Conférence « Images et communication politique au Moyen Âge », par Patrick Boucheron


Le Centre franco-chinois de l’université Tsinghua,
en partenariat avec l’Ambassade de France en Chine,
vous convie à la conférence
du professeur Patrick Boucheron intitulée

Images et communication politique au Moyen Âge

La conférence aura lieu le mercredi 12 décembre de 15:30 à 17:30, dans la salle de conférence n°3 de l’hôtel Jiasuo de l’université Tsinghua. Elle sera tenue en langue française (avec traduction consécutive en chinois).

En raison du nombre limité de places, il est fortement conseillé de s’inscrire au préalable, par mail :
contact@beijing-cfc.org .

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Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous l’avez déjà vue. On l’appelle « fresque du Bon gouvernement ». Ambrogio Lorenzetti l’a peinte dans le palais communal de Sienne en 1338, dix ans avant que la Peste noire ne le précipite dans la mort. Elle captive aujourd’hui encore par le foisonnement de ses détails et la force de ses allégories. Mais comment rendre compte de son mouvement d’ensemble ? En rendant l’œuvre au climat d’urgence qui l’a suscitée et qui lui donne sens, Patrick Boucheron lui restitue sa fraîcheur et sa puissance, son sens politique et son actualité. Dans cette conférence, Patrick Boucheron démontrera la dialectique existant entre les images du pouvoir et le pouvoir des images. 

Patrick Boucheron est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe – XVIe siècles) ». Il est également président du conseil scientifique de l’Ecole française de Rome, directeur de la collection « L’univers historique » aux éditions du Seuil et membre du comité de rédaction de la revue L’Histoire. Il s’intéresse à l’écriture et à l’épistémologie de la discipline historique. Il a consacré de nombreux travaux à l’histoire politique et urbaine de l’Italie de la Renaissance, depuis sa thèse Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan, XIVe-XVe siècles (École française de Rome, 1998). Il a notamment publié Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Faire profession d’historien (Publications de la Sorbonne, 2010), L’Entretemps. Conversations sur l’histoire (Verdier, 2012), Conjurer la peur. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013). Il a dirigé Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009) et plus récemment Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017) qui sera publié en mandarin chez Wipub à la fin de l’année 2018.

Inscription par mail : contact@beijing-cfc.org

Patrick Boucheron donnera d’autres conférences dans le cadre du cycle de conférences « Ecrire l’histoire » de l’Ambassade de France.
Plus d’informations sur le site Faguo Wenhua.

Conférence Patrick Boucheron 12 décembre @ Tsinghua

Interview de Chloé Froissart pour iD4D, blog animé par l’Agence Française de Développement

La Chine et ses migrants : des progrès fragiles

Interview de Chloé Froissart, parue le 26 juillet 2018 sur le blog iD4D, blog animé par l’Agence Française de Développement – Copyright ID4D.

La Chine et ses migrants CFC FR

La Chine compte près de 300 millions de travailleurs migrants aux conditions de vie très précaires. Chloé Froissart, directrice du Centre franco-chinois en sciences sociales à l’université Tsinghua (Pékin), analyse la situation juridique et sociale de cette population.

Les flux migratoires intérieurs en Chine restent massifs et s’étendent sur tout le pays, depuis le centre et l’ouest vers la côte est. À combien estime-t-on aujourd’hui le nombre de travailleurs migrants ?

Selon le rapport du Bureau national des statistiques publié en avril 2018, il y avait 286,52 millions de travailleurs migrants en Chine en 2017. Leur nombre continue à augmenter. On en compte 4,81 millions en plus par rapport à 2016, soit une progression de 1,7 %. Par ailleurs, les statistiques ne représentent qu’une partie de la population de ces migrants. Beaucoup ne sont pas enregistrés et ils ne sont donc pas recensés. Prenons l’exemple d’une ville comme Shanghai : la population totale est officiellement de 24 millions, mais elle peut parfois atteindre 30 millions, avec une moyenne de 28 millions.

Longtemps, ces travailleurs migrants se sont massés dans les grands centres manufacturiers du sud de la Chine. Est-ce encore le cas ?

 De plus en plus de migrants chinois choisissent désormais de rester près de chez eux. L’écart de développement entre les zones de l’intérieure rurales – d’où les migrants sont traditionnellement originaires – et les zones côtières riches et industrialisées qui ont été leur destination se réduit progressivement. En 2017, les migrants dans les régions côtières gagnaient 13 % de plus que ceux des régions du centre ou de l’ouest. Mais la croissance des salaires dans ces régions les plus prospères a ralenti. Elle était de 6,4 % en 2017 contre 21 % en 2011, alors que l’augmentation des salaires dans la Chine de l’intérieur a atteint un pic à 7,5 %.

De nombreux migrants choisissent également de déménager dans des villes proches de leur domicile pour des raisons personnelles. Beaucoup sont en effet des enfants uniques et désirent avoir un accès facile à leur famille, comme le décrit un récent article du magazine Caixin. Tous ces changements se reflètent dans la proportion de migrants qui ont quitté leur province de résidence pour travailler, comparativement à ceux qui migrent au sein de leur province d’origine. En 2008, 53,3 % des migrants travaillaient dans une autre région que la leur. Ce chiffre est tombé à 44,7 % en 2017.

Le « hukou », ce passeport intérieur chinois mis en place à l’époque de Mao, est l’équivalent d’un permis de résidence qui divise la population chinoise entre ménages ruraux et ménages non ruraux. Quel est l’impact de ce système sur les migrations internes en Chine ?

Ce système n’empêche plus vraiment les migrations internes mais il les décourage dans les grandes villes par des politiques discriminatoires. Le « hukou » reste en effet un instrument de planification. Le premier plan national d’urbanisation, publié par le Conseil d’État en 2014, doit accorder à 100 millions de personnes un « hukou » urbain d’ici 2020. Cela permet d’assouplir un peu plus les restrictions du « hukou » dans les villes et les petites villes tout en contrôlant davantage les migrations dans les métropoles chinoises.

Dans celles-ci, ce passeport intérieur permet aux autorités de mettre en place des politiques d’immigration choisie. Le but est d’attirer les personnes riches et hautement qualifiées qui contribueront au développement économique des villes. Ce ne sont pas des travailleurs venus de la campagne mais souvent des migrants urbains ou de retour de l’étranger. Cette politique n’empêche pourtant pas les migrants de continuer à se diriger vers les centres économiques les plus dynamiques. Ainsi, le « hukou » reste un facteur de discrimination puissant dans les grandes villes chinoises.

Comment la situation juridique et sociale des migrants chinois a-t-elle évolué, notamment en matière d’accès aux soins ?

Malgré la volonté des autorités centrales d’universaliser l’accès aux droits sociaux, cette politique bute sur le fait que ce sont les municipalités qui doivent prendre en charge l’ensemble des coûts liés à cette intégration dans un système sans péréquation. Les municipalités sont donc encouragées à sélectionner les candidats à l’intégration. Par ailleurs, la sécurité sociale en Chine est un système d’assurance sociale financé par les cotisations des employeurs et des employés.

Ce système ne s’adresse qu’aux migrants qui sont déjà bien intégrés en ville et ont un emploi stable. Il laisse de côté tous ceux qui sont trop pauvres ou trop mobiles, qui changent souvent d’employeurs ou qui sont travailleurs indépendants. Or, cotiser à la sécurité sociale est souvent une condition d’accès à d’autres droits en ville, comme l’éducation. Autrement cotiser est considéré comme un devoir plus que comme un droit. Dans un contexte où la réalité de l’accès à la protection sociale est très mauvaise en ville, les migrants chinois retournent souvent se faire soigner à la campagne. Lorsqu’ils rentrent chez eux, ils ne peuvent récupérer que leurs propres cotisations et perdent celles des employeurs qui restent dans le système de protection sociale en ville.

Comment se sont améliorées les conditions de travail de cette main d’œuvre « bon marché » ?

À partir de 2008, une série de lois – à commencer par la loi sur le travail – ont considérablement renforcé la codification des droits pour tous les travailleurs, y compris les migrants. La protection des droits a progressé dans l’ensemble. Mais elle ne se fait pas via les canaux institutionnalisés de résolution des conflits (arbitrage, médiation, jugement), lesquels ne répondent que très imparfaitement aux attentes des travailleurs. Elle a lieu sous la pression des mobilisations, les grèves n’ayant cessé d’augmenter. On a vu ainsi émerger différentes formes de négociations collectives, portant essentiellement sur les salaires. Des négociations collectives autonomes menées par les ouvriers avec l’aide d’ONG se sont développées entre 2011-2015 dans le Guangdong (Sud de la Chine). Elles ont permis le règlement d’une variété de conflits, notamment liés aux délocalisations. Mais par peur d’une trop forte autonomisation du mouvement ouvrier, un coup d’arrêt a été porté au mouvement en décembre 2015 par une série d’arrestations d’activistes et la fermeture de plusieurs ONG. Pour prévenir les grèves, les syndicats officiels tentent également de mettre en place leur propre modèle de négociations collectives notamment sur les salaires.

L’éducation des enfants de ces migrants chinois est-elle assurée ?

D’après le New Citizen Annual Report (2017), environ 60 % des enfants des migrants chinois ne peuvent pas suivre leurs parents en ville par manque d’accès à l’éducation en zone urbaine. Ils sont donc scolarisés à la campagne, où les conditions d’éducation sont moins bonnes. Parmi ceux qui peuvent suivre leurs parents en ville, seuls 32 % sont scolarisés dans des écoles publiques et jouissent des mêmes conditions d’éducation que les enfants des non migrants. Mais les parents doivent pour cela produire toute une série de documents attestant notamment qu’ils ont un emploi et un domicile fixes en ville, et qu’ils cotisent à la sécurité sociale. L’éducation publique reste donc inaccessible aux enfants dont les parents sont pauvres ou travaillent dans l’économie informelle.Enfin, environ 8 % de ces enfants de migrants chinois sont scolarisés dans des établissements privés aux frais de scolarité sont importants alors que l’éducation est gratuite dans les écoles publiques. 

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

Retrouvez cette publication sur le blog iD4D, blog animé par l’Agence Française de Développement.

 

Conference, « China’s Belt and Road Initiative: A Catalyst for Economic, Financial, and Good Governance Reforms? » , 24 avril 2018

The Tsinghua University Sino-French Research Centre and the Carnegie–Tsinghua Center for Global Policy are pleased to invite you to a conference with Jean-François Huchet, Shi Zhiqin and Wang Xinsong :

« China’s Belt and Road Initiative:
A Catalyst for Economic, Financial, and Good Governance Reforms? »

April 24, 2018 – 2:30 PM – 4:30 PM

Carnegie-Tsinghua Center
Sohu Internet Plaza 1
Zhongguancun East Road, Building 9, Suite 402

Registration is required to attend this event
Register to attend


JeanFrançoisHuchet site CFCJean-François Huchet

Jean-François Huchet is vice-chancellor for research, director of the Centre for Asian Studies, and professor of economics at the National Institute for Oriental Languages and Civilizations in Paris.


Shi_Zhiqin_color2Shi Zhiqin

Shi Zhiqin is a resident scholar at the Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy, where he runs the China-EU Relations program and the China-NATO dialogue series.


ShiZhiqin site CFCWang Xinsong

Wang Xinsong is an associate professor at the Beijing Normal University School of Social Development and Public Policy. His recent research focuses on the political risks of China’s overseas investments and their impact on the governance of developing countries.


Since its unveiling in 2013, the Belt and Road Initiative (BRI) has developed into a sweeping global project with profound implications for the international financial system, China’s own growth model, and governance in China and in countries along the Belt. The cornerstone of President Xi Jinping’s effort to reposition China as a global economic leader, the BRI has the potential to deepen international integration and alter financial standards and good governance practices.

Despite China’s promises of communal contributions and shared benefits, many in the West remain uncertain whether the BRI will reform or merely maintain preexisting norms and values. To what extent will the new China-backed financial institutions, the Asian Infrastructure Investment Bank and New Development Bank, compete with the traditional Bretton-Woods organizations? And how will the internationalization of China’s economy shape the nation’s domestic financial systems? Finally, how can China promote transparency and accountability within and beyond its borders as the BRI develops?

Sans titre

Seconde conférence de Loïc Blondiaux, « La démocratie participative en France : un bilan contrasté », 6 septembre 2017

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à une seconde conférence de Loïc Blondiaux le mercredi 6 septembre 2017.


Loïc Blondiaux 罗伊克•布隆迪欧

Loïc Blondiaux est politiste, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP EHESS/PARIS 1/CNRS). Ses travaux portent sur la participation citoyenne, les innovations démocratiques et l’opinion publique. Il dirige la revue Participations, le master « Ingénierie de la concertation » (Paris I) et a présidé le conseil scientifique du GIS « Démocratie et participation » de 2010 à 2016.Il est membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot et du think tank Décider ensemble, de la Commission parisienne du débat public ainsi que du conseil d’administration de l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne. Il a publié notamment La fabrique de l’opinion (Seuil, 1998) et Le Nouvel esprit de la démocratie (Seuil, 2008).


La démocratie participative en France : un bilan contrasté

Depuis le début des années 2000, la législation française reconnaît aux citoyens le droit de participer à l’élaboration des décisions, en particulier dans le domaine environnemental. De nombreux dispositifs (conseils de quartier, Commission nationale du débat public, conseils citoyens, budget participatif, plate-forme de consultation numériques…) ont été mis en place à l’échelle locale ou nationale, qui cherchent à associer les citoyens, de manière plus ou moins directe, aux décisions qui les concernent. Mais le bilan de ces expériences reste cependant très mitigé. La diffusion de la démocratie participative en France se heurte en effet à de multiples obstacles institutionnels, sociaux et surtout culturels qu’il s’agit de comprendre et de décrire. Il s’agira également de réfléchir aux conditions (matérielles et politiques) qui peuvent assurer la réussite de ces démarches.

Discutant: Liu Yu
Professeure associée au département de sciences politiques de l’université Tsinghua

Mardi 5 septembre 2017, de 14h00 à 17h00
Université Tsinghua, Mingzhai Building, salle 315

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua.

La conférence se tiendra en français et en chinois (interprétariat consécutif).

Conférence de Loïc Blondiaux : « Les démocraties représentatives à l’épreuve », 5 septembre 2017

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à une conférence de Loïc Blondiaux le 5 septembre 2017 à l’université Tsinghua.



LoicBlondiauxLoïc Blondiaux

Loïc Blondiaux est politiste, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP EHESS/PARIS 1/CNRS). Ses travaux portent sur la participation citoyenne, les innovations démocratiques et l’opinion publique. Il dirige la revue Participations, le master « Ingénierie de la concertation » (Paris I) et a présidé le conseil scientifique du GIS « Démocratie et participation » de 2010 à 2016. Il est membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot et du think tank Décider ensemble, de la Commission parisienne du débat public ainsi que du conseil d’administration de l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne. Il a publié notamment La fabrique de l’opinion (Seuil, 1998) et Le Nouvel esprit de la démocratie (Seuil, 2008).


Les démocraties représentatives à l’épreuve

La démocratie représentative ne fait plus l’objet d’un consensus dans la société française actuelle. Cette forme de régime politique a amplement fait la démonstration de ses fragilités face au terrorisme ou aux courants autoritaires qui traversent la société française, autant que de son inefficacité face aux crises économiques ou environnementales. Face à cette double crise de légitimité et d’efficacité, de nombreuses propositions théoriques et pratiques ont été formulées depuis le début des années 2000 pour renforcer la nature démocratique de la représentation politique. Certains théoriciens promeuvent une représentation inclusive en mesure de concilier représentation et participation à travers la mise en place d’institutions de démocratie continue. D’autres insistent sur la nécessité de diversifier les canaux de représentation par le biais de nouveaux mécanismes participatifs. Loïc Blondiaux évoquera notamment des innovations pratiques qui ont déjà été expérimentées comme les budgets participatifs ou les plateformes de démocratie numérique.

Discutant: Liu Yu
Professeure associée au département de sciences politiques de l’université Tsinghua

Mardi 5 septembre 2017, de 14h00 à 17h00
Université Tsinghua, Mingzhai Building, salle 315

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua.

La conférence se tiendra en français et en chinois (interprétariat consécutif).

Marion Carrel, « Engagement public et sensibilisation aux problèmes publics : les effets fragiles de la délibération dans les quartiers populaires », Vendredi 14 avril 2017

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à une deuxième conférence de Marion Carrel le 14 avril 2017 à l’université Tsinghua .



carrel_photoMarion Carrel

Marion Carrel est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lille 3, Centre de recherches ‘Individus, Épreuves, Sociétés’ (Ceries). Membre du comité de rédaction de Participations et de Mouvements, elle est codirectrice du Groupement d’Intérêt Scientifique               « Participation et démocratie ». Elle a notamment publié Faire participer les habitants ? Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires, Lyon, ENS, 2013 et coordonné avec C. Neveu Citoyennetés ordinaires. Une approche renouvelée des pratiques citoyennes, Paris, Ed. Karthala, 2014.


Engagement public et sensibilisation aux problèmes publics : les effets fragiles de la délibération dans les quartiers populaires

Pour comprendre en profondeur l’usage des processus de délibération, il convient de dresser une ethnographie politique permettant d’identifier les effets de ces processus sur les participants et la sphère publique. Marion Carrel analyse un mécanisme de participation publique mis en oeuvre en France par un intervenant à la fois professionnel et militant auprès d’un petit groupe de fonctionnaires et d’individus marginalisés, dans le but de favoriser la compréhension mutuelle et de sensibiliser aux problèmes publics. Cette ethnographie montre que la délibération opérée dans de petits groupes, plutôt que de simplement créer un consensus et de reproduire les inégalités en termes d’accès aux formes d’expression publique comme cela est souvent montré, peut générer au moins une forme d’engagement politique embryonnaire et favoriser la sensibilisation des quartiers populaires aux problèmes publics. Ces effets relativement fragiles soulèvent la question de la continuité de l’action collective et des transformations institutionnelles générées par les processus de délibération.

Discutant: He Jianyu
Professeur assoocié à l’Institut d’études du marxisme
de l’université Tsinghua

Vendredi 14 avril 2017, de 14h00 à 17h00
Université Tsinghua, Shanzhai Building, salle 306

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua.

Elle se tiendra en français et en chinois (interprétariat consécutif).

Conférence de Marion Carrel, « Injonction participative ou empowerment ? Les enjeux de la participation », Jeudi 13 avril 2017

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à une conférence de Marion Carrel le 13 avril 2017 à l’université Tsinghua.



carrel_photoMarion Carrel

Marion Carrel est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lille 3, Centre de recherches ‘Individus, Épreuves, Sociétés’ (Ceries). Membre du comité de rédaction de Participations et de Mouvements, elle est codirectrice du Groupement d’Intérêt Scientifique              « Participation et démocratie ». Elle a notamment publié Faire participer les habitants ? Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires, Lyon, ENS, 2013 et coordonné avec C. Neveu Citoyennetés ordinaires. Une approche renouvelée des pratiques citoyennes, Paris, Ed. Karthala, 2014.


Injonction participative ou empowerment ? Les enjeux de la participation

La démocratie participative se résume bien souvent à de l’injonction participative : une offre institutionnelle descendante et contre-productive pour enrayer la crise démocratique. La participation citoyenne peut cependant être un levier efficace pour régénérer la démocratie, toujours en chantier. Sous certaines conditions, elle peut renouveler les politiques publiques sur un mode ascendant, en s’appuyant sur l’expertise des personnes concernées et la codécision. Elle peut stimuler l’interpellation des institutions et l’émancipation des personnes, en particulier les plus précaires et éloignées de la parole publique. Aujourd’hui, elle peut et doit compter avec de nouveaux partenaires, les acteurs communautaires.

Discutant: He Jianyu
Professeur associé à l’Institut d’études du marxisme
de l’université Tsinghua

Jeudi 13 avril 2017, de 14h00 à 17h00
Université Tsinghua, Shanzhai Building, salle 306

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua.

La conférence se tiendra en français et en chinois (interprétariat consécutif).

Article d’actualité n°3: « Durcissement du régime et montée des tensions: Quel avenir pour la présidence de Xi Jinping? « , Avril 2016

L’année 2016 apparaît comme un moment charnière de la présidence de Xi Jinping. La perspective du XIXème Congrès du Parti communiste chinois (PCC) prévu à l’automne 2017 se rapproche et promet un important renouvellement des membres du Bureau politique. L’heure est également au bilan des réformes annoncées à l’issue du XVIIIème Congrès de novembre 2012 et au cours des plénums du Comité central tenus les années suivantes

Article écrit en partenariat avec Asia Centre, dans le cadre de l’Observatoire Chine.

Lire l’article

Conférence de Thomas Kirszbaum – « La participation citoyenne dans les quartiers populaires en France » – 30 septembre 2016

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua, le département de sociologie de l’université Tsinghua et le Centre de recherche en stratégies nationales de l’université Tsinghua ont eu le plaisir d’accueillir Thomas Kirszbaum le 30 septembre 2016 à l’université Tsinghua.


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Thomas Kirszbaum est sociologue, chercheur associé à l’Institut des sciences sociales du politique (École normale supérieure de Cachan/CNRS) et enseignant à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense. Ses travaux portent sur les politiques de la ville, de lutte contre les discriminations et d’intégration. Il a notamment publié : En finir avec les banlieues ? Le désenchantement de la politique de la ville, Éditions de l’Aube, 2015 ; Rénovation urbaine. Les leçons américaines, Presses universitaires de France, 2009 ; Mixité sociale dans l’habitat. Revue de la littérature dans une perspective comparative, Etudes & recherches de la Halde, La Documentation française, 2008.


La participation citoyenne dans les quartiers populaires en France

Voir la vidéo de la conférence

Il s’agit d’analyser le paradoxe d’une politique de la ville conçue, à l’origine, comme un laboratoire de la démocratie urbaine et qui, au fil du temps s’est technocratisée et a exclu la société civile des processus de décision. La question de la participation est revenue au premier plan de cette politique publique à la suite des révoltes de l’automne 2005, souvent analysées comme le symptôme de déficit d’intégration démocratique des habitants de ces quartiers. Mais les nouveaux mots d’ordre de « pouvoir d’agir » des habitants (traduction française de l’empowerment) ou de « co-construction » des politiques publiques peinent à se concrétiser sur le terrain compte tenu des contraintes structurelles qui pèsent sur la participation citoyenne dans les quartiers populaires français. La récente réforme de la politique de la ville innove néanmoins avec l’introduction d’un nouvel outil: les conseils citoyens.

Discutant: Shou Huisheng
Chercheur au centre de recherche en stratégies nationales
de l’Université Tsinghua

Vendredi 30 septembre 2016, de 14h00 à 16h00
Université Tsinghua, Xiong Zhixing Building, salle 211

La conférence sera animée par Chloé Froissart,
Directrice du Centre franco-chinois de l’université Tsinghua