14 décembre 2020 – Atelier : « Devenir patrimoine aujourd’hui en Chine » (2)

Le 14 décembre 2020 s’est tenue la seconde partie du séminaire de recherche organisé conjointement par le Centre franco-chinois (CFC) et l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) de Pékin intitulé « Devenir patrimoine aujourd’hui en Chine : la valorisation des pratiques et savoir-faire traditionnels, entre trajectoires d’acteurs et constructions normatives ».

Une douzaine de chercheurs chinois et sinophones se sont rassemblés dans les locaux pékinois de l’EFEO pour une journée de travail sur le patrimoine culturel immatériel chinois (PCI, ou feiyi en chinois).

Dans les locaux de l’EFEO

Dans un premier temps, Pr. Yang Lihui (杨利慧), du Centre sur les études et le développement du patrimoine immatériel (非议研究与发展中心) de l’Université normale de Pékin (BNU), est revenue sur l’histoire du Centre et le développement des études sur le feiyi à BNU. Elle a également présenté la restitution d’une réunion portant sur la thématique du PCI s’étant tenue les 5 et 6 décembre 2020 à BNU.

Professeure Yang Lihui

Comme lors des deux demi-journées d’échanges des 3 et 4 décembre 2020 avec les chercheurs français et francophones, cette session a continué par le visionnage de deux courtes vidéos d’experts dans le domaine du patrimoine, celles de Nathalie Heinich et de Chiara Bortolotto, traduites simultanément par l’interprète Lin Lin (林琳). Celles-ci ont été suivies par des échanges animés entre les chercheurs chinois.

L’interprète Lin Lin traduisant les vidéos

L’après-midi, Guillaume Dutournier, directeur de l’EFEO ayant rejoint la conférence via Skype, et Florence Padovani, directrice du CFC, ont restitué les échanges des demi-journées de travail des 3 et 4 décembre.

Guillaume Dutournier en visioconférence

Les chercheurs chinois ont ensuite chacun pu présenter leurs travaux : Ju Xi (鞠熙), ethnologue à l’Université normale de Pékin, a présenté son terrain concernant la fête traditionnelle des bannières Jingxi Fanhui (京西幡会) dans un petit village près de Pékin.

Professeure Ju Xi (à gauche)

Su Junjie (苏俊杰), de l’Université de Kunming, est revenu sur les nouveaux problèmes, idées et méthodes de la conservation du PCI en s’appuyant sur ses recherches de terrain dans la province du Yunnan (à Dali et Lijiang).

Professeur Su Junjie (à droite)

Fan Qian (樊倩), architecte et urbaniste, a ensuite présenté un cas d’études de protection et de renouvellement urbain dans un complexe d’usines à Xi’an.

L’architecte Fan Qian (au milieu)

Ma Huijuan (马惠娟), de l’École d’ethnologie et de sociologie de l’Université des minorités du sud et du centre de la Chine (Wuhan), a abordé les croyances populaires à travers le prisme du feiyi en partant de son terrain d’études sur une petite île du golfe de Bohai, Jinzhou, où est célébré le culte à la déesse de la mer Mazu.

Professeure Ma Huijuan

Enfin, la doctorante à l’EHESS Wang Xiyan (王希言) est revenue sur le patrimoine écologique et sa conservation sur l’île de Kinmen (Taïwan).

La chercheuse Wang Xiyan (au milieu)

Des discussions entre les spécialistes ont suivi chaque présentation, et continuerons à travers des coopérations futures sur les thématiques de patrimoine culturel immatériel chinois.

La journée s’est achevée, pour ceux qui ont pu rester, autour d’un excellent dîner.

Les participants de l’atelier au restaurant

3-4 décembre 2020 – Atelier : « Devenir patrimoine aujourd’hui en Chine » (1)

Les 3 et 4 décembre 2020 s’est tenue la première partie du séminaire de recherche organisé conjointement par le Centre franco-chinois (CFC) et l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) de Pékin intitulé « Devenir patrimoine aujourd’hui en Chine : la valorisation des pratiques et savoir-faire traditionnels, entre trajectoires d’acteurs et constructions normatives ». Cet atelier a rassemblé sur Zoom et en présentiel à l’Ambassade de France en Chine des chercheurs français et francophones sur des thématiques du patrimoine culturel immatériel (PCI, ou feiyi en chinois), discutant de la définition même du PCI, ses diverses interprétations selon les pays, et la constante qualification et requalification de ses objets à la fois au sein et à l’extérieur des normes fixées.

Florence Padovani et Sandrine Fontaine du CFC

La journée d’étude du 3 décembre centrée sur la thématique de la patrimonialisation hors de Chine, les modèles de gouvernance et les paradigmes d’analyse, a débuté par le visionnage de trois courtes vidéos d’experts dans le domaine du patrimoine : Nathalie Heinich, sociologue et chercheuse au CNRS, a abordé la mise en valeur patrimoniale et la sociologie des valeurs lors d’une discussion préenregistrée avec la directrice du CFC, Florence Padovani, et le directeur de l’EFEO, Guillaume Dutournier. Chiara Bortolotto, anthropologue et chercheuse à l’EHESS, a ensuite présenté un exposé sur « L’expertise comme médiation : incarner et véhiculer la “bonne” gouvernance du PCI ». Enfin, Nicolas Adell, anthropologue et professeur à l’Université de Toulouse, a présenté « Deux formes d’authenticité dans le PCI français ». Ces vidéos ont chacune été suivi d’échanges modérés par Caroline Bodolec, anthropologue et chercheuse au CNRS.

Nathalie Heinich
Chiara Bortolotto
Nicolas Adell

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Le 4 décembre, les participants ont eu l’occasion de présenter leurs recherches de terrain. Dans un premier temps, des perspectives théoriques ont été avancées par Caroline Bodolec, qui a abordé la question du patrimoine en zone rurale à travers une anthropologie d’un mode de gouvernance par la culture via son terrain de recherche dans le Shaanxi sur les Yaodong ; puis Katiana Le Mentec, chercheuse au CNRS, a développé la nouvelle notion d’anthropotopie et le dispositif de mise en valeur de lieux d’exception, notamment au Sichuan.

Caroline Bodolec
Katiana Le Mentec

Les études de cas qui ont suivi ont touché aux villes et aux espaces naturels. L’historien de l’architecture Bruno Fayolle-Lussac est revenu sur le cas de « Xi’an (Shaanxi), un patrimoine en jeu dans une métropole de l’ouest de la Chine ». Judith Audin, chercheuse au Centre d’études français sur la Chine contemporaine de Hong Kong, a exposé ses recherches sur les espaces hybrides du patrimoine industriel en Chine à travers une étude de cas sur le district minier de Datong (Shanxi). Wang Xiyan, doctorante à l’EHESS, a ensuite exposé son cas d’étude sur la patrimonialisation naturelle et culturelle à Kinmen.

Bruno Fayolle-Lussac
Judith Audin
Wang Xiyan

Dans un deuxième temps, trois chercheurs ont présenté leurs cas d’études sur le patrimoine culturel immatériel. Lia Wei, professeure au Département d’archéologie de l’Université du peuple à Pékin, a présenté ses recherches sur « la calligraphie et son double : impact des techniques d’estampage sur le discours du PCI chinois et sur son évolution ». Laurent Chircop-Reyes, doctorant de l’IrAsia et du CECMC, est revenu sur « l’envers du feiyi, ou l’(in)authenticité mise en valeur : une culture de la martialité au Shanxi entre historicité et réinvention ». Enfin, Zheng Shanshan, doctorante à Lyon II, a présenté ses recherches sur « les troubles dans l’inventaire : stratégies de reconnaissance et tensions axiologiques dans les mises en liste des pratiques “rituelles et festives” » à travers son cas d’étude du nianli à Zhanjiang.

Lia Wei
Laurent Chircop-Reyes
Présentation de Zheng Shanshan

Les discussions entre spécialistes lors de ces deux demi-journées d’échanges ont été riches et fructueuses, ouvrant la voie à un travail collectif plus conséquent sur ces thématiques.

Guillaume Dutournier présentant la conclusion des échanges