3-4 décembre 2020 – Atelier : « Devenir patrimoine aujourd’hui en Chine » (1)

Les 3 et 4 décembre 2020 s’est tenue la première partie du séminaire de recherche organisé conjointement par le Centre franco-chinois (CFC) et l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) de Pékin intitulé « Devenir patrimoine aujourd’hui en Chine : la valorisation des pratiques et savoir-faire traditionnels, entre trajectoires d’acteurs et constructions normatives ». Cet atelier a rassemblé sur Zoom et en présentiel à l’Ambassade de France en Chine des chercheurs français et francophones sur des thématiques du patrimoine culturel immatériel (PCI, ou feiyi en chinois), discutant de la définition même du PCI, ses diverses interprétations selon les pays, et la constante qualification et requalification de ses objets à la fois au sein et à l’extérieur des normes fixées.

Florence Padovani et Sandrine Fontaine du CFC

La journée d’étude du 3 décembre centrée sur la thématique de la patrimonialisation hors de Chine, les modèles de gouvernance et les paradigmes d’analyse, a débuté par le visionnage de trois courtes vidéos d’experts dans le domaine du patrimoine : Nathalie Heinich, sociologue et chercheuse au CNRS, a abordé la mise en valeur patrimoniale et la sociologie des valeurs lors d’une discussion préenregistrée avec la directrice du CFC, Florence Padovani, et le directeur de l’EFEO, Guillaume Dutournier. Chiara Bortolotto, anthropologue et chercheuse à l’EHESS, a ensuite présenté un exposé sur « L’expertise comme médiation : incarner et véhiculer la « bonne » gouvernance du PCI ». Enfin, Nicolas Adell, anthropologue et professeur à l’Université de Toulouse, a présenté « Deux formes d’authenticité dans le PCI français ». Ces vidéos ont chacune été suivi d’échanges modérés par Caroline Bodolec, anthropologue et chercheuse au CNRS.

Nathalie Heinich
Chiara Bortolotto
Nicolas Adell

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Le 4 décembre, les participants ont eu l’occasion de présenter leurs recherches de terrain. Dans un premier temps, des perspectives théoriques ont été avancées par Caroline Bodolec, qui a abordé la question du patrimoine en zone rurale à travers une anthropologie d’un mode de gouvernance par la culture via son terrain de recherche dans le Shaanxi sur les Yaodong ; puis Katiana Le Mentec, chercheuse au CNRS, a développé la nouvelle notion d’anthropotopie et le dispositif de mise en valeur de lieux d’exception, notamment au Sichuan.

Caroline Bodolec
Katiana Le Mentec

Les études de cas qui ont suivi ont touché aux villes et aux espaces naturels. L’historien de l’architecture Bruno Fayolle-Lussac est revenu sur le cas de « Xi’an (Shaanxi), un patrimoine en jeu dans une métropole de l’ouest de la Chine ». Judith Audin, chercheuse au Centre d’études français sur la Chine contemporaine de Hong Kong, a exposé ses recherches sur les espaces hybrides du patrimoine industriel en Chine à travers une étude de cas sur le district minier de Datong (Shanxi). Wang Xiyan, doctorante à l’EHESS, a ensuite exposé son cas d’étude sur la patrimonialisation naturelle et culturelle à Kinmen.

Bruno Fayolle-Lussac
Judith Audin
Wang Xiyan

Dans un deuxième temps, trois chercheurs ont présenté leurs cas d’études sur le patrimoine culturel immatériel. Lia Wei, professeure au Département d’archéologie de l’Université du peuple à Pékin, a présenté ses recherches sur « la calligraphie et son double : impact des techniques d’estampage sur le discours du PCI chinois et sur son évolution ». Laurent Chircop-Reyes, doctorant de l’IrAsia et du CECMC, est revenu sur « l’envers du feiyi, ou l’(in)authenticité mise en valeur : une culture de la martialité au Shanxi entre historicité et réinvention ». Enfin, Zheng Shanshan, doctorante à Lyon II, a présenté ses recherches sur « les troubles dans l’inventaire : stratégies de reconnaissance et tensions axiologiques dans les mises en liste des pratiques « rituelles et festives » » à travers son cas d’étude du nianli à Zhanjiang.

Lia Wei
Laurent Chircop-Reyes
Présentation de Zheng Shanshan

Les discussions entre spécialistes lors de ces deux demi-journées d’échanges ont été riches et fructueuses, ouvrant la voie à un travail collectif plus conséquent sur ces thématiques.

Guillaume Dutournier présentant la conclusion des échanges