheurs de l’année scolaire 2018-2019, le CFC a accueilli Martine Berger, géographe ayant enseigné à l’Université Paris 1 la Sorbonne. Deux élèves en sciences dures ont présenté leurs travaux de recherche.

Le premier exposé a été réalisé par Nicolas Mangin, étudiant en ingénierie environnementale en deuxième année du double diplôme entre Centrale Lyon et l’Université de Tsinghua. Nicolas a présenté ses travaux concernant la biodégradation d’un polluant dans les eaux usées. Ayant réussi à vulgariser son sujet pour un public non-scientifique, Nicolas est d’abord revenu sur les bases de celui-ci, à savoir ce que sont les eaux usées, comment fonctionne une centrale d’épuration, quels types de polluants existent et quelles sont les différentes façons de les éliminer – traitement chimique ou traitement biologique.

Sa recherche se focalise sur la carbamazépine, un antiépileptique très résistant de par sa nature chimique que l’on trouve dans l’eau des zones habitées. Son sujet s’articule sur la dégradation de ce polluant : comment combiner traitement chimique, grâce à l’ozonation, et biologique, grâce aux bactéries, pour améliorer la dégradation de la carbamazépine ? Pour répondre à cela, Nicolas Mangin a testé plusieurs bactéries, dont deux se sont soldées par des échecs. Il est actuellement en train d’essayer un mix de bactéries, supposé plus proche des réactions se produisant naturellement dans les centrales d’épuration. Il nous explique la démarche scientifique suivie pour ces expériences, le raisonnement sous-jacent, mais également les différents obstacles et enseignements tirés de ce processus fastidieux.

Lors de la série de questions-réponses ayant suivi cette présentation, Nicolas Mangin a pu revenir sur son parcours académique et les choix qui l’ont poussé à venir étudier la microbiologie en Chine à Tsinghua, mais également les limites de cette expérience. Florence Padovani a pointé du doigt le côté empirique de sa recherche, due selon Nicolas Mangin à la complexité des réactions s’opérant dans le processus de dégradation. Il est également revenu sur le processus de sélection naturelle des bactéries, très adaptables au milieu dans lequel elles évoluent.

Ensuite, Rémy Blockelet, étudiant du double diplôme entre les Mines de Paris Tech / l’INSA et l’Université de Tsinghua en gestion de projets énergétiques, est revenu sur le projet ALEF (du nom de sa formation) qui se concentre sur le rôle du stockage dans la transition énergétique. Après avoir brièvement présenté son master, son programme impliquant de nombreux voyages de terrain, ainsi que la diversité des étudiants l’ayant suivi, son exposé fait suite à la conférence qu’ils ont organisée le 28 mai dernier.

Dans un premier temps, Rémy est revenu sur les différentes techniques de stockage de l’énergie de par le monde, dominées à 96% par les STEP (stations de transfert d’énergie par pompage), suivies du stockage thermique au sel fondu des centrales CSP (Concentrated Solar Power) (2%) et les batteries stationnaires (2%). Il rappelle que dû à l’importance encore accordée au nucléaire, qui occupe plus de 70% du mix électrique français, le stockage de l’énergie produite n’est pas une priorité en France. Cela peut devenir un obstacle dans le développement des énergies renouvelables compris dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) car le stockage ajouterait davantage de flexibilité du réseau électrique pour pallier aux moments de pics de ces énergies intermittentes.

Rémy Blockelet a ensuite abordé les thématiques de l’autoconsommation et l’autoproduction, encore assez peu développées en France mais qui intéressent une majorité de Français. Il a présenté les conditions de production et de consommation et leurs limites, en apportant également quatre critères permettant le développement de l’autoconsommation en France : augmenter le prix de l’électricité, baisser le prix des panneaux solaires, améliorer les différentes lois et régulations existantes, et impliquer dans le processus les acteurs historiques tels que EDF, Engie etc.

La question des smart grid a été abordée dans la session de Q&A, ainsi que les raisons ayant poussé Rémy à venir étudier en Chine, assez similaires à celles de Nicolas Mangin. Florence Padovani note en remarques conclusives que chacune des présentations données lors de ces séminaires ont mis en avant les difficultés de la recherche en Chine, que ce soit la barrière de langue, l’accès restreint aux ressources, les difficultés administratives ou bien le manque de coopérativité des partenaires chinois. Malgré tout la venue en Chine reste pour tous une expérience de vie enrichissante, quoique pleine de défis.