Compte-rendu de la conférence de Bruno Fayolle-Lussac sur le patrimoine bordelais – 6 juin 2019

Bruno Fayolle-Lussac, historien de l’architecture à Bordeaux, est venu ce jeudi 6 juin 2019 à l’École d’architecture de Tsinghua présenter devant une quarantaine d’élèves « Le patrimoine : une notion cannibalisée à l’ère de la compétition urbaine généralisée ». Pr. Fayolle-Lussac a pris comme exemple la ville de Bordeaux, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour aborder les problématiques du patrimoine comme enjeu du développement urbain.

Grâce à une présentation très imagée, Bruno Fayolle-Lussac a d’abord présenté les caractéristiques de Bordeaux. Au niveau administratif, la ville est envisagée à plusieurs échelles : celle de la province (Région de la Nouvelle-Aquitaine), de la métropole, et enfin de la ville elle-même. Traversée par la Garonne et à 100 km de son estuaire allant vers l’Océan Atlantique, la ville de Bordeaux jouit d’une image internationale, notamment grâce à son patrimoine immatériel de vignobles.

Professeur Fayolle-Lussac a ensuite procédé à une revue historique du développement de la ville à travers les siècles, qui montre déjà les caractéristiques retenues comme patrimoine mondial : une ville basse, homogène, et dominée par l’architecture classique et néoclassique des 18 et 19ème siècles. C’est ce qu’on appelle le « stock patrimonial » de la ville, qui a fait son image globale. L’architecture est une architecture de pierre en façade, et ce quel que soit le milieu social, précise Bruno Fayolle-Lussac.

La question du patrimoine mondial à Bordeaux s’est posée à partir de 1995, après que le port de Bordeaux s’est arrêté de lui-même en 1980. Depuis, une série de projets décidés par le maire Alain Juppé ont vu le jour, notamment avec le réaménagement des quais ou bien l’amélioration et l’extension du tramway pour rattacher les périphéries au centre-ville. L’opération Prospective Bordeaux 2050 est un ensemble de projets de requalification des espaces publics de la ville, avec entre autres la rive gauche redevenant urbaine et paysagère tandis que la rive droite redeviendra paysagère uniquement.

Pr. Fayolle-Lussac explique les différentes zones de Bordeaux concernées par la sauvegarde et la requalification du patrimoine. Il y a tout d’abord le secteur sauvegardé qui reprend l’essentiel de la vie ancienne et est protégé par la loi française Loi sur les secteurs sauvegardés de 1962. Ensuite, ayant comme objectif dès 1996 d’appartenir au patrimoine mondial, Bordeaux devient en 2007 le plus grand site urbain inscrit au patrimoine cultuel de l’UNESCO avec 18 km², soit une zone couvrant près de 40% de la ville. Enfin, « la ville de pierre » concerne, maison par maison, plus de 300 monuments historiques disséminés dans la ville dans des secteurs anciens et fragiles. La synthèse des protections est très complexe et présente donc la difficulté de gestion des réglementations superposées.

Depuis les années 2007-2009, la ville de Bordeaux est devenue une ville attractive, de par la venue nouvelle de la LGV (ligne à grande vitesse, réduisant à deux heures le temps de trajet depuis Paris), ainsi qu’une campagne d’image extrêmement sophistiquée pour développer de nouveaux emplois et de nouveaux secteurs industriels, comme dans la zone réinvestie de Darwin. Bordeaux est devenue une ville projet pour les investisseurs à la fois industriels et du logement. De ce fait, le patrimoine notamment ancien est devenu un enjeu immobilier, ce qui a entrainé un phénomène de gentrification du centre-ville.

Pour conclure, Pr. Fayolle-Lussac aborde les différentes problématiques liées à ces changements urbains. Il relève entre autres les débats qui se posent sur quelle architecture contemporaine choisir en milieu ancien, prenant comme exemple la modernité affichée des nouveaux bâtiments dans le secteur des bassins à flots de la ville, pourtant inscrit au patrimoine mondial. Les questions environnementales, et notamment des risques d’inondation du fait de la montée du niveau de l’Océan Atlantique sont également très présentes, concernant la délimitation des secteurs non constructibles, des territoires verts à l’intérieur de la métropole ainsi que tout ce qui touche à l’eau en milieu urbain.

La séance de questions-réponses qui a suivie, menée par le professeur Zhang Jie (张杰) de l’École d’architecture de Tsinghua, a touché aux questions de délimitation du secteur sauvegardé ou encore aux critères sélectionnés pour l’inscription de Bordeaux au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. Ont également été abordées les questions des différentes échelles de prises de décision, notamment concernant les secteurs sauvegardés où les décisions sont prises par l’État central et parfois imposées par celui-ci, mais également a contrario des municipalités parfois demandeuses de plus de protection du patrimoine au niveau local.

De plus, le débat a touché au rapport de force qui existe entre développement inexorable de la ville et conservation du patrimoine, un paradoxe constamment présent en Chine comme le souligne Bruno Fayolle-Lussac. Cela nous ramène au titre de cette conférence : Pr. Fayolle-Lussac avance que le patrimoine est débordé car les enjeux actuels de la ville de Bordeaux sont orientés par l’attractivité de la ville, attirant toute une catégorie de Parisiens nantis et désireux de quitter la capitale qui changent le paysage local urbain.

Conférence de Pr. Bruno Fayolle-Lussac – jeudi 6 juin 2019

Le patrimoine : une notion « cannibalisée » à l’ère de la compétition urbaine généralisée.

Les paradoxes d’une politique locale du patrimoine d’un grand site urbain inscrit à l’UNESCO: le cas de « Bordeaux, « port de la lune ».

Le patrimoine est devenu progressivement depuis les années 1950 une notion floue, recouvrant, envahissant les champs de plus en plus divers de notre environnement à toutes les échelles des territoires, qu’il s’agisse de biens matériels et/ ou immatériels. Cette notion a été peu à peu cannibalisée par des enjeux notamment financiers, économiques, politiques… de plus en plus puissants. Dans le cas du plus grand site urbain inscrit au patrimoine mondial en 2007 – la ville historique de Bordeaux au cœur de la métropole de la région de la Nouvelle Aquitaine – Le label UNESCO a eu un fort effet de levier dans la promotion de l’image, de l’attractivité et du développement urbain de la ville et de la métropole sur le plan touristique et plus largement économique au risque, d’une part, de figer le grand centre historique au profit des territoires urbains de la périphérie, voire au-delà dans les années à venir et, d’autre part, de créer une confrontation directe entre la forme urbaine héritée et protégée,figée et dominée par la production actuelle de programmes d’architectures contemporaines, censées renforcer l’attractivité et le statut de la métropole dans le contexte actuel de la compétition urbaine généralisée (global urban competitiveness) ici à l’échelle nationale, voire européenne.

Bruno Fayolle-Lussac – présentation

Historien de l’architecture et archéologue, professeur honoraire de l’Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage (ENSAP) de Bordeaux depuis 2006. Il a entre autres été membre du CLUB du patrimoine mondial UNESCO de Bordeaux de 2009 à 2014.

Ses recherches portent principalement sur les évolutions des rapports entre le patrimoine et le développement urbain (enjeux et paradoxes), notamment à partir d’études de cas (Chine/France), dans le contexte actuel de globalisation de la circulation des modèles et des pratiques.

Ses plus récents ouvrages et articles incluent :

2018: Françoise Blanc, Olivier Brochet, Bruno Fayolle Lussac, Villes fortifiées en projet – les ateliers de Jingzhou et Xiangfan (Hubei) Chine. (Bordeaux, MSHA, 2 018, 129 p.)

2008: Fayolle Lussac Bruno, Papillault Rémi, Ed., Le Team X et la question du logement collectif : éléments d’une problématique, Bordeaux, MSHA, .

2007: Fayolle Lussac Bruno, Høyem Harald, Clément Pierre, Ed., Xi’an – an Ancient City in the Modern World Evolution of the Urban Pattern (1949-2000), Paris, Editions Recherches, 299 p.

2017: Thierry Sanjuan, Bruno Fayolle Lussac, « La Chine vue d’en bas, les petites villes enjeu du développement », Espace Géographique, n° 4, p. 292-304.

2017: « Que faut-il regarder, que faut-il sauvegarder? », Michèle Larue-Charlus dir., Bordeaux 50 ans d’héritage 1967-2017 Du secteur sauvegardé au site patrimonial , DGA, Bordeaux, 271 p.(p. 8-12).

Compte-rendu des conférences de Marie Mendras sur la politique russe – 18 et 19 avril 2019

Russian Elites: Leading Groups vs. Non-ruling Elites

Lors de la conférence à l’Université du Peuple (人民大学) co-organisée par l’École des affaires internationales de l’établissement à laquelle une quarantaine de professeurs et étudiants ont assisté, Marie Mendras a décidé d’examiner la politique intérieure et extérieure russe à travers le prisme des élites actuelles, point central pour comprendre la politique de ce pays qui a connu et connaît encore de grands changements.

Tout d’abord, Pr. Mendras a rappelé que la Russie, vaste territoire majoritairement peuplé aux portes de l’Europe, ne présente pas une société unifiée mais plurielle. La réticence du régime à mettre en place des réformes politiques, économiques et sociales, durant ces dernières années a entraîné une hausse des inégalités en même temps qu’une baisse du niveau de vie moyen de la population, ce qui a engendré de plus en plus de protestation et de mécontentement, notamment au sein des élites et de la classe moyenne qui s’étaient enrichies dans les années 2000s. Selon Pr. Mendras, Vladimir Poutine a bénéficié d’une décennie en or quand il a pris le pouvoir. Pendant huit ans d’affilée, de 2000 à 2008, le prix du pétrole n’a cessé d’augmenter et la population russe est devenue une société de consommation. En 2008, la crise financière mondiale et la baisse du prix des hydrocarbures bouleverse la donne.

Pr. Mendras avance que le bon paradigme pour comprendre la politique domestique n’est pas bipolaire (c’est-à-dire le pouvoir face au peuple), mais bien tripolaire : les groupes dirigeants, la société, mais également les élites professionnelles et la classe moyenne aisée et éduquée qui ont un impact sur le développement du pays.

Liu Xu (刘旭) traduisant les propos de Marie Mendras en chinois

Marie Mendras revient sur la définition même des « élites russes ». Les divisions et tensions entre élites dirigeantes et élites non-dirigeantes apparaissent de plus en plus fortes. Ces dissensions sont dues au fait que les « parts du gâteau » se réduisent dans la relation clientéliste, mais également au fait qu’il n’y a plus de système institutionnalisé et transparent dans la prise de décision, privant ainsi les acteurs économiques de garanties juridiques et de protection.

Pour ces élites qui ne voient aucune amélioration de la situation économique dans un futur proche, Pr. Mendras emprunte la trilogie d’Albert Hirshman pour expliquer leurs choix d’action : s’en aller pour de bon (exit) – ou bien en partie (semi-exit) à travers les « diasporas temporaires » que composent des Russes partis à l’étranger mais qui gardent de la famille ou une partie de leur business en Russie ; protester (voice), ou rester fidèle au régime (loyalty). Marie Mendras souligne pour ce dernier point que la loyauté « active » diminue au profit d’une forme de résistance passive de la part de la population. Cela est d’autant plus vrai depuis l’annexion de la Crimée et le conflit du Donbass du fait des sanctions économiques qui touchent directement les dirigeants russes, rajoute Pr. Mendras en remarques conclusives, ouvrant le débat sur l’influence que peut encore exercer la Fédération de Russie sur la scène internationale.

Lors de la riche session de questions-réponses qui a suivi, de nombreux points ont été abordés, tant sur la politique extérieure qu’intérieure de la Russie. Les débats ont notamment porté sur le poids réel des sanctions internationales sur l’économie russe, la place de la Russie dans les affaires internationales et notamment en tant que « partenaire mineur » de la Chine ; mais également sur les questions de démocratie, de pérennité du régime, ou du fonctionnement des instances dirigeantes. La session de questions-réponses a été l’occasion pour Marie Mendras d’insister sur le fait que les Russes se sentent avant tout Européens, tant géographiquement que culturellement parlant, et que ce n’est d’après elle qu’en appartenant plus à cet espace que la Russie pourra jouer un plus grand rôle sur la scène internationale.

Sandrine Fontaine, Liu Xu (刘旭), Marie Mendras, Florence Padovani et Fang Lexian (房乐宪) à l’Université du Peuple

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Is Russia Still a Great Power?

Lors de sa seconde intervention au College Schwarzman de l’Université de Tsinghua ayant rassemblé une vingtaine de participants, en continuation avec la précédente conférence, Marie Mendras a centré son exposé sur le rôle de la Russie sur la scène internationale remis dans un contexte historique de grands changements durant ces trente dernières années.

Marie Mendras durant son exposé – Schwarzman College

Marie Mendras est dans un premier temps revenue sur l’importance des événements historiques des années 1989-1991 ayant mené à la chute rapide et pacifique de l’URSS, point de départ de changements drastiques dans le pays. Elle a avancé que pendant les années de transformation de la fin des années 1980 jusqu’en 1991-1992, la grande majorité des 300 millions de Soviétiques ont accueilli avec enthousiasme les réformes politico-économiques, avant que celles-ci ne conduisent à une grave crise économique dès 1992. Pr. Mendras a mis l’accent sur la perception des Russes, qui ont, comme les autres Républiques soviétiques, voté pour la pleine souveraineté de leur république (la Fédération de Russie) mais ont dans le même temps perdu le statut de super puissance. A partir de 1991, Moscou n’est plus la capitale d’un empire, mais d’un État de 145 millions d’habitants. Alors que l’Ukraine, les Républiques baltes, la Géorgie, l’Arménie ont bâti une identité nationale sur la sortie de l’empire russe, il était beaucoup plus difficile pour les Russes de refonder une identité propre après l’effondrement de l’URSS et du camp socialiste. Ceci, ajouté à la proactivité des Européens à vouloir ramener ces nouveaux pays sous l’égide des institutions « occidentales », a cristallisé chez les élites russes un sentiment de frustration entachant leurs relations avec l’Europe et plus généralement les pays d’« Occident ».

En effet, pour Moscou, l’essentiel était qu’aucune des anciennes Républiques soviétiques ne devienne membre de l’Union Européenne (UE) ou de l’OTAN. C’est ainsi que les autorités ont justifié l’intervention militaire russe en Géorgie en 2008 mais au prix d’une dégradation des relations entre la Fédération de Russie et ses partenaires occidentaux. Selon Pr. Mendras, le conflit ukrainien de 2014 est le point de basculement ; intervenir dans le Donbass, après avoir annexé la Crimée, était une erreur qui a coûté cher à la Russie : isolement diplomatique, réduction des échanges avec les pays occidentaux, et sanctions ciblées qui ont touché les dirigeants et les milieux d’affaires russes.

Marie Mendras et Florence Padovani – Schwarzman College

De fait, Marie Mendras explique la logique sous-jacente à cette position de confrontation directe malgré les préjudices subis. Il y a tout d’abord des raisons internes : le régime Poutine n’a plus le même soutien de la société et des élites, car le pays est de plus en plus mal gouverné et le mécontentement monte ; il est tentant d’utiliser les conflits extérieurs, et le slogan de « la nation en danger » pour remobiliser la population, et rester au pouvoir. De plus, dans le monde globalisé actuel, la Russie n’est plus une superpuissance. En dépit de ses richesses en matières premières, elle perd de l’influence dans la plupart des régions du monde face aux acteurs économiques dominants que sont les Etats-Unis, l’UE et la Chine. Par ailleurs, les dirigeants russes se méfient du multilatéralisme – économique, diplomatique et sécuritaire – et deviennent un « partenaire junior » de Pékin dans les grands projets chinois. L’utilisation de la subversion (cyber-attaques, fake news, désinformation) ou de l’engagement militaire est donc pour la Russie un moyen de rester sur le devant de la scène internationale en adoptant ce rôle de « déstabilisateur » des pays démocratiques.

En conclusion, Pr. Mendras considère toujours la Fédération de Russie comme un grand pays, mais qui n’est plus ni compétitif ni attractif et a en quelques sortes « perdu la bataille de la mondialisation » en creusant le retard avec la Chine ou de l’UE, et en perdant la relation stratégique privilégiée qu’elle avait avec les États-Unis. La Russie semble orpheline de son statut de superpuissance et ne paraît pas capable, ou peu encline, à faire des compromis et des ajustements pour construire de nouvelles relations dans les instances multilatérales. De fait, les groupes dirigeants ont peur des réformes et du changement, ils sont réticents à prendre des risques, car ils veulent garder le pouvoir à tout prix. Néanmoins, Marie Mendras voit dans l’Ukraine un exemple dont la Russie pourrait s’inspirer pour essayer, dans les 10 ou 20 ans à venir, d’intégrer et d’appartenir à un grand espace : l’espace européen.

La session de questions-réponses suivant cette présentation a été animée de questions très pertinentes ayant trait à la possibilité d’une inclusion plus grande de la part des Européens après la chute de l’Union Soviétique, aux erreurs commises par les Européens dans leur aide aux réformes en Russie à cette époque, mais également à des questions identitaires, notamment sur le concept de « monde russe » et le fait que la construction de l’identité nationale ne peut se fonder sur la notion d’État-nation russe, car la Russie ne l’a jamais été. Aborder cette thématique a permis à Marie Mendras d’expliquer que les actions hostiles de Poutine vis-à-vis des pays voisins ont abouti au résultat inverse de celui escompté : l’Ukraine est sortie de l’orbite russe, et Moscou perd peu à peu sa sphère d’influence. Enfin, les débats se sont conclus sur l’utilisation à la fois des cyber-attaques et de la force militaire, qui constituent désormais les principaux instruments de l’arsenal russe dans la confrontation avec les démocraties libérales.

Conférences de Marie Mendras sur la politique russe – 18 et 19 avril 2019

A l’occasion de sa venue à Pékin, vous êtes invité.e.s à participer aux prochaines conférences de la chercheuse française Marie Mendras, spécialiste de la politique russe !

La première conférence se déroulera à l’Université du Peuple (人民大学) dans le bâtiment international Mingde en salle de réunion 406 le jeudi 18 avril 2019 de 12:30 à 14:30, avec pour thème «Elites in Russia: Leadership Groups Vs. Non-ruling Elites».

La deuxième conférence se tiendra au Schwarzman College de l’Université de Tsinghua le vendredi 19 avril de 11:00 à 12:30 et sera centrée sur «Is Russia Still a Great Power?».

Lors de ses interventions, Pr. Marie Mendras reviendra sur les dilemmes auxquels le pouvoir russe est confronté de nos jours, tant sur la scène internationale que dans sa politique interne.

Ces événements sont ouverts à tous ! Veuillez vous inscrire par mail à contact@beijing-cfc.org pour la première conférence ; et scanner le QR code sur l’affiche ci-dessous pour participer à la deuxième conférence.

Les conférences se tiendront en anglais.

Venez nombreux !

 

 

 

Conférence « Images et communication politique au Moyen Âge », par Patrick Boucheron


Le Centre franco-chinois de l’université Tsinghua,
en partenariat avec l’Ambassade de France en Chine,
vous convie à la conférence
du professeur Patrick Boucheron intitulée

Images et communication politique au Moyen Âge

La conférence aura lieu le mercredi 12 décembre de 15:30 à 17:30, dans la salle de conférence n°3 de l’hôtel Jiasuo de l’université Tsinghua. Elle sera tenue en langue française (avec traduction consécutive en chinois).

En raison du nombre limité de places, il est fortement conseillé de s’inscrire au préalable, par mail :
contact@beijing-cfc.org .

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Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous l’avez déjà vue. On l’appelle « fresque du Bon gouvernement ». Ambrogio Lorenzetti l’a peinte dans le palais communal de Sienne en 1338, dix ans avant que la Peste noire ne le précipite dans la mort. Elle captive aujourd’hui encore par le foisonnement de ses détails et la force de ses allégories. Mais comment rendre compte de son mouvement d’ensemble ? En rendant l’œuvre au climat d’urgence qui l’a suscitée et qui lui donne sens, Patrick Boucheron lui restitue sa fraîcheur et sa puissance, son sens politique et son actualité. Dans cette conférence, Patrick Boucheron démontrera la dialectique existant entre les images du pouvoir et le pouvoir des images. 

Patrick Boucheron est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe – XVIe siècles) ». Il est également président du conseil scientifique de l’Ecole française de Rome, directeur de la collection « L’univers historique » aux éditions du Seuil et membre du comité de rédaction de la revue L’Histoire. Il s’intéresse à l’écriture et à l’épistémologie de la discipline historique. Il a consacré de nombreux travaux à l’histoire politique et urbaine de l’Italie de la Renaissance, depuis sa thèse Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan, XIVe-XVe siècles (École française de Rome, 1998). Il a notamment publié Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Faire profession d’historien (Publications de la Sorbonne, 2010), L’Entretemps. Conversations sur l’histoire (Verdier, 2012), Conjurer la peur. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013). Il a dirigé Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009) et plus récemment Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017) qui sera publié en mandarin chez Wipub à la fin de l’année 2018.

Inscription par mail : contact@beijing-cfc.org

Patrick Boucheron donnera d’autres conférences dans le cadre du cycle de conférences « Ecrire l’histoire » de l’Ambassade de France.
Plus d’informations sur le site Faguo Wenhua.

Conférence Patrick Boucheron 12 décembre @ Tsinghua

Conférence « Which Dialogue between Europe and China », par Claude Meyer

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Le nombre de place ayant été atteint, la conférence est désormais complète.

Le Centre franco-chinois de l’université Tsinghua, en partenariat avec le bureau de représentation de Sciences Po à Pékin, vous convie à la conférence du professeur Claude Meyer intitulée

Which dialogue between Europe and China?

La conférence aura lieu le mercredi 05 décembre de 18:00 à 19:15 et sera tenue en langue anglaise.

Face à un Occident atteint d’une forme de fatigue démocratique, la Chine poursuit résolument sa marche vers la superpuissance. Ce défi chinois, aujourd’hui économique et géopolitique, sera aussi à terme idéologique et culturel. Rivalité pour la suprématie mondiale, visions politiques incompatibles, choc des cultures : les relations entre la Chine et l’Occident seront-elles dominées par l’affrontement ? Claude Meyer répond à ces interrogations dans son ouvrage paru en mai 2018 « L’occident face à la renaissance de la Chine : Défis économiques, géopolitiques et culturels ». Cet essai poursuit un double objectif : décrypter les ambitions planétaires de la Chine et esquisser les contours d’un dialogue sino-occidental ouvert mais exigeant, sans angélisme ni diabolisation.Hors du champ politique, il existe en effet des domaines dans lesquels un dialogue approfondi entre l’Occident et la Chine permettrait de faire émerger les valeurs communes sur lesquelles fonder des coopérations ambitieuses et rendre ainsi plus habitable ce monde instable, miné par les inégalités et menacé par la montée des nationalismes. Un ouvrage pour mieux se préparer aux profonds bouleversements entraînés par l’irruption de la Chine dans un ordre mondial qu’elle entend remodeler.

Claude Meyer: Conseiller au centre Asie de l’IFRI, Claude Meyer enseigne l’économie et les relations internationales à Sciences Po. Docteur en économie, diplômé en philosophie, sociologie et études asiatiques, il a notamment publié Chine ou Japon : quel leader pour l’Asie ?, Presses de Sciences Po, 2010 et La Chine, banquier du monde, Fayard, 2014 (colauréat du prix Turgot 2015).

Inscription par mail : contact@beijing-cfc.org

Conference, « China’s Belt and Road Initiative: A Catalyst for Economic, Financial, and Good Governance Reforms? » , 24 avril 2018

The Tsinghua University Sino-French Research Centre and the Carnegie–Tsinghua Center for Global Policy are pleased to invite you to a conference with Jean-François Huchet, Shi Zhiqin and Wang Xinsong :

« China’s Belt and Road Initiative:
A Catalyst for Economic, Financial, and Good Governance Reforms? »

April 24, 2018 – 2:30 PM – 4:30 PM

Carnegie-Tsinghua Center
Sohu Internet Plaza 1
Zhongguancun East Road, Building 9, Suite 402

Registration is required to attend this event
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JeanFrançoisHuchet site CFCJean-François Huchet

Jean-François Huchet is vice-chancellor for research, director of the Centre for Asian Studies, and professor of economics at the National Institute for Oriental Languages and Civilizations in Paris.


Shi_Zhiqin_color2Shi Zhiqin

Shi Zhiqin is a resident scholar at the Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy, where he runs the China-EU Relations program and the China-NATO dialogue series.


ShiZhiqin site CFCWang Xinsong

Wang Xinsong is an associate professor at the Beijing Normal University School of Social Development and Public Policy. His recent research focuses on the political risks of China’s overseas investments and their impact on the governance of developing countries.


Since its unveiling in 2013, the Belt and Road Initiative (BRI) has developed into a sweeping global project with profound implications for the international financial system, China’s own growth model, and governance in China and in countries along the Belt. The cornerstone of President Xi Jinping’s effort to reposition China as a global economic leader, the BRI has the potential to deepen international integration and alter financial standards and good governance practices.

Despite China’s promises of communal contributions and shared benefits, many in the West remain uncertain whether the BRI will reform or merely maintain preexisting norms and values. To what extent will the new China-backed financial institutions, the Asian Infrastructure Investment Bank and New Development Bank, compete with the traditional Bretton-Woods organizations? And how will the internationalization of China’s economy shape the nation’s domestic financial systems? Finally, how can China promote transparency and accountability within and beyond its borders as the BRI develops?

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Compte-rendu de la journée d’étude – 15 ans du CFC

Le 15e anniversaire du Centre de recherche franco-chinois en sciences sociales de l’Université Tsinghua a été célébré le 11 novembre 2017 au cours d’une journée de conférence internationale sur le thème des migrations.

L’événement s’est tenu en présence d’une trentaine de participants, universitaires, étudiants et auditeurs libres.

Après les allocutions d’ouverture de madame Stéphanie Balme, Attachée de coopération universitaire auprès de l’Ambassade de France en Chine, monsieur le professeur Shi Zhiqin, chancelier de la faculté de Sciences sociales de Tsinghua et de Chloé Froissart, directrice du Centre franco-chinois. NN1+wd0oSrisUgOQB3SrOg_thumb_11e1 53sm6uZGRX+wtCJVa3Bo2Q_thumb_11cf

La conférence inaugurale fut donnée par Laure Zhang, professeur auprès de l’université de Genève. Cette présentation a mis en avant les apports théoriques français aux sciences sociales et à la pensée critique, de l’école positiviste jusqu’à Pierre Bourdieu.

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La matinée fut consacrée à l’action des États à l’égard des migrants et fut marquée par les interventions d’Éric Florence, directeur du Centre d’Études français sur la Chine contemporaine, et de Wang Jianhua, chercheur à l’Académie chinoise des Sciences sociales. Éric Florence s’est focalisé sur la catégorisation dont font l’objet les migrants internes en Chine et les représentations attribuées et subies. Wang Jianhua s’est quant à lui intéressé à la manière dont les autorités chinoises ont fait face aux manifestations de travailleurs migrants dans le Guangdong.

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La thématique des répertoires collectifs d’actions et des différences entre les syndicats et les organisations non gouvernementales et de leur attitude vis-à-vis des migrants a été développée par la doctorante à l’université de Tsinghua, Liu Yan.

Swanie Potot s’est quant à elle penché sur la participation des migrants aux mobilisations citoyennes à la frontière franco-italienne. Sa présentation a mis en exergue la faible participation des migrants à ces mobilisations collectives, jugées trop éloignées de leurs intérêts immédiats.

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La dernière partie de la journée d’étude fut consacrée aux formes d’intégration, d’appartenance et de citoyenneté vécues par les migrants, dans un cadre plus large. Dominique Vidal, professeur de Sociologie à l’université Paris Diderot à ainsi axé sa présentation sur l’expérience des migrants mozambicains à Johannesburg. Il a notamment démontré que les structures d’apartheid, bien qu’officiellement aboli depuis près de 25 ans, subsistent à l’égard de cette minorité. La xénophobie sud-africaine envers les populations africaines immigrées oblige ces dernières à s’adapter, en se rendant « invisibles ».

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Chloé Froissart et Cinzia Losavio, doctorante auprès de l’Université Paris 1, ont présenté au cours d’une communication conjointe sur les effets observés de la politique de logement et les réformes du Hukou, le permis de résidence chinois, à Zhuhai (province du Guangdong).

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Jin Jun, professeur de sociologie à l’université Tsinghua, a abordé la relation entretenue entre les fonds de prévoyances logement et les travailleurs migrants.

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Sheng Mingjie, lectrice en sciences de l’urbanisme à l’université de Tianjin, a présenté les résultats de sa recherche sur les caractéristiques sociospatiales des diplômés à faibles revenus. 5y3dbLUISv+PKZv3ihHYvA_thumb_11e9

Le succès de cette journée d’étude a été permis par des échanges riches entre chercheurs français et chinois des différentes des sciences humaines et sociales

Un débat passionné, portant sur l’ensemble des communications de la journée et animé par Chloé Froissart, Guo Yuhua et Jin Jun, a conclu cette journée d’étude.

La traduction-interprétariat de cette journée d’étude internationale a été assurée par madame Li Hua (李华女士).

Seconde conférence de Laure Zhang, La construction européenne : la contradiction du post-national et de la démocratie, mercredi 15 novembre 2017

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Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua et le Centre pour les études en sciences humaines et sociales de l’université Tsinghua ont le plaisir de vous inviter à la seconde conférence de Laure Zhang, le mercredi 15 novembre 2017.

La construction européenne : la contradiction
du post-national et de la démocratie

À la fin de la guerre froide, l’Union européenne apparaissait comme la communauté humaine la plus idéale et la plus attirante. Si l’engagement pour la paix perpétuelle sur le continent européen après un second conflit mondial particulièrement violent et meurtrier a été le point de départ de l’établissement par six pays démocratiques de cette structure de coopération économique, la fin de la guerre froide en Europe dans les années 1990 a été le moteur direct pour la création du marché monétaire unique. La réunification des deux Allemagnes a donné naissance à un imaginaire politique rassemblant les Etats européens sur la même base démocratique.

L’idée de créer un gouvernement constitutionnel démocratique post-national basé sur des valeurs fondamentales communes a structuré la philosophie, la politique et la vie quotidienne des habitants de ce continent et des citoyens de l’Union. Mais elle est aujourd’hui confrontée aux grands défis provoqués par de multiples crises survenues depuis 2008 (la crise de la dette, la crise migratoire, le terrorisme, la montée des populismes anti-européens et le Brexit de 2016). Beaucoup d’Européens pensent que le partage de la souveraineté des États membres a affaibli en même temps la base démocratique de l’Union. Certaines critiques voient dans la construction de l’Europe un processus de dé-démocratisation. Dans cette communication, l’auteur analysera cette crise démocratique à partir ses observations et expériences vécues en Europe.

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ZHANG Ning (Laure), professeure à l’Université de Genève, est historienne du droit chinois, impérial et moderne, notamment de la question de la peine capitale de la Chine. Elle est membre du Centre d’études sur la Chine Moderne et Contemporaine de l’EHESS (Paris) ainsi que des Rencontres Internationales de Genève. Zhang Ning a également traduit de nombreuses œuvres françaises en chinois, notamment « l’Ecriture et la différence » de Derrida.  

Modérateur: Wang Hui, Professeur, Institut des sciences humaines, Université Tsinghua, Directeur de l’Institut des hautes sciences humaines et sociales;

Ce séminaire se tiendra en chinois.

 14:00 – 16:30 
 Tsinghua University, Tushuguan Yifuguan Gaoting
清华大学图书馆逸夫馆告厅

Conférence de Laure Zhang : « L’extension des crimes sexuels sous les Qing et leurs particularités », 14 novembre 2017


Site Laure Zhang

Le Centre franco-chinois en sciences sociales de l’université Tsinghua et la faculté de droit de l’université Tsinghua ont le plaisir de vous inviter à une conférence de Laure Zhang le mardi 14 novembre 2017.

L’extension des crimes sexuels sous les Qing et leurs particularités

Un grand nombre d’études démontre que la Chine est un pays ayant une longue histoire documentant la relation homosexuelle entre hommes. Certains pensent même que « après la dynastie des Han, bien qu’elle soit tantôt mieux acceptée tantôt non, la société chinoise traditionnelle la tolérait à condition que les hommes accomplissent leur devoir de perpétuation de leur lignée». En effet, dans sa longue histoire juridique, la Chine ne présente pas de lois visant spécifiquement les relations homosexuelles jusqu’à la dynastie Qing, où une loi est promulguée pour punir les rapports sexuels consentis entre hommes.

Cette conférence vise à clarifier la nature de cette mesure juridique inventée sous les Qing. Elle sera divisée en trois parties. La première partie mettra en exergue la logique traditionnelle sous-tendant la législation chinoise sur les crimes sexuels avant les Qing. La deuxième partie analysera la particularité et les paradoxes de l’assimilation de la sodomie aux crimes sexuels par le législateur des Qing ; et dans la troisième partie, nous essayerons de souligner que le véritable objectif de cette législation ne visait pas l’homosexualité de manière générale mais seulement certains actes jugés nuisibles à l’ordre social.

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ZHANG Ning (Laure), professeure à l’Université de Genève, est historienne du droit chinois, impérial et moderne, notamment de la question de la peine capitale de la Chine. Elle est membre du Centre d’études sur la Chine Moderne et Contemporaine de l’EHESS (Paris) ainsi que des Rencontres Internationales de Genève. Zhang Ning a également traduit de nombreuses œuvres françaises en chinois, notamment « l’Écriture et la différence » de Derrida.  

Modérateur: Su Yigong, Professeur à la faculté de droit de l’université Tsinghua.

Mardi 14 novembre 2017
15:15 – 18:00
Tsinghua University, Law Faculty, 6教, B203 教室 
清华大学法学院明理楼内6教 B203 教室

Cette conférence se tiendra en chinois.