Résumé du Séminaire jeunes chercheurs du 17 juin 2020

Le 17 juin 2020, le CFC a organisé en ligne le dernier Séminaire jeunes chercheurs du semestre, où Pierre Do et Gaël Bizet ont pu présenter leurs travaux de recherche.

Tout d’abord, Pierre Do, en quatrième année de doctorat à l’Université de Tsinghua en ingénierie hydraulique, nous a présenté sa thèse : « Exploring Synergies in the Water-Food-Energy Nexus by Using an Integrated Hydro-Economic Optimization Model for the Langcang-Mekong River Basin ». Celle-ci étudie les impacts du partage des ressources hydrauliques entre les 6 pays que traverse le Mékong – Chine, Myanmar, Laos, Thaïlande, Cambodge et Vietnam. Pour cela, il s’est concentré sur trois secteurs : l’eau (le fleuve), l’agriculture (l’irrigation des cultures) et l’énergie (les barrages).

Pierre Do prend également en compte la composante institutionnelle, en mettant en avant le rôle de la Lancang-Mekong Cooperation (LMC), créée par la Chine en 2016 et qui depuis est devenue l’instance politique décisionnaire dans la région.

Sa problématique s’attache à la manière dont les barrages – controversés vis-à-vis des impacts sur l’écosystème et des déplacements de population – peuvent être utilisés de façon positive. L’objet de son étude est de regarder comment améliorer la gestion des barrages, basée sur la coopération entre pays.

Pour cela, Pierre Do a construit un modèle intégrant trois paramètres – la production hydroélectrique, la production agricole par irrigation et le rendement de la pisciculture – à travers les trois composantes que sont les données hydrologiques, les infrastructures hydroélectriques (barrages et autres) et les zones d’irrigations et pratique de culture dans le bassin versant. Ce modèle vise à créer une « condition référence » servant de base pour ensuite y apporter des variations et ainsi formuler des scénarios possibles. Le modèle explique le fonctionnement d’un bassin versant et essaye de comprendre quelles sont les conséquences de la gestion des barrages sur les secteurs de l’hydrologie, l’hydroélectricité et l’irrigation.

Ce modèle met en lumière des compromis entre les différentes données. Son étude révèle ainsi que les barrages peuvent augmenter les revenus pour l’irrigation, et ce notamment en période de sécheresse, d’où la nécessaire coopération et le partage d’informations entre la Chine en amont et les autres pays en aval. Dans certains cas, l’utilisation de l’eau des barrages peut également améliorer la production piscicole, mais elle se trouve alors en compétition avec l’irrigation des cultures.

Enfin, Pierre Do soutient que la gestion de ce bassin a accentué le leadership chinois dans la région, lequel a travaillé en bonne intelligence pour développer économiquement la région grâce à la construction des barrages. Il conclut donc que les barrages sont positifs pour la coopération régionale. Florence Padovani nuance le propos en rappelant les manifestations des populations locales, notamment au Laos, qui se trouvent tributaires des actions de la Chine en amont du fleuve. De plus, les projets de construction de barrages chinois emploient souvent de la main d’œuvre chinoise au détriment des populations locales.

Lors de la séance de questions-réponses qui a suivi la présentation, Pierre Do est revenu sur les raisons du choix du sujet, et les relations qu’il entretient avec son directeur de thèse. La coopération intergouvernementale en Asie du sud-est dans le domaine hydraulique a également été abordée.

Arnaud Debauge lors de la séance de questions-réponses

 

Dans un second temps, Gaël Bizet, actuellement en master double diplôme entre l’École Centrale de Nantes et l’Université de Tsinghua en mécanique du solide et simulation, nous a présenté une introduction à la simulation (et l’expérimentation) en mécanique.

Tout d’abord, Gaël Bizet est revenu sur les notions physiques élémentaires que sont la mécanique, la méthode des éléments finis et la simulation. La mécanique des milieux continus est l’étude des mouvements dans l’espace d’un objet déformable que l’on considère dans son ensemble. Cela présente deux variables essentielles que sont la déformation de l’objet ainsi que la contrainte, ou pression interne, que celui-ci subit. La simulation est un outil de visualisation qui utilise un ensemble d’équations prédisant la réaction d’un objet dans une situation donnée. Pour la réaliser, on utilise la méthode des éléments finis : on effectue une sorte de maillage sur l’objet que l’on veut étudier – car considérer un objet dans son ensemble revient à le diviser en une multitude de points plus ou moins précis – pour pouvoir prédire son mouvement.

La simulation revient donc à appliquer la mécanique des milieux continus avec la méthode des éléments finis. Plus le maillage sera fin, plus la simulation ressemblera à la réalité. Le rôle de l’ingénieur est donc de faire un compromis entre la précision de la simulation et le coût de calcul (plus la simulation est précise et plus les coûts pour la réaliser sont élevés).

Pour illustrer ses propos, Gaël Bizet a présenté l’exemple du brasage, une méthode d’assemblage de métaux sur laquelle il a travaillé pendant un stage en entreprise. Cette technique est notamment utilisée dans les industries de précision comme l’aéronautique. Il lui a été demandé de créer une simulation pouvant modéliser les contraintes engendrées par le brasage sur une pièce finale. Quoique toujours une approximation, ce type de simulation est couramment utilisé dans ces industries de précision pour éviter au maximum les tests physiques, très coûteux, sur les pièces à tester.

Lors de la séance de questions-réponses qui a suivi la présentation, Gaël a présenté le sujet du mémoire de master qu’il rédigera l’année prochaine, et qui concernera une autre technique utilisée dans les matériaux : le moulage. Il va étudier l’influence des trous dans une pièce, créés par le moulage de celle-ci, sur la durée de vie de la pièce. Il se focalisera en particulier sur une pièce du réacteur d’un avion, pour pouvoir pronostiquer, selon le nombre, la taille, et la concentration des trous créés par le moulage, combien de vols, décollages et atterrissages ladite pièce pourra supporter.

Yannick Podgorski a ensuite souligné la potentialité de l’amélioration des simulations grâce aux nouvelles méthodes informatiques comme celle des ordinateurs quantiques apportant une plus grande puissance de calcul. Cela permettra de réduire le compromis entre précision de la simulation et coût du calcul.

Pour terminer ce Séminaire jeunes chercheurs, qui conclut également le cycle des Séminaires 2019-2020 du CFC, la directrice du Centre Florence Padovani a remercié l’ensemble des participants, et rappelé l’intérêt de ces Séminaires qui, avec des présentations d’étudiants en master et de doctorants, en sciences dites « dures » comme en sciences humaines et sociales, nous permettent de nous enrichir mutuellement.

Séminaire jeunes chercheurs – 7 mai 2020 (en ligne)

Le 7 mai 2020, le CFC a tenu un Séminaire jeunes chercheurs en ligne, rassemblant une dizaine de participants se trouvant à Pékin, en France et à Vancouver, pour écouter les présentations de Yannick Podgorski et Grégoire Bienvenu. Nous prévoyons de renouveler l’expérience pour la dernière séance de l’année au mois de juin.

Tout d’abord, Yannick Podgorski, doctorant en première année à l’Université des Sports de Pékin en sport et management, a présenté un exposé sur le sport et les médias à l’époque de la concession française de Shanghai, illustré par de nombreuses photographies d’époque.

Image : sources : Jai Alai : http://www.shanghaiartdeco.net/lost-treasure-shanghais-jai-alai-auditorium/ ;
Loisirs : 
https://www.flickr.com/photos/161392673@N02/27594950738/in/album-72157665777176527/

Yannick Podgorski a dans un premier temps présenté l’histoire des relations entre les pays occidentaux et la Chine durant la fin du XIXe siècle et le début XXe. Celles-ci ont été fortement marquées par les Guerres de l’opium, menées par les Occidentaux principalement en vue de forcer la Chine à ouvrir ses ports et son marché intérieur pour pouvoir développer le commerce. Ces guerres avaient également une portée missionnaire chrétienne. Les Traités inégaux conclus après les différentes Guerres de l’opium ont donné aux pays occidentaux de nombreux avantages commerciaux et religieux.

C’est dans ce contexte historique que la France, à l’instar d’autres puissances occidentales comme la Grande Bretagne ou les États-Unis, va aménager une concession française dans la ville de Shanghai, la plus grande concession de France à l’étranger, régie par le principe d’extraterritorialité et sous la responsabilité du Consul. Cosmopolite, rassemblant jusqu’à 40 nationalités différentes, la concession voit son apogée après la Grande Guerre.

Le sport et les pratiques sportives importées de France occupent une place importante dans la vie des « bourgeois » cherchant des moyens de se divertir, se rassembler, mais également de se montrer dans la concession. Sont notamment pratiqués la pelote basque, la boxe ou encore le mini-golf. Les passionnés se rassemblaient au Cercle sportif français ou encore au Parc des Sports Auditorium Jai-alai fort de ses 3 000 places assises en intérieur.

La presse écrite et la radio, déjà très développées pour l’époque, couvraient les divertissements sportifs, avec notamment le Journal de Shanghai qui contenait de nombreuses publicités sportives ainsi que des petits manuels touristiques indiquant les « bons plans » sportifs. La place prépondérante des médias et du sport dans les loisirs, conclut Yannick Podgorski, a façonné la concession de Shanghai à l’image de la France en y représentant sa culture sportive, et a contribué au rayonnement de la culture française.

Une session de questions-réponses après la présentation a été l’occasion pour Yannick Podgorski de rappeler l’importance du sport dans la société, non seulement pour le bien-être, mais aussi comme véhicule d’idée, un outil de « sport power » permettant aussi bien nationalement qu’internationalement de développer sa visibilité et d’accroître son influence. Pour finir, Florence Padovani a également rappelé quelques faits historiques avant de souligner l’intéressante ambiguïté dans l’approche des Chinois autour de l’héritage patrimonial de Shanghai, qui mélange fierté du grand passé de la ville et preuve de l’humiliation subie par la Chine face à l’occupation de forces étrangères.

Dans la deuxième partie du séminaire, Grégoire Bienvenu, doctorant en première année à La Sorbonne Nouvelle Paris 3 et à la Communication University of China, a fait sa présentation depuis Vancouver, où il était 6h du matin. Pour commencer, Grégoire est revenu sur l’histoire du développement du hip-hop en Chine, d’abord apparu dans les années 1990, et dont les premiers grands groupes sont devenus célèbres au tournant des années 2000. L’émission Rap of China, diffusée depuis 2017, marque un vrai tournant en faisant basculer le hip-hop de la scène underground à la scène grand public.

Grégoire Bienvenu, dont la thèse se concentre sur les enjeux socio-culturels liés au développement du rap chinois, approche le hip-hop chinois à travers deux thèmes : l’hybridité culturelle et l’ideotainment. L’hybridité culturelle observe la manière dont le hip-hop a été intégré par la jeunesse chinoise puis réinterprété pour présenter ses propres particularités. L’ideotainment, théorisé par Johan Lagerkivst, décrit l’instrumentalisation par le pouvoir politique de la culture pop. Cela se traduit par une constante négociation entre les rappeurs et les autorités.

Grégoire revient ensuite sur une étude réalisée le mois dernier pour une future publication dans Perspectives Chinoises, où il examine les réactions des rappeurs chinois face au Covid-19, notamment à travers l’analyse du vocabulaire utilisé dans leurs chansons parues pendant cette période. Pour illustrer ses propos, il ponctue sa présentation d’images, d’extraits musicaux et de courtes vidéos des rappeurs chinois.

On voit qu’au début de la crise sanitaire, le vocabulaire utilisé dans les chansons est mélioratif et apporte un message positif, en soutien au récit des autorités chinoises qui présente une Chine mobilisée dans la lutte contre le coronavirus. Les images utilisées ont également leur importance. Le monde médical est omniprésent, symbolisé à travers le masque chirurgical et la figure du médecin (tantôt héroïque ou guerrier), mais toujours décrit en termes généralistes et métaphoriques pour éviter une prise de position politique.

Toutefois, à partir de la troisième semaine, le vocabulaire utilisé évolue vers un lexique plus sombre et relatif à la mort, qui, même s’il paraît anodin ou peu critique, montre déjà une prise de position. Des mots tels que « Wuhan » ou « virus », non censurés dans les chansons mélioratives, se retrouvent réduits à leurs initiales pour éviter ce que Margaret E. Roberts appelle la censure poreuse, c’est-à-dire censurer ces mots quand ceux-ci se trouvent associés à un champ lexical négatif. Pour éviter la censure, les rappeurs déplacent le récit dans une fiction en évitant de mentionner ces mots-clés, ou décident de ne pas diffuser leurs chansons sur les plateformes d’écoute.

Extrait de la vidéo diffusée par Grégoire Bienvenu intitulée « Life is Beautiful ».

Malgré une critique du gouvernement parfois assez claire dans ses paroles, le hip-hop chinois ne doit pas être simplement ramené à un affrontement de David contre Goliath. Le modèle économique, qui découle principalement des performances sur scène, a été fortement impacté par l’arrêt de toute production live dû au coronavirus, et les artistes se doivent de continuer à publier malgré une critique à leur encontre d’opportunisme commercial. Grégoire Bienvenu soutient que dans le contexte chinois,  l’économie impose des normes qui structurent la composition musicale, et ce facteur est peut-être même plus important que le politique.

Pour conclure, Grégoire Bienvenu avance deux enseignements à tirer de cette étude : premièrement, le rap chinois, quoique pouvant paraître peu critique envers le gouvernement, n’est pas apolitique. Deuxièmement, même si les autorités contrôlent le contenu à travers la censure, le facteur économique joue un rôle majeur dans la prise de position des rappeurs et constitue la structure sous-jacente à la scène hip-hop chinoise.

Lors de la session de questions-réponses, Grégoire Bienvenu a pu différencier la scène hip-hop de la scène punk chinoise, bien plus critique car restée underground. De plus, en appliquant la théorie de l’ideotainment, le cas chinois peut être assimilé à la situation en Russie où les autorités ont ouvertement déclaré ne pas vouloir censurer le hip-hop, mais bien le réinterpréter, ce qui n’est pas le cas en Corée du sud ou au Japon. Grégoire a pu revenir sur la différentiation des groupes de rap selon leur ville (Chengdu, Xi’An ou encore Changsha) mais également selon les langues utilisées, comme le rap au Xinjiang, au Tibet ou encore en Mongolie intérieure qui parfois sont en dialecte local. Enfin, Grégoire Bienvenu a indiqué que les rappeurs chinois qui font des tournées à l’international, et notamment aux États-Unis, ne sont pas plus critiques pour autant. Ceux-ci n’utilisent pas les mêmes codes que dans le rap américain (sexe, crime, drogue) car ils ciblent principalement un public estudiantin chinois aisé – ici encore le poids économique semble être prioritaire – et marqué par le nationalisme chinois à l’étranger.

Cette session, quoique réalisée en ligne, a été très chaleureuse et a permis de rassembler des étudiants désormais aux quatre coins du monde.

Compte rendu du séminaire jeunes chercheurs du jeudi 12 décembre 2019

Le dernier Séminaire jeunes chercheurs du semestre d’automne 2019 a rassemblé une dizaine d’étudiants pour écouter les présentations de Pierre-Adrien Deffis et David Juilien.

Dans un premier temps, Pierre-Adrien Deffis, de HEC Paris et en année d’échange à l’Université de Tsinghua pour sa deuxième année de master, nous a présenté les facteurs à prendre en compte afin d’assurer une entrée réussie sur le marché chinois à travers les cas d’étude de Danone et SEB.

Après les réformes d’ouverture de 1978 et la libéralisation progressive du marché chinois vis-à-vis des entreprises étrangères, celles-ci ont pu dès les années 2000 passer d’un modèle de joint-ventures obligatoire à un modèle entièrement étranger, les WFOE (wholly foreign owned enterprises). Pierre-Adrien revoit l’histoire de la croissance et du déclin sur le marché chinois de Danone, entreprise de produits laitiers et bouteilles d’eau, qui s’est associée à l’entreprise chinoise de produits laitiers Wahaha dès 1995. Il présente son évolution et les dissidences qui se sont petit à petit installées entre ces deux associés aux objectifs différents, où Wahaha a commencé à concurrencer Danone. A travers une approche interactive, les participants au séminaire ont essayé de déterminer la réponse qu’aurait dû apporter Danone lorsque les conflits ont surgi.

Pierre-Adrien présente ensuite l’évolution sur le marché chinois de SEB, entreprise familiale devenue leader de l’électroménager en France. Après avoir discuté avec l’auditoire du meilleur choix entre créer une joint-venture ou une WFOE, en mettant en avant les avantages de chaque option, Pierre-Adrien montre comment SEB, en créant une WFOE, a sécurisé sa place sur le marché chinois dans le long terme. En effet, leur implantation s’est réalisée à travers un processus plus long, certes, mais qui a suivi les us et coutumes chinois dans le monde de l’entreprise, contrairement à Danone qui avaient adopté une approche beaucoup plus conflictuelle avec leurs partenaires chinois.

Ces deux cas d’études permettent à Pierre-Adrien de résumer les éléments clefs à suivre pour réaliser une implantation réussie sur le marché chinois d’après lui : il faut créer une relation de confiance et éviter les confrontations directes, communiquer de manière conséquente et s’adapter à la culture locale, trouver des valeurs communes et des ambitions partagées, investir en temps et en argent mais également mener un suivi régulier des activités pour éviter tout désagrément futur.

Dans un second temps, David Juilien, en quatrième année de doctorat à Paris VIII nous présente son sujet de thèse : « la géopolitique locale en Chine, de l’extraordinaire à l’ordinaire », qui se focalise sur l’étude des conflits dus à l’aménagement du territoire en Chine rurale dans la vallée du fleuve Nu et le barrage de Baihetan (au Sichuan et Yunnan). David Juilien a d’abord expliqué les choix de ses cas d’études, avant de s’attarder sur la méthodologie suivie. Celle-ci est articulée autour de quatre axes définis par la « méthodologie géopolitique locale » : les logiques résidentielle, politique, environnementale et économique.

A travers les entretiens que David Juilien a menés auprès de la population locale, il présente les différents conflits et paradoxes engendrés par la transformation de l’espace de vie due au réaménagement du territoire dans la vallée du fleuve Nu, où d’un côté cela permet le développement économique et touristique de la région, et ainsi lutte contre la pauvreté importante dans la région, mais où les modes de vie sont transformés (notamment dans le secteur agricole), les populations sont déplacées, et où la corruption locale détériore les processus de relocalisation.

Il en va de même pour la région entourant le barrage de Baihetan (à la frontière entre le Sichuan et le Yunnan), où des zones faciles à cultiver vont être submergées sans être compensées par des terres de même qualité plus à flanc de montagne. De plus, le contrôle des informations données au compte-gouttes à la population locale empêche les habitants d’avoir une connaissance holistique de leur situation de compensation et de relogement, ce qui met en exergue l’inégalité des potentiels conflits émergents.

Pour terminer sa présentation, David Juilien explique le conflit mené d’abord pas des ONG locales puis internationales vis-à-vis des projets de barrage sur le fleuve Nu contre la NDRC (Commission nationale pour le développement et la réforme). Ces actions ont mené à l’arrêt de 13 projets de construction de barrages dans cette vallée frontière du Myanmar, principalement pour des raisons environnementales.

Compte rendu du séminaire jeunes chercheurs du mercredi 25 septembre 2019

Le 25 septembre 2019 s’est tenu le premier séminaire de jeunes chercheurs organisé par le Centre franco-chinois de l’année 2019-2020.

Tout d’abord, ce séminaire a été l’occasion d’accueillir les nouveaux étudiants sur Pékin. Florence Padovani, directrice du CFC, ainsi que Sandrine Fontaine son assistante, ont présenté le CFC et ses activités, dont l’une des composantes principales est constituée par ces réunions qui visent à aider et conseiller les étudiant.e.s dans leurs recherches et sur le terrain, et leur offre également l’occasion de présenter leurs travaux.

Chaque participant.e s’est présenté.e en mettant en avant son parcours académique et/ou professionnel, les raisons de sa venue à Pékin, mais également ses perspectives et projets. Les personnes présentes ont des profils très variés, qu’elles soient en sciences sociales ou sciences dites « dures », de la licence au jeune professionnel, amenant ainsi de la richesse dans les discussions.

Dans un troisième temps, Juliette Jin, chargée de mission au Secteur de coopération scientifique et universitaire de l’Ambassade de France, est venue présenter les différents dispositifs d’aide à la mobilité des chercheurs et doctorants. Du côté français, trois programmes phares viennent encadrer ce soutien financier destiné aux étudiants et chercheurs souhaitant venir en Chine pour y étudier ou y réaliser des projets de recherche :

  • le programme Découverte Chine, pour un premier contact avec la recherche chinoise
  • le programme Xu Guangqi, apportant un soutien aux échanges scientifiques déjà amorcés
  • et le programme Cai Yuanpei, pour consolider les échanges scientifiques s’articulant autour de thèses en cotutelle ou en codirection

Le gouvernement chinois offre également des possibilités de soutien à la mobilité à travers la bourse du China Scholarship Council (CSC) et le programme Hanban (Confucius China Studies Programme) à destination des étudiants de tous les niveaux. Juliette Jin a passé en revue les différents critères et conditions pour pouvoir bénéficier de ces programmes.

Enfin, cette réunion s’est terminée par un petit pot de bienvenue, marquant le début de cette nouvelle année universitaire.

 

Presentation of Camille Boullenois : « Social mobility in rural China: a study of entrepreneurs in Taiqian County » , 9 March 2017

The Tsinghua University Sino-French Research Centre and the Sociology Departement of Tsinghua University are pleased to invite you to a presentation of Camille Boullenois, with Professor Liu Jingming (Professor of sociology at Tsinghua University):

CamilleBoullenois

Camille Boullenois

Camille Boullenois is a PhD student in the Department of Political and Social Change, College of Asia and the Pacific, ANU. Her research expertise relates to social relations and social change in contemporary China, especially pertaining to rural China, agricultural policy, entrepreneurship, social mobility, rural-urban migration. She also works as an analyst at China Policy, and contributes regularly to China Analysis and Oxford Analytica, writing on Chinese society and politics.

« Social mobility in rural China: a study of entrepreneurs in Taiqian County »

« 中国农村地区的社会阶层流动 : 以台前县的企业家为例 »

Camille Boullenois will present her current doctoral research on social mobility in rural China after 1978. The liberalisation reforms after 1978 have led to increased, though limited, social mobility. Preliminary findings suggest a continuation of previous communist elites, who took advantage of their position to take over collective enterprises, and adapted their strategies to assert and maintain their power in the local area. But a new group of private entrepreneurs also joined the ranks of this enduring elite, starting business from scratch, often after working several years in cities. These new entrepreneurs were mainly drawn from former wealthy families that undertook business activities before the Maoist revolution and re-emerged after 1978. The bottom line of this research project is to understand the power play between a new and an old (though very adaptative) elite, and how their dominance is constructed locally. These questions will be examined through the lens of power relations, by analysing day-to-day social and cultural practices, and by studying network resource, factional affiliation, kinship, and cultural capital to understand the changes in the power base of rural elites.

Discussants:

Liu Jingming, Professor of Sociology at Tsinghua University

Chloé Froissart, Director of the Tsinghua Sino-French Research Center

Thursday, 9 March 2017, from 2:00 pm to 4:00 pm

Tsinghua University

Xiong Zhi Xing Building 熊知行楼

Departement of sociology

Room 211

The seminar will be held in English and Chinese

« Peut-on moderniser les systèmes de primes dans les entreprises chinoises pour parvenir à un management plus performant économiquement et socialement ? »

Le Centre Franco-chinois de l’université Tsinghua a le plaisir de vous inviter à la présentation de Tang Ziyuan et de Jean Ruffier :

Tang Ziyuan

Doctorant au Centre de recherche en sciences de gestion Magellan de l’iae School of Management, Université Jean Moulin Lyon 3

Jean Ruffier

Professeur au Centre de recherche en sciences de gestion Magellan de l’iae School of Management, Université Jean Moulin Lyon 3

Discutant : Meng Quan, maître de conférences en sociologie du travail à la Capital University of Economics and Business

« Peut-on moderniser les systèmes de primes dans les entreprises chinoises pour parvenir à un management plus performant économiquement et socialement ? »

La Chine a connu un décollage qui a sorti plus de 400 millions de personnes de l’extrême pauvreté en une trentaine d’année. Ce développement s’est appuyé sur une industrie exportatrice de production de masse. Il n’a été possible qu’en reproduisant une organisation de type taylorien. Au bout de ces trente ans de croissance, l’augmentation du coût du travail et le rejet croissant du taylorisme obligeraient les entreprises chinoises à modifier en profondeur leur organisation du travail. Les auteurs ont fait le constat qu’en Chine, l’adaptation de la méthode socio-économique posait des problèmes de compétences, mais aussi, éventuellement, des problèmes politiques. A la suite d’un travail d’observation et d’analyse des coûts cachés dans plusieurs établissements de la ville de Tianjin (port maritime le plus proche de Pékin), un travail d’enquête-action a été engagé sur l’application du système de production Lean comme solution organisationnelle. A Tianjin, le système Lean est différent de son modèle japonais ; il en découle des dysfonctionnements spécifiques. L’idée de cette recherche est d’étudier la question des primes personnelles et collectives existantes afin de voir s’il n’est pas possible de parvenir à une amélioration de la performance économique et sociale en conditionnant l’obtention de ces primes à l’atteinte d’objectifs spécifiques et dont le mode de détermination optimal fait partie des finalités de cette étude.

Jeudi 8 septembre 2016, de 10h à 12h

Université Tsinghua, Mingzhai Building, salle 349A

Liu Jifeng, « The Passing of Glory: Urban Development, Local Politics, and Christianity on Gulangyu Island, Xiamen », November 23 2015

The Tsinghua University Sino-French Research Centre is pleased to invite you to the following presentation (in Chinese) :

YMBLiu Jifeng

PhD candidate in sociology at Leiden University Centre for the Study of Religion and recipient of the CEFC short-term mobility grant for doctoral research

« The Passing of Glory: Urban Development, Local Politics, and Christianity on Gulangyu Island, Xiamen »
« 逝去的荣耀:城市发展、地方政治与厦门鼓浪屿的基督教 »

After the defeat of Qing government in the First Opium War, Xiamen was forcibly opened to the outside world as a trading port. At the same time, Christianity entered. As increasingly more westerners came, Gulangyu was thrust into a Western-led modernization process, in which Christianity played a major role in reshaping the sociocultural context of the island. Trinity Church, built in 1934, was a witness to the prosperity of Christianity on this island. Despite the harsh repression during Mao’s political campaigns, Trinity Church survived and revived after its reopening in the late 1970s. However, the church was doomed to decline because of the state-led commercialization driven by the development of tourism on the island. As Gulangyu experienced rapid social, cultural, and demographic changes, Christianity on the island in general and Trinity Church in particular were inevitably affected. This research, based on ethnography of Trinity Church, reveals the fate of Christianity on the changing island.

该讲座奖用中文举行

Monday, November 23, 2015, from 14:00 to 16:00

Tsinghua University Mingzhai Building, Room 337