Compte-rendu du séminaire jeunes chercheurs – 9 mai 2019

Le 9 mai 2019, le CFC a organisé un séminaire à destination des jeunes chercheurs qui a vu trois étudiants présenter leurs travaux de recherches en sciences sociales sur les thématiques d’architecture et de relations internationales, notamment dans le domaine de la sécurité. Nous avons eu le plaisir d’accueillir à cet occasion Mr. Jean-François DOULET, attaché du secteur de coopération universitaire et scientifique de l’Ambassade de France en Chine.

Tout d’abord, Renaud CRUELLS (河龙), étudiant en deuxième année de master à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris la Villette (ENSAPLV) en échange à l’Université de Tsinghua, nous a présenté son mémoire de master qui revient sur la coopération franco-chinoise en matière d’architecture de 1982 à nos jours.

Après avoir présenté ses méthodes de recherches, basées entre autres sur des entretiens avec différents acteurs de cette coopération, Renaud est dans un premier temps revenu sur les événements historiques marquants où s’est illustrée cette coopération – telle que l’exposition universelle de Shanghai. Il s’est ensuite intéressé aux collaborations culturelles entre les deux pays en matière d’architecture, rendue notamment possible grâce au rôle proactif de l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine, basé à Paris, ou encore grâce à la création d’ateliers croisés permettant les échanges de bonnes pratiques.

Le cœur de son sujet réside néanmoins dans la coopération politique franco-chinoise en matière d’architecture, en particulier à travers le programme présidentiel lancé sous Jacques Chirac et Jiang Zemin (江泽民) de 1998 à 2005 qui a permis à 150 architectes, urbanistes et paysagistes chinois de venir étudier en France. Ces échanges ont eu un impact durable sur la coopération franco-chinoise en matière d’architecture puisque les liens créés pendant leur séjour en France ont ensuite facilité une implantation des professionnels français en Chine, tout en véhiculant une vision et un apprentissage français de la matière aux praticiens chinois.

Giovanni GIAMELLO (胡乔), étudiant en deuxième année de master à l’Université de Aalborg en échange à l’Université des relations internationales, a pris le relai pour nous présenter son mémoire de recherche qui se focalise sur les relations entre la Chine et l’Union Européenne (UE) en matière de sécurité et étudie dans quelle mesure une coopération militaire en Afrique est possible.

Après avoir justifié le choix de cette thématique, Giovanni utilise le prisme de l’institutionnalisme néolibéral à travers la théorie de la coopération internationale pour traiter son sujet, mettant en exergue les caractéristiques de la situation géopolitique grâce aux notions de relations internationales telles que la « préférence au niveau des résultats », la réciprocité, la réputation, la confiance mutuelle, l’interdépendance etc.

Pour illustrer ses propos, Giovanni a choisi trois cas d’études, qui sont le Golfe d’Aden (près des côtes somaliennes), la République centrafricaine, et le Mali, où la coopération militaire entre la Chine et l’UE se décline de manière très différente. En effet, la coopération militaire dans le Golfe d’Aden a vu la formation de trois grandes coalitions, quand celle-ci est beaucoup plus limitée au Mali et se déroule principalement sous l’égide des missions de l’ONU. Pour conclure, la coopération militaire entre l’UE et la Chine en Afrique est possible, mais reste pour le moment multiple et limitée. Quant à un possible coopération trilatérale, celle-ci paraît pour le moment improbable, la partie chinoise privilégiant notamment les relations bilatérales avec ses partenaires africains.

Le dernier exposé de ce séminaire a été présenté par Iris MARJOLET (伊利斯), doctorante en troisième année à l’Institut national des langues et cultures orientales (INALCO) de Paris et présentement basée à l’Université du Peuple. Celle-ci a focalisé ses recherches sur la diplomatie de défense chinoise en Amérique Latine, en prenant notamment les cas de coopération bilatérale de défense avec le Venezuela et le Brésil.

Iris a d’abord examiné l’état de la littérature existante, indiquant un vide théorique de la coopération de défense bilatérale ainsi que l’absence de documentation fournie sur les perspectives chinoises ou d’Amérique Latine – la littérature présentant majoritairement un point de vue étasunien de la question. En introduisant le cadre théorique de la « diplomatie militaire / de défense et de sécurité », elle montre l’importance de la pluralité des définitions selon la perspective choisie.

Iris a également rapidement balayé la situation géopolitique en la matière, tout en justifiant le choix du Venezuela et du Brésil à travers les caractéristiques de coopération bilatérale de défense actuelle. En effet, le Venezuela présente des liens assez forts avec la Chine en matière de coopération militaire, en particulier grâce à la vente d’armes. Le Brésil quant à lui est le premier pays d’Amérique Latine à avoir signé un contrat de défense avec la Chine, même si l’arrivée du président Bolsonaro et son rapprochement avec les États-Unis apporte une incertitude sur sa réalisation concrète.

Discuter de cette thématique très sensible et où peu de littérature existe a été l’occasion pour les participants de comprendre de manière très concrète les défis que peuvent apporter la recherche dans le milieu des sciences sociales, et notamment pour tout ce qui touche au domaine de la sécurité. Florence Padovani, directrice du CFC, et Jean-François Doulet, tous deux détenteurs d’un doctorat en sciences sociales, ont ainsi pu apporter leurs conseils et suggestions sur la manière de faire face aux différents problèmes pouvant survenir durant les recherches.

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Ce séminaire a été l’occasion de rassembler une dizaine d’étudiants en sciences sociales mais également en sciences dures faisant leurs études de doctorat ou de master dans la capitale chinoise. La prochaine et dernière session de cette année scolaire verra donc des étudiants en sciences dures présenter leurs travaux, ce qui sera l’occasion de comparer les différentes approches et caractéristiques de la recherche en sciences humaines et sociales et en sciences dures.

Conférence de Pr. Bruno Fayolle-Lussac – jeudi 6 juin 2019

Le patrimoine : une notion « cannibalisée » à l’ère de la compétition urbaine généralisée.

Les paradoxes d’une politique locale du patrimoine d’un grand site urbain inscrit à l’UNESCO: le cas de « Bordeaux, « port de la lune ».

Le patrimoine est devenu progressivement depuis les années 1950 une notion floue, recouvrant, envahissant les champs de plus en plus divers de notre environnement à toutes les échelles des territoires, qu’il s’agisse de biens matériels et/ ou immatériels. Cette notion a été peu à peu cannibalisée par des enjeux notamment financiers, économiques, politiques… de plus en plus puissants. Dans le cas du plus grand site urbain inscrit au patrimoine mondial en 2007 – la ville historique de Bordeaux au cœur de la métropole de la région de la Nouvelle Aquitaine – Le label UNESCO a eu un fort effet de levier dans la promotion de l’image, de l’attractivité et du développement urbain de la ville et de la métropole sur le plan touristique et plus largement économique au risque, d’une part, de figer le grand centre historique au profit des territoires urbains de la périphérie, voire au-delà dans les années à venir et, d’autre part, de créer une confrontation directe entre la forme urbaine héritée et protégée,figée et dominée par la production actuelle de programmes d’architectures contemporaines, censées renforcer l’attractivité et le statut de la métropole dans le contexte actuel de la compétition urbaine généralisée (global urban competitiveness) ici à l’échelle nationale, voire européenne.

Bruno Fayolle-Lussac – présentation

Historien de l’architecture et archéologue, professeur honoraire de l’Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage (ENSAP) de Bordeaux depuis 2006. Il a entre autres été membre du CLUB du patrimoine mondial UNESCO de Bordeaux de 2009 à 2014.

Ses recherches portent principalement sur les évolutions des rapports entre le patrimoine et le développement urbain (enjeux et paradoxes), notamment à partir d’études de cas (Chine/France), dans le contexte actuel de globalisation de la circulation des modèles et des pratiques.

Ses plus récents ouvrages et articles incluent :

2018: Françoise Blanc, Olivier Brochet, Bruno Fayolle Lussac, Villes fortifiées en projet – les ateliers de Jingzhou et Xiangfan (Hubei) Chine. (Bordeaux, MSHA, 2 018, 129 p.)

2008: Fayolle Lussac Bruno, Papillault Rémi, Ed., Le Team X et la question du logement collectif : éléments d’une problématique, Bordeaux, MSHA, .

2007: Fayolle Lussac Bruno, Høyem Harald, Clément Pierre, Ed., Xi’an – an Ancient City in the Modern World Evolution of the Urban Pattern (1949-2000), Paris, Editions Recherches, 299 p.

2017: Thierry Sanjuan, Bruno Fayolle Lussac, « La Chine vue d’en bas, les petites villes enjeu du développement », Espace Géographique, n° 4, p. 292-304.

2017: « Que faut-il regarder, que faut-il sauvegarder? », Michèle Larue-Charlus dir., Bordeaux 50 ans d’héritage 1967-2017 Du secteur sauvegardé au site patrimonial , DGA, Bordeaux, 271 p.(p. 8-12).

Compte-rendu des conférences de Marie Mendras sur la politique russe – 18 et 19 avril 2019

Russian Elites: Leading Groups vs. Non-ruling Elites

Lors de la conférence à l’Université du Peuple (人民大学) co-organisée par l’École des affaires internationales de l’établissement à laquelle une quarantaine de professeurs et étudiants ont assisté, Marie Mendras a décidé d’examiner la politique intérieure et extérieure russe à travers le prisme des élites actuelles, point central pour comprendre la politique de ce pays qui a connu et connaît encore de grands changements.

Tout d’abord, Pr. Mendras a rappelé que la Russie, vaste territoire majoritairement peuplé aux portes de l’Europe, ne présente pas une société unifiée mais plurielle. La réticence du régime à mettre en place des réformes politiques, économiques et sociales, durant ces dernières années a entraîné une hausse des inégalités en même temps qu’une baisse du niveau de vie moyen de la population, ce qui a engendré de plus en plus de protestation et de mécontentement, notamment au sein des élites et de la classe moyenne qui s’étaient enrichies dans les années 2000s. Selon Pr. Mendras, Vladimir Poutine a bénéficié d’une décennie en or quand il a pris le pouvoir. Pendant huit ans d’affilée, de 2000 à 2008, le prix du pétrole n’a cessé d’augmenter et la population russe est devenue une société de consommation. En 2008, la crise financière mondiale et la baisse du prix des hydrocarbures bouleverse la donne.

Pr. Mendras avance que le bon paradigme pour comprendre la politique domestique n’est pas bipolaire (c’est-à-dire le pouvoir face au peuple), mais bien tripolaire : les groupes dirigeants, la société, mais également les élites professionnelles et la classe moyenne aisée et éduquée qui ont un impact sur le développement du pays.

Liu Xu (刘旭) traduisant les propos de Marie Mendras en chinois

Marie Mendras revient sur la définition même des « élites russes ». Les divisions et tensions entre élites dirigeantes et élites non-dirigeantes apparaissent de plus en plus fortes. Ces dissensions sont dues au fait que les « parts du gâteau » se réduisent dans la relation clientéliste, mais également au fait qu’il n’y a plus de système institutionnalisé et transparent dans la prise de décision, privant ainsi les acteurs économiques de garanties juridiques et de protection.

Pour ces élites qui ne voient aucune amélioration de la situation économique dans un futur proche, Pr. Mendras emprunte la trilogie d’Albert Hirshman pour expliquer leurs choix d’action : s’en aller pour de bon (exit) – ou bien en partie (semi-exit) à travers les « diasporas temporaires » que composent des Russes partis à l’étranger mais qui gardent de la famille ou une partie de leur business en Russie ; protester (voice), ou rester fidèle au régime (loyalty). Marie Mendras souligne pour ce dernier point que la loyauté « active » diminue au profit d’une forme de résistance passive de la part de la population. Cela est d’autant plus vrai depuis l’annexion de la Crimée et le conflit du Donbass du fait des sanctions économiques qui touchent directement les dirigeants russes, rajoute Pr. Mendras en remarques conclusives, ouvrant le débat sur l’influence que peut encore exercer la Fédération de Russie sur la scène internationale.

Lors de la riche session de questions-réponses qui a suivi, de nombreux points ont été abordés, tant sur la politique extérieure qu’intérieure de la Russie. Les débats ont notamment porté sur le poids réel des sanctions internationales sur l’économie russe, la place de la Russie dans les affaires internationales et notamment en tant que « partenaire mineur » de la Chine ; mais également sur les questions de démocratie, de pérennité du régime, ou du fonctionnement des instances dirigeantes. La session de questions-réponses a été l’occasion pour Marie Mendras d’insister sur le fait que les Russes se sentent avant tout Européens, tant géographiquement que culturellement parlant, et que ce n’est d’après elle qu’en appartenant plus à cet espace que la Russie pourra jouer un plus grand rôle sur la scène internationale.

Sandrine Fontaine, Liu Xu (刘旭), Marie Mendras, Florence Padovani et Fang Lexian (房乐宪) à l’Université du Peuple

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Is Russia Still a Great Power?

Lors de sa seconde intervention au College Schwarzman de l’Université de Tsinghua ayant rassemblé une vingtaine de participants, en continuation avec la précédente conférence, Marie Mendras a centré son exposé sur le rôle de la Russie sur la scène internationale remis dans un contexte historique de grands changements durant ces trente dernières années.

Marie Mendras durant son exposé – Schwarzman College

Marie Mendras est dans un premier temps revenue sur l’importance des événements historiques des années 1989-1991 ayant mené à la chute rapide et pacifique de l’URSS, point de départ de changements drastiques dans le pays. Elle a avancé que pendant les années de transformation de la fin des années 1980 jusqu’en 1991-1992, la grande majorité des 300 millions de Soviétiques ont accueilli avec enthousiasme les réformes politico-économiques, avant que celles-ci ne conduisent à une grave crise économique dès 1992. Pr. Mendras a mis l’accent sur la perception des Russes, qui ont, comme les autres Républiques soviétiques, voté pour la pleine souveraineté de leur république (la Fédération de Russie) mais ont dans le même temps perdu le statut de super puissance. A partir de 1991, Moscou n’est plus la capitale d’un empire, mais d’un État de 145 millions d’habitants. Alors que l’Ukraine, les Républiques baltes, la Géorgie, l’Arménie ont bâti une identité nationale sur la sortie de l’empire russe, il était beaucoup plus difficile pour les Russes de refonder une identité propre après l’effondrement de l’URSS et du camp socialiste. Ceci, ajouté à la proactivité des Européens à vouloir ramener ces nouveaux pays sous l’égide des institutions « occidentales », a cristallisé chez les élites russes un sentiment de frustration entachant leurs relations avec l’Europe et plus généralement les pays d’« Occident ».

En effet, pour Moscou, l’essentiel était qu’aucune des anciennes Républiques soviétiques ne devienne membre de l’Union Européenne (UE) ou de l’OTAN. C’est ainsi que les autorités ont justifié l’intervention militaire russe en Géorgie en 2008 mais au prix d’une dégradation des relations entre la Fédération de Russie et ses partenaires occidentaux. Selon Pr. Mendras, le conflit ukrainien de 2014 est le point de basculement ; intervenir dans le Donbass, après avoir annexé la Crimée, était une erreur qui a coûté cher à la Russie : isolement diplomatique, réduction des échanges avec les pays occidentaux, et sanctions ciblées qui ont touché les dirigeants et les milieux d’affaires russes.

Marie Mendras et Florence Padovani – Schwarzman College

De fait, Marie Mendras explique la logique sous-jacente à cette position de confrontation directe malgré les préjudices subis. Il y a tout d’abord des raisons internes : le régime Poutine n’a plus le même soutien de la société et des élites, car le pays est de plus en plus mal gouverné et le mécontentement monte ; il est tentant d’utiliser les conflits extérieurs, et le slogan de « la nation en danger » pour remobiliser la population, et rester au pouvoir. De plus, dans le monde globalisé actuel, la Russie n’est plus une superpuissance. En dépit de ses richesses en matières premières, elle perd de l’influence dans la plupart des régions du monde face aux acteurs économiques dominants que sont les Etats-Unis, l’UE et la Chine. Par ailleurs, les dirigeants russes se méfient du multilatéralisme – économique, diplomatique et sécuritaire – et deviennent un « partenaire junior » de Pékin dans les grands projets chinois. L’utilisation de la subversion (cyber-attaques, fake news, désinformation) ou de l’engagement militaire est donc pour la Russie un moyen de rester sur le devant de la scène internationale en adoptant ce rôle de « déstabilisateur » des pays démocratiques.

En conclusion, Pr. Mendras considère toujours la Fédération de Russie comme un grand pays, mais qui n’est plus ni compétitif ni attractif et a en quelques sortes « perdu la bataille de la mondialisation » en creusant le retard avec la Chine ou de l’UE, et en perdant la relation stratégique privilégiée qu’elle avait avec les États-Unis. La Russie semble orpheline de son statut de superpuissance et ne paraît pas capable, ou peu encline, à faire des compromis et des ajustements pour construire de nouvelles relations dans les instances multilatérales. De fait, les groupes dirigeants ont peur des réformes et du changement, ils sont réticents à prendre des risques, car ils veulent garder le pouvoir à tout prix. Néanmoins, Marie Mendras voit dans l’Ukraine un exemple dont la Russie pourrait s’inspirer pour essayer, dans les 10 ou 20 ans à venir, d’intégrer et d’appartenir à un grand espace : l’espace européen.

La session de questions-réponses suivant cette présentation a été animée de questions très pertinentes ayant trait à la possibilité d’une inclusion plus grande de la part des Européens après la chute de l’Union Soviétique, aux erreurs commises par les Européens dans leur aide aux réformes en Russie à cette époque, mais également à des questions identitaires, notamment sur le concept de « monde russe » et le fait que la construction de l’identité nationale ne peut se fonder sur la notion d’État-nation russe, car la Russie ne l’a jamais été. Aborder cette thématique a permis à Marie Mendras d’expliquer que les actions hostiles de Poutine vis-à-vis des pays voisins ont abouti au résultat inverse de celui escompté : l’Ukraine est sortie de l’orbite russe, et Moscou perd peu à peu sa sphère d’influence. Enfin, les débats se sont conclus sur l’utilisation à la fois des cyber-attaques et de la force militaire, qui constituent désormais les principaux instruments de l’arsenal russe dans la confrontation avec les démocraties libérales.

Conférences de Marie Mendras sur la politique russe – 18 et 19 avril 2019

A l’occasion de sa venue à Pékin, vous êtes invité.e.s à participer aux prochaines conférences de la chercheuse française Marie Mendras, spécialiste de la politique russe !

La première conférence se déroulera à l’Université du Peuple (人民大学) dans le bâtiment international Mingde en salle de réunion 406 le jeudi 18 avril 2019 de 12:30 à 14:30, avec pour thème «Elites in Russia: Leadership Groups Vs. Non-ruling Elites».

La deuxième conférence se tiendra au Schwarzman College de l’Université de Tsinghua le vendredi 19 avril de 11:00 à 12:30 et sera centrée sur «Is Russia Still a Great Power?».

Lors de ses interventions, Pr. Marie Mendras reviendra sur les dilemmes auxquels le pouvoir russe est confronté de nos jours, tant sur la scène internationale que dans sa politique interne.

Ces événements sont ouverts à tous ! Veuillez vous inscrire par mail à contact@beijing-cfc.org pour la première conférence ; et scanner le QR code sur l’affiche ci-dessous pour participer à la deuxième conférence.

Les conférences se tiendront en anglais.

Venez nombreux !

 

 

 

Le Centre en quelques points

Présentation

Le Centre franco-chinois (CFC) est une unité mixte de recherche en sciences sociales (UMIFRE 18). Créé en juillet 2011, et rattaché depuis mars 2014 au Centre d’études français sur la Chine contemporaine (CEFC) de Hong Kong, il fait suite aux Ateliers doctoraux de Pékin dirigés par Jean-Louis Rocca qui prolongeaient l’Antenne expérimentale en sciences humaines et sociales à Pékin créée par Jean-Luc Domenach en 2002.

Placé directement sous l’égide du CEFC dirigé par Éric Florence, le CFC a comme co-directeur Shi Zhiqin (史志钦) et est intégré dans la Faculté des sciences sociales de l’Université de Tsinghua, à Pékin. Il est placé sous la co-tutelle du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) d’un côté et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Depuis novembre 2018, le CFC est animé par sa directrice, Florence PADOVANI (傅蘭思), détachée de l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne. Elle est épaulée depuis février 2019 par une chargée de mission, Sandrine FONTAINE (方珊琳).

Objectifs

Le CFC a pour mission de :

  • faire connaître les travaux des chercheurs français en sciences sociales telles que sciences politique, sociologie et histoire au public académique chinois, et réciproquement.
  • accompagner les étudiants français en sciences sociales menant des recherches en Chine à créer du lien entre eux et à les mettre en relation avec des chercheurs plus expérimentés.
  • favoriser l’émergence de projets de recherche collectifs entre chercheurs chinois et français.
  • accueillir et faciliter la venue et la prise de contact des chercheurs français avec leurs homologues chinois.

Activités

Ses principales activités sont :

– L’organisation de conférences et colloques animés par des chercheurs et universitaires français spécialement invités ou de passage. Ces présentations (généralement en français avec traduction chinoise) sont discutées avec un ou plusieurs chercheurs chinois et suivies de discussions avec le public.

Organisées par cycles de conférences sur des thèmes précis par le passé, tels que « Histoire et mémoire » et « Philosophie des Lumières » en 2013, « Mobilisations et participation » en 2017 ou encore « Participation publique et gouvernance de l’environnement » de 2015 à 2018, les conférences et colloques du CFC s’articulent désormais autour de thématiques individuelles, qui continuent à aborder des sujets divers et variés dans le domaine des sciences sociales.

– L’organisation de journées d’études où les chercheurs et étudiants-chercheurs chinois et français se rencontrent pour échanger sur des sujets d’intérêt commun.

– L’organisation d’ateliers et séminaires de jeunes chercheurs français permettant aux doctorants et étudiants en master présents sur Pékin de présenter leurs travaux et d’être conseillés et guidés dans leurs recherches en milieu chinois.

En outre, le CFC participe à des activités en collaboration avec d’autres institutions pékinoises. C’est ainsi que des présentations ont eu lieu au Schwarzman College et au Carnegie Institute, sur le campus de Tsinghua. Le CFC organise aussi des séminaires en collaboration avec Renmin University (人民大学) et Beijing University (北京大学). Cette année le Centre inaugurera une nouvelle collaboration avec Beijing Normal University (北京师范大学) à l’occasion de la Semaine de la sociologie française en Chine.

Par ailleurs, en partenariat avec le CEFC de Hong Kong et la Délégation européenne en Chine, le CFC organise tous les deux ans la conférence « New European Research on Contemporary China ». L’objectif de cette conférence, qui s’adresse à des doctorants, post-doctorants et jeunes chercheurs européens ou affiliés à des institutions de recherches européennes, est de donner une vue d’ensemble des problématiques émergentes dans les études portant sur la Chine contemporaine. La prochaine conférence aura lieu à Hong Kong en juillet 2019.

Florence Padovani, la directrice du CFC, est membre du jury du Prix Fulei, qui chaque année récompense les meilleures traductions du français vers le mandarin publiées en Chine dans plusieurs catégories d’ouvrages (essais, traités, romans etc.) Ce prix est l’occasion de mettre en avant un certain nombre de penseurs et chercheurs français en sciences sociales. Le but est de promouvoir l’importance de la traduction littéraire – ou non – et de diffuser les meilleures œuvres en langue française auprès du public chinois.

Le CFC, étant rattaché au CEFC, est partie prenante dans la constitution des numéros de Perspectives Chinoises / China Perspectives. Le CFC a proposé plusieurs numéros spéciaux et participe activement au Comité de lecture.

Mingzhai Building, où se trouve le Centre – 我们的中心在明斋楼

Compte-rendu du séminaire jeunes chercheurs – 27 février 2019

Le mercredi 27 février 2019, le CFC a organisé un séminaire à destination des jeunes chercheurs présents à Pékin qui était notamment l’occasion d’accueillir les étudiants arrivés pour ce nouveau semestre et leur présenter le Centre et ses activités.

Lors de ce séminaire, nous avons eu le plaisir d’écouter la présentation d’Andreea Ioana BUDEANU (柏安安), doctorante en troisième année à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales) de Paris, et actuellement en visite à l’École des relations internationales de l’Université de Pékin (北京大学), sous la direction de Jean-François HUCHET, spécialiste de l’économie chinoise et président de l’INALCO . Pour sa thèse, Andreea s’est focalisée sur les relations entre la Chine et les Pays d’Europe centrale et orientale (PECO) à travers l’étude de la Plateforme 16+1 créée en 2012, et a présenté un bilan de l’avancement de ses recherches.

Grâce à sa formation en sciences politiques, relations internationales et sinologie, ainsi que de par des études suivies en Roumanie, en France et en Chine, Andreea présente un point de vue rassemblant ces différents éléments pour mener ses recherches sur le sujet. Sa présentation a été suivie par une série de questions-réponses qui ont abouti à d’intéressantes discussions avec les différents participants du séminaire, touchant aussi bien aux problématiques sociétales, économiques ou politiques que peut engendrer la Plateforme 16+1.

Ce séminaire animé par Florence PADOVANI, directrice du CFC, a également été l’occasion d’aborder les différentes problématiques relatives à la recherche, souvent difficile en Chine. Après plus de 18 ans passés en Chine et une grande expérience de terrain, Florence Padovani est revenue sur son expérience personnelle pour illustrer les difficultés pouvant survenir sur le terrain, et a donné quelques conseils et astuces pour y faire face.

Le prochain séminaire aura lieu fin avril. Si vous êtes intéressé.e.s, veuillez nous contacter par mail à contact@beijing-cfc.org en précisant votre nom, prénom, adresse email, université chinoise/française, sujet de recherche, directeur de thèse (le cas échéant), ainsi que vos questions éventuelles.

Nous espérons vous voir nombreux au prochain séminaire de jeunes chercheurs !

Conférence « Images et communication politique au Moyen Âge », par Patrick Boucheron


Le Centre franco-chinois de l’université Tsinghua,
en partenariat avec l’Ambassade de France en Chine,
vous convie à la conférence
du professeur Patrick Boucheron intitulée

Images et communication politique au Moyen Âge

La conférence aura lieu le mercredi 12 décembre de 15:30 à 17:30, dans la salle de conférence n°3 de l’hôtel Jiasuo de l’université Tsinghua. Elle sera tenue en langue française (avec traduction consécutive en chinois).

En raison du nombre limité de places, il est fortement conseillé de s’inscrire au préalable, par mail :
contact@beijing-cfc.org .

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Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous l’avez déjà vue. On l’appelle « fresque du Bon gouvernement ». Ambrogio Lorenzetti l’a peinte dans le palais communal de Sienne en 1338, dix ans avant que la Peste noire ne le précipite dans la mort. Elle captive aujourd’hui encore par le foisonnement de ses détails et la force de ses allégories. Mais comment rendre compte de son mouvement d’ensemble ? En rendant l’œuvre au climat d’urgence qui l’a suscitée et qui lui donne sens, Patrick Boucheron lui restitue sa fraîcheur et sa puissance, son sens politique et son actualité. Dans cette conférence, Patrick Boucheron démontrera la dialectique existant entre les images du pouvoir et le pouvoir des images. 

Patrick Boucheron est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe – XVIe siècles) ». Il est également président du conseil scientifique de l’Ecole française de Rome, directeur de la collection « L’univers historique » aux éditions du Seuil et membre du comité de rédaction de la revue L’Histoire. Il s’intéresse à l’écriture et à l’épistémologie de la discipline historique. Il a consacré de nombreux travaux à l’histoire politique et urbaine de l’Italie de la Renaissance, depuis sa thèse Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan, XIVe-XVe siècles (École française de Rome, 1998). Il a notamment publié Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Faire profession d’historien (Publications de la Sorbonne, 2010), L’Entretemps. Conversations sur l’histoire (Verdier, 2012), Conjurer la peur. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013). Il a dirigé Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009) et plus récemment Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017) qui sera publié en mandarin chez Wipub à la fin de l’année 2018.

Inscription par mail : contact@beijing-cfc.org

Patrick Boucheron donnera d’autres conférences dans le cadre du cycle de conférences « Ecrire l’histoire » de l’Ambassade de France.
Plus d’informations sur le site Faguo Wenhua.

Conférence Patrick Boucheron 12 décembre @ Tsinghua